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26 Septembre 2017

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«Il faut mieux encadrer les gens en détresse»

Michel LeRoux outré du rapport du coroner sur son fils

©Photo TC Média – Myriam Grenier

Outré et frustré de l’absence de recommandations dans le rapport du coroner sur le décès de son fils Thierry, Michel LeRoux souhaite se battre afin d’encadrer les gens en détresse pour éviter un drame similaire.

À lire aussi: le rapport

«On le savait que Thierry était mort de deux balles dans le dos et que c’était un homicide. On n’avait pas besoin d’attendre 19 mois pour l’apprendre. C’est enrageant et insultant»   -Michel LeRoux

Le policier est décédé en service alors qu’il répondait à un appel pour des idées suicidaires d’Anthony Papatie, à Lac-Simon le 13 février 2016. Ce dernier l’a tiré à deux reprises dans le dos avant de retourner l’arme contre lui. Le rapport du coroner Jean-François Lécuyer a été publié lundi, près de deux ans après le drame.

«J’espérais trouver dans ce rapport des recommandations concernant les gens en détresse psychologique. Comment les aider, mais s’ils ne veulent pas, comment s’assurer de sa sécurité et de celle de son entourage, explique au téléphone M. LeRoux.

«Pour le 2e volet, j’aurais aimé lire sur la problématique des armes à feu. Je ne peux pas concevoir qu’une personne avec autant d’antécédents suicidaires comme M. Papatie avait en sa possession cinq armes à feu, dont une d’assaut, se désole-t-il. On laisse ces gens se promener libre avec des armes. Ce sont des bombes à retardement et il arrive ce qui est arrivé.»

«C’est assez!» 

Michel LeRoux a attendu avec impatience le rapport du coroner. «C’était ma bouée de sauvetage pour mobiliser la population et faire changer les choses. Il ne me reste que les médias et les citoyens pour dire c’est assez!, a-t-il lancé.

«Je ne laisserai pas ça aller et je vais me battre avec toutes les ressources disponibles. Ce sera un combat excessivement difficile émotionnellement, mais si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera?, s’est-il questionné.

«M. Papatie avait des antécédents suicidaires depuis 2009. Le 2 septembre 2015, ses armes avaient été saisies et c’est Thierry qui lui a redonné le lendemain. Thierry a probablement contribué à son homicide, rage son père.

«Je ne pardonne pas les gestes posés par M. Papatie, mais je suis capable de faire la part des choses et de comprendre qu’il souffrait de détresse psychologique. Mais comment se fait-il qu’il avait des armes et qu’il a pu suivre un entraînement militaire?, demande-t-il.

«Pas improvisée»

Dans son rapport, le coroner parle d’une intervention policière improvisée. «C’est facile d’accuser Thierry et de dire qu’il n’a pas appliqué le manuel du parfait policier. Mais à l’École nationale de police, ils ne sont pas confrontés à la vraie adrénaline et à la réalité. Le coroner est déconnecté de la réalité.

«En 2017 dans le contexte social actuel, les policiers ne jouent pas aux cowboys et aux indiens. Ils ont fait le serment de faire respecter les lois et les règlements et de protéger les citoyens. Mais dès qu’ils sortent de leur véhicule, ils doivent choisir: se faire condamner par 12 personnes s’ils utilisent leur arme (un jury), ou se faire porter par six personnes s’ils ne l’utilisent pas (le cercueil). Ils sont condamnés en partant», affirme Michel LeRoux.

Ce dernier reproche aussi au coroner de ne pas avoir tenu compte du contexte de l’événement. «Il y a une différence notable dans les façons de faire pour les policiers dans les communautés autochtones. Ils sont une police de proximité. S’ils appliquaient à la lettre ce qui se fait à l’École nationale, ils auraient leur arme à la main en tout temps», conclut-il.  

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