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29 novembre 2018

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Le temps, un irritant majeur pour le monde minier

Les explorateurs dénoncent les trop longs délais pour obtenir des permis

Amex_prospection_Cameron

©Archives

Dans un contexte où les cibles ne manquent pas, les foreurs sont en demande partout. Des délais indus dans l’obtention des permis et autorisations risquent donc de compromettre plusieurs projets.

Même si les découvertes se font relativement nombreuses, les investisseurs hésitent à frapper aux portes des sociétés d’exploration. Un des principaux irritants soulignés par le milieu demeure les délais trop longs pour l’obtention des permis et des autorisations environnementales.

«On ne doit pas perdre de vue qu’il faut compter entre 10 et 15 ans entre la découverte d’un gisement et la mise en production d’une mine, a rappelé la PDG de l’Association minière du Québec, Josée Méthot. C’est donc maintenant qu’il faut proposer des mesures qui feront l’envie des autres juridictions à travers la planète.»

À cet égard, la directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ), Valérie Fillion, signale que les entreprises qui gravitent dans l’univers minier doivent évoluer dans un marché financier toujours plus féroce.

«Que ce soit pour une mine en démarrage ou pour mieux définir un gisement prometteur, ça prend du capital de risque. Or, nous devons nous battre contre les producteurs de cannabis et les cryptomonnaies, qui sont beaucoup plus sexy, si l’on peut dire, que nos entreprises en ce moment», a-t-elle signalé.

Arrêter de tourner en rond

Les deux associations font valoir que, même si cette solution ne règlerait pas tout, l’allégement du processus réglementaire améliorerait néanmoins la situation. L’AEMQ propose notamment de faire passer de deux à trois ans la durée de vie d’un claim.

«Deux ans, c’est très court pour planifier les travaux, rechercher du financement, obtenir les permis et réaliser ces mêmes travaux. Dans le contexte actuel, nos foreurs ne manquent certainement pas d’ouvrage. Donc, quand on finit par obtenir les permis, ils ne sont souvent plus disponibles. Et comme on ne peut pas déposer des demandes à l’avance, juste au cas où l’on trouverait quelque chose d’intéressant sur une propriété, ça nous prend des cibles concrètes. Mais pour cela, il faut de l’argent. Et quand les délais d’obtention des autorisations sont trop longs, les investisseurs n’aiment pas ça. On se retrouve donc dans une situation où l’on tourne en rond», a expliqué Mme Fillion.

«Il y a moyen pour le gouvernement de réduire les délais sans pour autant réduire les exigences environnementales, et ce, aussi bien pour l’exploration que pour les autorisations requises pour construire et exploiter une mine. Tout ce que ça prend, c’est une vraie volonté politique», a fait valoir Mme Méthot.

Un coup de main au MERN

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) pourrait aussi standardiser ses procédures, a mentionné Valérie Fillion. «D’une région à l’autre, en fonction de la présence ou non de personnel expérimenté, la vitesse de traitement d’un même type de dossier peut varier de beaucoup. Cela crée des iniquités», a-t-elle souligné.

L’AEMQ déplore d’ailleurs le manque de personnel au MERN. «Ça prend visiblement plus d’employés, mais pas dans les bureaux. Qu’on les envoie sur le terrain afin qu’ils constatent ce que nous faisons réellement et comment nous le faisons. De la sorte, on éviterait des interprétations des lois et des règlements qui nous font perdre beaucoup de temps», a-t-elle exposé.

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