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08 Mars 2018

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Tous les espoirs sont permis pour Hope l'orignal

Le Refuge Pageau se réjouit du succès de sa remise en liberté

FAUNE. La première tentative de remise en liberté d'un orignal par le Refuge Pageau s'avère un succès. Tous les espoirs sont maintenant permis pour Hope.

L'équipe du Refuge a toutefois vécu quelques jours d'angoisse, quand le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs l'a avisé, le 12 février, que le collier émetteur de Hope s'était immobilisé depuis quelques jours. Cela voulait dire qu'elle l'avait perdu… ou qu'elle n'avait pas survécu à sa remise en liberté.

©gracieuseté - Jean-Sébastien Naud

Le collier de Hope, là où il a été retrouvé en forêt par Carl Normandin, soigneur au Refuge, et Jean-Sébastien Naud, précieux collaborateur et technicien au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

On pense qu'on a fait une belle job et qu'on peut être contents -Félix Offroy

«Ils sont allés le récupérer le 16 février. On a poussé un soupir de soulagement quand on a appris que Hope avait tout simplement perdu son collier sans aucune trace de prédation. On s'attendait à ce qu'elle le perde à un moment donné. Il n'était pas fixé trop solidement. Elle a moins d'un an. Quand elle va débourrer, elle va passer de 400 à 600 ou 700 livres. Il ne fallait surtout pas que le collier ne la blesse à ce moment-là», raconte Félix Offroy, codirecteur du Refuge.

Pas imprégnée

Pour ce dernier, cette première expérience s'avère des plus concluantes. L'idée de relâcher Hope en novembre dans un secteur avec des ravages pour lui permettre de rejoindre d'autres orignaux pour l'hiver était la bonne. Et il semble que les précautions prises pour la soigner au Refuge sans l'imprégner de l'humain aient été efficaces.

«C'était important pour nous. Il y avait une habitation à environ 3 km de l'endroit où on l'a relâchée. C'est clair qu'elle a entendu des bruits d'humains, comme des motoneiges ou des VTT. Elle n'est jamais allée vers les hommes. Elle n'a pas eu ce réflexe. Si je relâchais Banane, un original du même âge qu'on a ici, elle chercherait immédiatement des humains. Elle serait à l'habitation dès le lendemain», croit Félix Offroy.

Un hiver rigoureux

Elle a aussi su se débrouiller pour se nourrir et faire face aux rigueurs de l'hiver qui, il faut se l'avouer, ont été particulièrement intenses cette année. «C'est aussi une des raisons pour lesquelles on ne l'a pas gardée tout l'hiver. On ne voulait pas qu'elle s'habitue à nos soins», souligne le codirecteur du Refuge Pageau.

Hope a d'abord exploré le secteur où elle avait été relâchée, en novembre et décembre, puis elle a entrepris un périple d'une quinzaine de kilomètres, traversant une route, pour rester dans ce nouveau secteur. «Elle est dans un site où il y plusieurs conifères collés pour la protéger du froid et tout près, il y a des jeunes pousses de feuillus pour se nourrir», fait valoir Félix Offroy.

Libre comme l'air

Hope est dorénavant libre comme l'air. Elle n'a plus qu'une boucle à l'oreille pour l'identifier. «C'est la fin de cette histoire-là pour nous. Peut-être qu'on pourra la revoir sur une photo prise par un appareil de surveillance des chasseurs. On ne sait jamais. Peut-être même qu'elle aura un petit veau avec elle», se surprend à rêver Félix Offroy.

Il va sans dire que le Refuge nourrit beaucoup l'espoir qu'Hope puisse vivre sa vie comme tous les autres orignaux. L'hiver n'est pas terminé et elle pourrait être la proie de prédateurs ce printemps quand il se formera une croûte pouvant les supporter, alors que les orignaux calent dans la neige. C'est la loi de la nature. Mais elle jouira au moins cet automne d'un répit, puisque la chasse aux femelles sera interdite, en vertu du plan de gestion de l'orignal.

Une réussite que souhaite répéter le Refuge Pageau

Pour Félix Offroy, cette réussite doit maintenant être répétée. Il souhaite relâcher d'autres orignaux et même d'autres animaux quand les conditions le permettront. Pour y parvenir, il aura besoin de l'aide du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ou de partenaires privés, parce que le Refuge Pageau ne dispose pas des ressources nécessaires.

«On pense être les premiers à l'avoir fait au Québec et c'est clair qu'on a un intérêt à poursuivre dans cette voie. On a tripé au Refuge de suivre un animal qu'on avait libéré comme ça. Et les gens ont aussi bien embarqué dans notre aventure via les médias sociaux grâce au travail de Marie-Frédérique Frigon. On parle d'orignal, mais on pourrait aussi le faire pour d'autres animaux, comme un renard, un lynx ou un ours», fait-il valoir.

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