Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Politique

Retour

12 juin 2017

Thomas Deshaies - redactionvaldor@lexismedia.ca

Canadian Malartic: des préoccupations concernant le rachat des maisons

©Photo gracieuseté – Canadian Malartic

Le Comité citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic suspecte la minière Canadian Malartic d’avoir refusé d’acquérir un nombre important de résidences dans les derniers mois. 

Par voie de communiqué, le Comité citoyens interpelle la minière pour faire la lumière sur cette situation. Rappelons que Canadian Malartic offre le rachat des maisons de la zone sud qui cadrent avec les lignes directrices du Guide de cohabitation et ce, sans limite budgétaire.

On demande à la mine de dévoiler ses chiffres -Guy Morissette 

Or, selon le Comité citoyens, la minière aurait refusé d'acheter des résidences en se prévalant notamment d'un article du Guide de cohabitation: «Si, dans le cadre d’un processus d’évaluation, une propriété est jugée insalubre et représentant un risque à la santé des occupants, Canadian Malartic annulera le processus». Le Comité citoyens se questionne sur l'application de cette clause et se demande si des demandes d'acquisition ne seraient pas refusées trop facilement. 

«Si vous êtes un propriétaire dont la qualité de la maison ne plaît pas à la minière, vous êtes condamné à y rester et à continuer de subir les impacts de la mine. Même chose si vous n’avez pas les moyens de la rénover pour qu’elle plaise à la minière. C’est complètement discriminatoire», fait savoir l'un des porte-parole du comité, Guy Morissette, par voie de communiqué.

Près de la moitié des demandes rejetées ou avortées?

En décembre 2016, un communiqué presse de Canadian Malartic précisait que 7 résidences avaient été achetées et que 40 autres dossiers étaient en processus d'acquisition. Selon les données obtenues dans le cadre d'un article de Patrick Rodrigue pour La Frontière, la minière aurait acheté 22 résidences du premier janvier 2017 au mois de mars 2017.

Questionnée en mai dernier par TC Média, la minière a refusé de fournir les chiffres entourant le nombre d'acquisitions versus le nombre de refus. «Pour MCM, le dossier est clôt. Le programme d’acquisition fonctionne bien et les citoyens qui ont adhéré sont non seulement satisfaits, mais ont déménagé à l’endroit de leur choix», a finalement répondu la minière par courriel, après de multiples demandes de précision.

L'accessibilité du programme d'acquisition est remise en question par le Comité citoyens. «Le programme d’acquisition donne l’impression que la minière Canadian Malartic agit en bon citoyen corporatif quand, dans les faits, il est construit de façon à limiter le nombre d’acquisitions et réduire les coûts de la minière», affirme-t-il par voie de communiqué.

Un effet dissuasif?

Les membres du Comité citoyens s'inquiètent notamment «des barrières qui empêchent de nombreux citoyens de pouvoir accéder au programme afin de quitter la zone sud». Ils veulent en savoir plus sur les motifs des rejets.

Le Comité citoyens a également demandé par le passé à ce que toutes les propriétés de la zone sud puissent être achetées par la minière, y compris celles de ceux qui n'habitent pas les lieux, comme des propriétaires d'immeubles à logements. En février dernier, Canadian Malartic révélait que 7 demandes avaient d'ailleurs été rejetées en raison de ce motif.

Selon Guy Morissette, cette situation causerait de l'incertitude chez des résidents qui hésiteraient à adhérer au programme d'acquisition par crainte de se voir refuser leur demande. «Ce qui est aussi tordu dans leur processus, c'est que s'ils n'acceptent pas l'offre de la mine, ils sont bannis à tout jamais (plus admissibles à l'acquisition), prétend M. Morissette. Les gens hésitent beaucoup à aller voir la mine pour demander le processus d'évaluation.»

Dans la section «retrait» des Lignes directrices encadrant l'acquisition de propriétés principales à Malartic, on peut y lire: «Un propriétaire ou un locataire qui se retire ne peut plus y avoir recours, ni recevoir de nouveaux remboursements de frais».

Le Comité citoyens veut des réponses

Guy Morissette explique que le Comité citoyens a décidé de passer par l'entremise des médias pour avoir des réponses puisque la minière refuse de communiquer avec le groupe. «Ils ne veulent pas communiquer avec nous. Ça fait longtemps qu'on leur demande d'avoir une rencontre, entre le Comité citoyens puis la mine, mais ils ne veulent pas», explique M. Morissette.

Canadian Malartic n'a une nouvelle fois pas fourni de réponses aux questions concernant le nombre de demandes d'acquisition rejetées, en fin de journée lundi. «À noter que le Groupe de travail sur les enjeux de cohabitation à Malartic s’est engagé à faire un bilan de la mise en œuvre du Guide de cohabitation incluant les lignes directrices un an après la mise en œuvre du Guide. Le bilan sera partagé publiquement», a-t-on toutefois précisé par courriel. 

Rachat «sans discrimination» et à la valeur de remplacement

Le Comité citoyens plaide depuis le début du conflit pour que la minière accepte de racheter l'ensemble des maisons de la zone sud aux citoyens qui ne veulent plus cohabiter, et ce, à une valeur de remplacement pour faciliter leur relocalisation dans la MRC de la Vallée-de-l'Or.

Rappelons qu'un rapport produit par Richard LaHaye, évaluateur agréé et courtier immobilier agréé, commandé par Canadian Malartic et rendu public en mai 2017, révélait qu'il n'y avait que 32 résidences considérées comme comparables dans la MRC de la Vallée-de-l'Or et de valeur similaire, durant la période concernée par l'étude, soit du 1er juillet 2016 au 30 mars 2017. M. LaHaye ne répertorie que 6 propriétés dites comparables à Val-d'Or qu'il serait possible d'acquérir sans s'endetter, alors qu'il y avait plus de 200 maisons unifamiliales en vente à Val-d'Or durant cette même période.

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média