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28 Janvier 2018

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Jennie Hewitt n'a pas dit son dernier mot

Elle entend faire valoir ses droits et rétablir son honneur

Jennie Hewitt n'a pas dit son dernier mot

©gracieuseté

JUSTICE. Après s'être vu refuser des prestations d'invalidité pour des motifs qu'elle juge sans fondements, Jennie Hewitt pourrait en appeler de la décision rendue par le Tribunal administratif l'automne dernier. Elle entend du même souffle sauver son honneur, atteint selon elle par certains médias.

Établie à Rochebaucourt, cette ancienne enseignante orthopédagogue de Montréal est parvenue à remporter une première bataille contre l'assureur de son employeur, qui a fini par reconnaître son invalidité. Elle s'est ensuite engagée dans des démarches pour obtenir une pension d'invalidité auprès de la Régie des rentes du Québec (RRQ).

Ce que bien peu de gens semblent savoir, c'est qu'on peut travailler à temps partiel même si on est reconnu invalide -Jennie Hewitt

Ses procédures l'ont conduite devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) en septembre dernier. Selon elle, la RRQ allait utiliser un rapport d'enquête de l'assureur de sa cause précédente. Dans ce qu'elle appelle un «contre-rapport d'enquête», elle s'est consacrée à réfuter par écrit la plupart des arguments avancés. Elle fut toutefois soulagée quand la juge du TAQ lui a annoncé que l'audience ne porterait pas sur le rapport.

Un dossier gagnant

«Dans l'esprit de mon avocat et le mien, c'était gagné. On avait les rapports d'expertises médicales de quatre spécialistes dans quatre champs différents qui venaient confirmer que je suis invalide selon les critères de la RRQ. De plus, l'avocat de la RRQ m'a posé seulement quatre questions ridicules (voir l'encadré)», raconte celle qui est aux prises avec une fibromyalgie, une fatigue chronique, un côlon irritable et une ostéoarthrose qui affecte sa colonne vertébrale (5 hernies discales).

Jennie Hewitt a toutefois eu la surprise de sa vie quand elle a reçu le jugement du TAQ qui la déclarait apte au travail. D'autant plus que le jugement reposerait en grande partie sur le rapport d'enquête que la juge avait pourtant dit mettre de côté et sur une enquête réalisée via ce qu'elle publiait sur les médias sociaux. Elle qualifie les faits qu'on y retrouve d'erronés ou exagérés (voir l'encadré).

Transparente

Dans son jugement, le TAQ lui reproche de nombreuses activités. Selon elle, il s'agit dans certains cas d'événements isolés ou qui nécessitent des explications qu'elle n'a pu donner; dans d'autres cas on lui attribue des responsabilités qu'elle partageait avec d'autres. On a voulu la dépeindre comme quelqu'un de très actif en dépit de l'invalidité dont elle se réclamait.

«Ce que je faisais avec le groupe d'entraide dans lequel je m'impliquais jusqu'à il y a trois ans, je ne le faisais pas seule. Et j'ai agi avec transparence. Je me suis toujours doutée qu'on m'espionnait sur Internet. Mais je n'avais rien à cacher. Quand j'ai reçu le jugement, j'étais déçue de la décision, mais j'étais surtout choquée par les motifs évoqués», affirme-t-elle, blessée par le traitement de certains médias qui l'auraient fait passer selon elle pour une profiteuse, ces dernières semaines.

Prête à travailler

Jennie Hewitt assure qu'elle a toujours été prête à travailler. «Je ne suis pas invalide par choix. J'ai encore toute ma tête, je suis capable d'écrire et j'ai besoin de défis. Mais il n'existe pas vraiment d'emplois par ici qui sont adaptés à ma condition et qui me permettent de travailler à mon rythme. J'ai bien tenté de faire des petits contrats d'écriture, mais ils m'ont rapporté 200 $ en quatre mois», précise-t-elle.

Informée de ses recours, elle pourrait demander une deuxième audience en utilisant l'un des trois motifs d'appel prévus dans la loi. «Je crois que je vais me lancer dans cette nouvelle démarche afin que justice soit faite, correctement cette fois... et peut-être éventuellement être dédommagée pour le tort que toute cette saga m'aura causé personnellement et à mon entourage proche également», fait-elle valoir.

Une enquête à partir de publications Facebook

L'enquête de la RRQ réalisée de janvier 2012 à juin 2015 s'établit sur ses activités dans les médias sociaux, comme des textes et des photos partagés sur Facebook. On lui attribue plus de 500 articles, une participation à des concours de photos, la publication de trois bouquins, du dessin et de la coiffure avec motifs. Les articles, elle explique qu'elle n'est pas seule à les avoir écrits, deux des trois bouquins seraient des petits recueils de ses poèmes écrits de 2006 à 2009 et le troisième est un ouvrage collectif, la photographie est un loisir qui lui demande peu d'efforts, le dessin lui a pris 21 heures et les coiffures avec motifs sont le fruit d'une activité ponctuelle.

Des questions sur ses tatouages

Jennie Hewitt fait allusion à quatre questions qui lui ont été posées par l'avocat de la Régie des rentes du Québec devant le Tribunal administratif. Deux portaient sur le fait qu'elle soit tatouée, alors qu'elle se dit intolérante au bruit et qu'elle souffre de douleur chronique. «Pour le bruit, on parle d'un bruit qui ressemble à celui d'un moustique. Ça n'a rien à voir avec ce qui me dérange. Quant à la douleur d'un tatouage, j'ai eu 9 chirurgies et 7 hernies, pour moi c'est très relatif», fait-elle valoir.

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