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05 décembre 2018

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Peu d’argent pour les juniors en exploration

Malgré plusieurs boulets, le secteur continue à avoir de l’avenir, selon Bryan A. Coates

Xplor2018_Bryan_Coates

©Patrick Rodrigue

Selon Bryan A. Coates, le secteur de l’exploration doit miser sur l’innovation pour s’abreuver à de nouvelles sources de financement. «Par exemple, la société Noranda, un fleuron québécois de l’industrie minière, est née grâce au financement accordé par le Syndicat d’exploration Chadbourne-Thompson», a-t-il rappelé.

En dépit d’un contexte favorable à l’or et aux métaux usuels, les détenteurs de capitaux continuent de se faire tirer l’oreille en matière de financement de l’exploration minière. Pire encore, de moins en moins d’investisseurs s’impliquent activement dans le secteur minier.

Dans le cadre du congrès Xplor 2018 de l’Association de l’exploration minière du Québec, Bryan A. Coates, président de Redevances aurifères Osisko, a présenté un double constat de l’exploration minière actuelle au Québec. Un, l’argent est peu disponible pour les juniors. Deux, le Québec demeure quand même l’une des meilleures juridictions pour explorer.

Manque d’intérêt

Un des problèmes majeurs qui grèvent le secteur en ce moment, c’est que les investisseurs deviennent de plus en plus passifs. «En 2001, 94 % des investisseurs étaient considérés comme actifs. En 2018, ils ne sont plus que 33 %. Ce n’est pas une bonne chose parce qu’un gestionnaire de portefeuille passif n’accorde aucun intérêt particulier aux projets miniers. Tout ce qu’il veut, c’est un actif pour équilibrer son portefeuille et rien d’autre», a signalé M. Coates.

«Le secteur continue à projeter une mauvaise image comme quoi il détruit sa propre valeur» – Bryan A. Coates

De gros boulets

Selon lui, il importe donc de découvrir le plus tôt possible de nouveaux projets d’envergure pour rehausser l’intérêt envers le secteur minier. Le problème, c’est que ce dernier traîne encore de gros boulets.

«Même si le contexte est favorable pour l’or et que le protectionnisme et les guerres commerciales favorisent les métaux usuels comme le cuivre, le zinc et le nickel, le secteur continue à projeter une mauvaise image comme quoi il détruit sa propre valeur. On devrait plutôt promouvoir nos bons coups. De plus, alors que, historiquement, l’exploration minière a toujours attiré le capital de risque, celui-ci s’en va plutôt vers le cannabis et les cryptomonnaies», a exposé Bryan A. Coates.

Des atouts

Tout n’est cependant pas si noir, a nuancé le président de Redevances aurifères Osisko, citant notamment le cas de Nemaska Lithium qui, en dépit du contexte actuel, est parvenue à boucler, cette année, un financement de 1,1 milliard $ pour son projet de lithium Whabouchi à la Baie-James.

«Le Québec présente également l’avantage de disposer de camps miniers d’envergure mondiale, qui offrent encore un important potentiel de découverte, particulièrement dans le Nord-du-Québec, a-t-il ajouté. Nous avons également une expertise reconnue partout dans le monde ainsi qu’un réseau universitaire bien établi pour la formation.»

Réduire le nombre de sociétés et miser sur l’innovation

L’amélioration du portrait financier en exploration minière doit miser sur ces atouts, mais aussi sur une rationalisation du secteur et un soutien gouvernemental. «On n’aura pas le choix de fusionner des sociétés. Actuellement, il y en a trop par rapport au capital disponible, a fait valoir M. Coates. Quant à l’État, celui-ci doit maintenir son appui financier et fiscal, entre autres en conservant les actions accréditives. Celles-ci ont fait leurs preuves. Il doit aussi continuer à projeter une image positive de l’industrie.»

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