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21 septembre 2018

Miaja: redonner la place aux artistes autochtones

Kevin Papatie

©Sophie Rouillard

L’artiste Kevin Papatie a raconté quelques expériences qu’il a vécues auprès des aînés des communautés autochtones de la région lors ses recherches pour Minwashin.

La première édition de l’événement Miaja, qui regroupait différents acteurs du monde culturel de Val-d’Or, a été couronnée de succès alors que des dizaines de personnes se sont regroupées à la Salle Félix-Leclerc, le 20 septembre, pour discuter de la présence des autochtones dans les arts et de ce qui doit être fait pour leur redonner leur place au sein du monde culturel québécois.

En une journée, 13 conférenciers se sont réunis sous forme de cercles de discussion. Miaja, qui est une initiative de l’organisme Minwashin, aura permis au public d’en apprendre davantage sur plusieurs projets orchestrés par des artistes autochtones et de la place qui doit leur être accordée. 

«On sent l’appui, la curiosité et l’envie de se rapprocher autant des allochtones que des autochtones, indique Caroline Lemire, directrice de Minwashin. Nous avons senti une ouverture du cœur de la part du public avec des salles pleines, mais surtout une envie de rêver tous ensemble.» 

Parmi les sujets dont il a été question durant la journée, la place des artistes autochtones dans les centres de diffusion a été l’un des thèmes qui ont permis de soulever le plus de questionnement. «Il faut se demander comment on peut ouvrir nos portes pour mettre en valeur davantage ces artistes chez les allochtones et du côté des autochtones. Il faut donner envie à nos jeunes de croire en leur rêve et de générer de la fierté», estime Mme Lemire. 

Parmi les invités, la directrice du Centre d’exposition de Val-d’Or, Carmelle Adam, a souligné les efforts que les galeries d’art doivent faire pour permettre aux artistes autochtones de briller. «Il faut faire la différence entre les artistes autochtones qui font des œuvres dites actuelles et ceux qui créent de l’art traditionnel», lance Mme Adam.  

«Nous avons de belles salles de diffusion dans la région et je crois qu’il y a vraiment un travail d’inclusion à faire du côté des allochtones pour mettre en valeur les artistes autochtones», renchérit Caroline Lemire.

Carmelle Adam

©Sophie Rouillard

Carmelle Adam, directrice du Centre d’exposition de Val-d’Or, a livré un message d’espoir poignant pour les artistes autochtones.

Réconciliation par les arts 

«On croit que l’art apporte du beau autant chez les individus que dans nos rapports entre nous. C’est une zone très riche et sécurisante pour se rencontrer entre les peuples», croit Caroline Lemire. 

En effet, la réconciliation entre les peuples ne pouvait être mise de côté durant Miaja. Par les arts, les invités ont chacun soulevé leur façon de voir la culture autochtone et le bien émotionnel qu’elle peut prodiguer aux communautés. 

Pour l’artiste Karl Chevrier, par exemple, sa performance artistique du Projet Aki Odehi lui a permis de présenter concrètement au public l’horreur des pensionnats. «Je parlais avec ma sœur la plus âgée et elle m’a raconté que lorsque les bateaux des colonisateurs arrivaient, notre mère criait: Run and hide! [Cours et cache-toi], raconte Karl Chevrier. Ça m’a bouleversé. J’ai donc décidé dans ma performance de faire porter des habits de camouflage à des enfants sous des vêtements traditionnels. Puis, lorsque je disais ‘run and hide’, ils enlevaient les vêtements pour aller se placer contre des arbres pour se cacher. À cette époque, les jeunes voulaient littéralement se fondre dans le décor pour ne pas être emmenés dans les pensionnats.» 

Bien que la salle était comble lors de la première édition de Miaja, la bataille pour les artistes autochtones est loin d’être terminée. «C’est important d’en parler, car nous avons encore beaucoup de choses à apprendre les uns des autres, souligne pour sa part Kevin Papatie. Lors de mes recherches pour Minwashin, j’ai réalisé que le transfert des connaissances à l’oral est encore très vivant dans nos communautés autochtones. C’est un aspect qui est très intéressant au niveau de la culture.» 

«On a lancé la discussion, mais maintenant, on veut que ça amène les gens à se questionner. Nous voulons ramener Miaja chaque année, car il reste encore beaucoup de travail à faire», conclut Caroline Lemire.

Miaja

©Sophie Rouillard

La première édition de la rencontre Miaja s’est tenue le 20 septembre.

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