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22 Février 2018

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Des versions qui se contredisent au procès Bizimana

JUSTICE. Le prêtre africain Charles Bizimana, accusé d'agression sexuelle, de voies de fait et de séquestration à l’endroit d’une septuagénaire, a subi son procès jeudi, au palais de justice de Val-d’Or. Plusieurs témoignages ont été entendus, incluant celui de la présumée victime.

Le curé Bizimana, qui était vicaire à Val-d’Or à l’époque, ainsi que quatre témoins ont donné leurs versions des faits devant le juge Steve Magnan, concernant les événements du 7 mars 2016.

La plaignante a raconté que Charles Bizimana et elle-même s’étaient rencontrés un matin au bar Le Manoir, à Val-d'Or. Après avoir partagé un pichet de bière, la dame aurait ensuite appelé un taxi pour retourner chez elle, avant d'inviter l'accusé à prendre le chemin de son domicile avec elle.

Selon l'avocat de Charles Bizimana, Me Daniel Faucher, l'homme aurait accepté de suivre la dame en raison des mœurs de son pays d'origine, le Burundi. «Dans son pays, les coutumes veulent que les aînés soient respectés, alors il a accepté de l'accompagner», a-t-il expliqué au juge Magnan.

En cours de route, la voiture s'est arrêtée brièvement à un dépanneur pour l’achat d’une bouteille de vin à la demande de la septuagénaire.

Une fois arrivés au domicile de cette dernière, les choses auraient dégénéré. D'un côté, la plaignante soutient avoir été agressée sexuellement, tandis que l'accusé, lui, décrit plutôt la scène d'une dame en détresse et aux paroles racistes.

Contradictions

La suite des événements est contredite par la défense et la Couronne.

La présumée victime affirme qu'après avoir bu un verre de vin avec Charles Bizimana, elle serait tombée sur le dos, perdant ensuite conscience. À son réveil, l'accusé était, selon le témoignage de la femme, couché par-dessus elle, l'embrassant et l'empêchant de se lever.

«J'ai dit: ''Tue-moi qu'on en finisse. À mon âge, je n'ai pas peur de mourir''», a mentionné la dame lors du procès.

C’en serait suivie une scène de bagarre entre la septuagénaire et l'accusé. Les deux personnes sont d'accord sur un point: Charles Bizimana a bel et bien saisi la dame par les deux bras. Toutefois, la raison est bien différente pour les deux camps.

«Je lui ai pris les biceps pour l'aider à se relever, a plaidé le prêtre. Elle s'est ensuite mise à me crier des insultes du genre: ''Assassin! Noir! Terroriste!''»

Dans son témoignage, la présumée victime a vu cette action comme des gestes violents. La dame aurait ensuite perdu connaissance une seconde fois.

Décision vendredi

©L'Écho abitibien/Le Citoyen – Sophie Rouillard

Charles Bizimana quittant le Palais de justice de Val-d'Or jeudi.

Le juge Magnan prévoit rendre son verdict dès vendredi après-midi afin de sceller cette affaire.

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