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03 décembre 2018

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Christine Girard reçoit enfin ses médailles

Christine Girard

©John Kealey/Comité olympique canadien

Christine Girard pose avec ses médailles d’or et de bronze.

Près de 10 ans après ses premiers Jeux olympiques, Christine Girard a enfin pu mettre la main sur la médaille qu’elle aurait dû gagner à Beijing. Et sa médaille de bronze de Londres a aussi changé, laissant place à l’or qu’elle aurait dû mériter.

«J’attends ce moment depuis longtemps. C’est tellement d’émotions. Je suis fière d’être là aujourd’hui et de recevoir mes médailles. Non seulement pour moi, mais pour ma famille, mes amis et le Canada», a confié avec émotion la Rouynorandienne, le 3 décembre.

Il faut dire que le chemin parcouru par l’athlète pour se rendre à ce point-là fut fastidieux. Après avoir échoué à 3 kilogrammes du podium lors des Jeux de Beijing, sa force de caractère et sa détermination l’ont menée à une médaille de bronze à Londres, en 2012. Avec les cas de dopage, elle est devenue double médaillée olympique tout en devenant la première Canadienne de l’histoire championne olympique en haltérophilie.

«J’ai grandi en croyant que c’était impossible pour une haltérophile canadienne de gagner une médaille. Même à mes premiers Olympiques, je n’y croyais pas. Maintenant, j’ai deux médailles», a-t-elle indiqué.

«Croyez-en vous. Ne faites pas la même erreur que moi. C’est possible si vous travaillez fort. Gardez vos rêves actifs. Tout est possible», a-t-elle ajouté à l’endroit des jeunes athlètes.

Il faut dire que ces médailles auraient pu lui rapporter énormément sur le plan financier.

«C’est difficile de savoir combien. J’ai perdu du support, de l’argent, mais ce que je gagne maintenant est tellement mieux, tellement plus gros et important pour moi. Je peux dire que j’ai gagné ces médailles. Je crois au sport propre et je suis restée fidèle à mes valeurs. On peut le faire de la bonne façon et les gagner de la bonne façon. C’est ce que mes médailles signifient» - Christine Girard

La médaille du sport propre

Depuis l’annonce des cas de dopage de ses opposantes, Christine Girard a martelé le même message. «Pour moi, c’est la victoire du sport propre. C’est extrêmement important. Il y a tellement de gens qui pensent que c’est impossible de se rendre à un haut niveau en restant propre et fidèle à ses valeurs. Je crois que c’est la preuve que c’est possible», a-t-elle lancé.

Elle est fière de ce que le Canada fait en termes de lutte contre le dopage. «Je veux aussi remercier notre pays parce que nous avons fait le choix du sport propre et que nous avons mis en place des choses pour réaliser cela. Même si je faisais de l’haltérophilie, jamais on ne m’a proposé de drogues. Je crois qu’on doit en être fiers. J’ai été testée depuis que j’ai 14 ans. Nous avons des athlètes propres et nous sommes bons au niveau international parce que nous travaillons fort. C’est le message que je veux passer», a-t-elle indiqué.

Surmonter les stigmates

Christine Girard a été aussi, dans sa carrière, dû faire face à plusieurs préjugés. Elle a notamment raconté une anecdote à ce propos durant la cérémonie.

«J’étais enceinte de 32 semaines de mon premier enfant. Je suis allé pour une échographie. Sur l’écran de la petite télévision, des filles étaient en train de boxer. Le technicien qui s’occupait de l’échographie, qui ne savait pas qui j’étais, a commencé à dire que certains sports devraient être interdit aux filles. Il soutenait que certains sports transformaient les filles en hommes. C’est alors que je lui ai demandé ce qu’il pensait de l’haltérophilie. Il a répondu qu’il s’agissait du pire sport et qu’une femme qui le pratiquait ne pourrait pas devenir enceinte», a-t-elle relaté.

«C’est un bel exemple que ces croyances existent encore. J’espère que ces médailles pourront briser ces stigmates», a-t-elle ajouté.

Bien entourée

Christine Girard n’a pas voulu nommer de personnes en particulier, mais elle a pris le temps de souligner l’impact des gens de son entourage dans son parcours.

«Il y a eu tant de personnes et plusieurs étaient présentes: ma famille proche, mes entraîneurs, mes parents qui m’ont supporté depuis le début, les athlètes avec qui je me suis entraînée. Je souhaite remercier tout le monde qui m’a supportée et qui ont fait en sorte de me rendre la vie plus facile et meilleure», a-t-elle déclaré.

Fierté

La présidente du Comité olympique canadien, Tricia Smith, a aussi livré un témoignage poignant au sujet de la Rouynorandienne.

«Nous sommes tellement heureux que la journée où Christine sera adéquatement reconnue et célébrée pour ses réalisations historiques aux Jeux olympiques de Beijing et de Londres soit finalement arrivée, a-t-elle souligné. Christine a démontré une force et une persévérance incroyable tout au long de sa longue carrière, toujours engagée avec intégrité et grâce dans ses compétitions. Nous sommes vraiment contents qu’elle reçoive les médailles qu’elle a très bien méritées. Elle est l’incarnation inspirante des valeurs olympiques et du sport équitable et propre. Nous félicitons Christine et ceux qui l’ont appuyée tout au long de sa magnifique carrière.»

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