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12 Janvier 2018

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Droits compensatoires: au tour du papier journal d'Amos

©gracieuseté - Produits forestiers Résolu

FORÊT. Après le bois d'œuvre produit par les usines de la région en 2017, c'est maintenant au tour du papier journal produit à Amos d'être frappé par des droits compensatoires par le département du Commerce des États-Unis.

L'usine d'Amos est du nombre des usines de papier journal et de papier non couché de Produits forestiers Résolu frappées par un taux préliminaire de 4,42 % pour leurs exportations aux États-Unis. Elle emploie 139 personnes et a une capacité de production annuelle de 193 000 tonnes métriques. Résolu conteste la décision.

C'est une taxe injuste et injustifiée -Karl Blackburn

«On ne peut pas donner l'impact par usine, parce que ça va varier selon les exportations de chacune. Et ça ne veut pas dire que 100 % du papier qu'on produit à une usine sera assujetti à cette nouvelle taxe, parce qu'on reçoit aussi des commandes de l'extérieur des États-Unis. Mais on sait qu'avec le taux préliminaire de 4,42 %, ça va nous coûter 22,8 millions $ de plus en 2018. Et ce n'est pas une écriture comptable, mais bien un chèque qu'on envoie au département du Commerce», déplore Karl Blackburn, porte-parole de Résolu.

Une charge supplémentaire

Ce dernier estime qu'il est encore tôt pour parler des conséquences potentielles de ces mesures compensatoires sur les usines du groupe, d'autant plus qu'il s'agit d'un taux préliminaire qui sera confirmé par l'International Trade Committee en août. Le département du Commerce pourrait aussi imposer des droits antidumping dès le mois de mars, lesquels seraient aussi préliminaires jusqu'en août.

«Ça vient ajouter une charge supplémentaire sur les épaules de nos usines et de nos travailleurs. C'est clair que ça va finir par avoir des conséquences. On va voir comment vont réagir les marchés et les joueurs dans ce marché. Mais c'est sûr que c'est un marché en décroissance depuis plusieurs années et que ça pourrait affecter notre carnet de commandes», fait valoir M. Blackburn.

La plainte d'une usine

Ces droits compensateurs préliminaires imposés par le département du Commerce surviennent à la suite de la plainte d'une seule compagnie, Norpac (North Pacific Paper Company), qui n'opère qu'une usine de 260 employés. Elle est loin de faire l'unanimité, même chez nos voisins du sud.

«Comme dans le cas du bois d'œuvre, ils invoquent une compétition déloyale, mais la décision du département du Commerce repose sur des bases arbitraires. Il y a déjà une coalition américaine d'imprimeurs et de médias imprimés, ce qui représente plus de 600 000 travailleurs, qui dénonce la plainte de Norpac. Ils craignent que ça ne vienne augmenter leurs coûts de production et menacer leur rentabilité déjà fragile», souligne Karl Blackburn.

Plusieurs voix s'élèvent

Plusieurs voix se sont élevées depuis l'annonce du département du Commerce. Le ministre québécois des Forêts Luc Blanchette l'a qualifiée d'inacceptable. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec parle de «sanctions commerciales absolument infondées». L'Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités ont aussi dénoncé l'annonce.

«Le Canada a aussi posé un geste important hier (10 janvier) en portant plainte contre les États-Unis à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) pour dénoncer leurs pratiques commerciales», estime Karl Blackburn.

Un impact total de 237 millions $

Produits forestiers Résolu, qui détient trois usines de bois d'œuvre et une usine de papier journal dans la région, est frappé par l'imposition de droits compensatoires et antidumping (bois d'œuvre, papiers surcalandrés, papier journal et papier non couché) qui lui coûteront 237 millions $ en 2018. «On conteste ces décisions en utilisant les mécanismes disponibles. Le problème, c'est que ces démarches sont longues et onéreuses. La stratégie des Américains est toujours la même, ils essaient d'asphyxier la compétition. Mais on va se battre», assure le porte-parole Karl Blackburn.

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