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26 Janvier 2018

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Therrien nie avoir tué Bruce Béland et Isabelle Lehouiller

©Photo – Archives

Pascal Therrien a nié avoir tué Bruce Béland et Isabelle Lehouiller, mercredi au palais de justice de Val-d’Or, alors qu’il témoignait à son procès pour les meurtres de ces deux personnes.

Interrogé par son avocat, Me Rodrigue Beauchesne, Therrien a affirmé au cours de son témoignage d’environ deux heures que c’est Johnny Coutu qui a tué Bruce Béland à l’automne 2007 et que c’est Gaétan Bélair, son neveu, qui a tiré mortellement sur Isabelle Lehouiller en octobre 2015.

«Lors d’un rendez-vous au Belvédère, Le Notaire (Johnny Coutu) m’a dit qu’il avait tiré une balle dans la tête de Bruce Béland (pour une dette de drogue), que je ne le verrais plus jamais. J’ai su plus tard que son corps avait été retrouvé dans les Cantons-de-l’Est (en avril 2008), a raconté l’accusé de 50 ans devant le juge Richard Grenier et le jury de sept hommes et cinq femmes.

«Le Notaire m’avait dit auparavant qu’il voulait éliminer Bruce Béland parce qu’il l’avait volé. C’était un vrai G.I. Joe, Le Notaire, il n’avait peur de rien, a mentionné Therrien. De mon bord, Bruce Béland ne me devait plus une cenne; il m’avait donné son chèque de B.S. et avait travaillé dans mon garage un bout de temps pour me rembourser une dette de drogue», a-t-il relaté.

Johnny Coutu allait être assassiné en juillet 2009 à Laval lors d’un règlement de comptes. Les accusés Denis Lefebvre et Yves Denis, qui purgent déjà de lourdes peines de prison pour gangstérisme et trafic de stupéfiants à la suite de l’opération Écrevisse, subissent actuellement leur procès pour les meurtres de Coutu, Kevin Walter et Benoît Denis (le demi-frère d’Yves Denis).

«Pour lui faire peur»

Quant au meurtre d’Isabelle Lehouiller, Pascal Therrien a soutenu qu’il prévoyait seulement lui flanquer une frousse, afin qu’elle lui rembourse les 2460 $ qu’elle lui avait empruntés pour aider son fils, mais que Gaétan Bélair a pété les plombs durant l’opération.

«Quand Gaétan a sorti le ‘’gun’’, Isabelle s’est agrippée après lui. Il n’était pas supposé tirer, on voulait juste lui faire peur. Il a tiré trois ou quatre coups. Le ‘’gun’’ n’était pas supposé être chargé. Gaétan a dit: ‘’La tabarnak, elle ne nous prendra plus pour des petits caïds’’, a défilé Therrien. Là, je ne savais plus quoi faire. On a enroulé le corps d’Isabelle dans une toile, on l’a mis dans la valise du char et on est allés l’enterrer proche du chemin Bay View (à Val-d’Or)», a-t-il précisé.

Et selon ce que rapportait Radio Énergie, l’accusé a été incapable de répondre quand, lors du contre-interrogatoire de la Couronne, Me Jacques Dagenais lui a demandé pourquoi il n’était pas intervenu après le premier coup de feu, s’il ne souhaitait pas la mort de Mme Lehouiller, alors que l’arme utilisée devait être rechargée à chaque coup.

Rappelons que Gaétan Bélair purge présentement une peine de six ans de prison relativement au meurtre d’Isabelle Lehouiller, après avoir plaidé coupable à des accusations de complot pour extorsion, de complicité après le fait, d’avoir braqué une arme à feu et d’outrage à un cadavre.

«Pour monter en grade et faire de l’argent»

Pascal Therrien a affirmé lors de son témoignage que c’est pour monter en grade dans le monde interlope et ainsi gagner le plus d’argent possible qu’il s’est vanté à des leaders d’une organisation criminelle – qui étaient en fait des agents doubles – avoir commis les meurtres de Bruce Béland et d’Isabelle Lehouiller, meurtres qu’il nie avoir réellement commis.

«Gaétan (Bélair) m’a dit: ‘’Beurre-là en masse la toast, vante-toé!’’, a relaté Therrien au tribunal. On voulait notre place pour vendre de la drogue et quand j’ai rencontré ‘’L’Italien’’ (un agent double), je lui ai raconté n’importe quoi dans le but d’avoir la job. Il disait vouloir m’engager pour ‘’passer’’ quelqu’un et qu’il voulait voir le corps (d’Isabelle Lehouiller). Je lui ai donc montré le corps, et là, il m’a montré 5000 $ en argent comptant», a mentionné l’accusé, qui allait peu après se faire arrêter par la Sûreté du Québec avec Bélair, en juillet 2016.

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