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09 Mars 2018

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Le procès Gaudreault-Morin entre dans le vif du sujet

©Photo – Archives

On est entré dans le vif du sujet avec le témoignage de Sébastien Gaouette, jeudi après-midi au palais de justice de Val-d’Or, lors du procès de Patrice Gaudreault-Morin, accusé de meurtre prémédité à l’endroit de Sébastien Goudreau.

Gaouette se veut l’un des témoins importants des événements ayant précédé la mort de Goudreau, dont le cadavre a été retrouvé le 24 décembre 2015 près du Camping Sagittaire de Val-d’Or. Sébastien Gaouette, 24 ans, était accusé d’homicide involontaire dans cette affaire, avant d’être acquitté au jour 2 de son procès, en décembre 2017.

D’abord interrogé par le procureur de la Couronne, Me Jean Campeau, Gaouette a raconté au tribunal et au jury de huit hommes et quatre femmes comment il a vécu la soirée du 23 décembre 2015, dans la résidence de la rue Dupuis à Val-d’Or où Goudreau aurait été battu par Gaudreault-Morin pour ce qui serait une histoire de drogue.

Des coups et du sang

Sébastien Gaouette a dit s’être rendu à cet endroit pour visiter son ami Éric Plourde (le propriétaire de la maison) et jouer à Hockey NHL, un jeu vidéo. Le témoin a ajouté que Yan Giroux (qui purge sept ans de prison pour homicide involontaire dans cette affaire) était là à son arrivée et que Sébastien Goudreau s’est présenté sur les lieux un peu plus tard, après un échange de textos avec lui. Les événements allaient ensuite commencer.

«J’ai vu Patrice Gaudreault-Morin arriver derrière la victime, lui demander de se coucher par terre et lui donner un coup au visage avec un poing américain, a relaté Gaouette. Sébastien s’est étendu au sol dans le salon et l’accusé a demandé à Yan Giroux de l’aider à l’attacher. Sébastien Goudreau est alors couché à plat ventre, Giroux lui tient les mains dans le dos et Patrice Gaudreault-Morin lui porte des coups au corps et au visage, a-t-il défilé.

«Sébastien se débat, il tente de se déprendre, mais il n’en est pas capable. Et j’ai vu l’accusé donner un coup de bâton de baseball aux jambes de la victime, a poursuivi le témoin. Sébastien Goudreau était conscient, il gémissait, il avait le visage enflé et en sang. Il y avait du sang sur le plancher et sur les meubles.»

Durant 1 h 30 à 2 h

Quand le procureur a demandé à Sébastien Gaouette ce qu’il faisait pendant ce temps, le témoin a répondu qu’il était assis sur le divan et qu’il tenait les chiens (le sien et celui d’Éric Plourde).

«Après, j’ai suivi Éric Plourde au sous-sol (dans l’appartement d’une locataire) et j’ai fait du va-et-vient dans l’escalier pour tendre l’oreille. J’entendais des cris et des gémissements. Sébastien a été battu durant une heure et demie à deux heures», a mentionné Gaouette en précisant plus tard qu’il pouvait s’écouler un certain laps de temps entre les coups et que l’accusé a fait deux ou trois appels pendant ce temps.

Apeuré

Le témoin a complété en disant qu’il est remonté au rez-de-chaussée une fois qu’il n’entendait plus de bruit provenant de là. L’accusé et la victime ne s’y trouvaient plus. «J’ai donné un verre d’eau à Yan Giroux, qui semblait en panique, et je suis retourné chez-moi, a signalé Gaouette.

«À mon départ, le véhicule de Yan Giroux (un Dodge Nitro) n’était plus dans la cour. Non, je n’ai pas vu qui est parti avec le véhicule. Je me sentais apeuré et stressé durant ces événements. Je ne suis pas quelqu’un de violent ou qui sais se battre, je n’étais donc pas à l’aise dans cette situation», a-t-il exprimé.

Une «liste de front»

En contre-interrogatoire, l’avocate de la défense, Me Mia Manocchio, a fait dire à Sébastien Gaouette qu’il lui était arrivé d’acheter du cannabis de Sébastien Goudreau, mais qu’il ignorait si celui-ci vendait d’autres types de stupéfiants.

Et quand l’avocate de Patrice Gaudreault-Morin a montré à Gaouette une «liste de front», soit un relevé de clients saisi chez Goudreau et comprenant l’inscription «4000 Gaou», le témoin a nié formellement qu’il avait des dettes envers lui. «Je le payais tout de suite, je ne lui devais pas d’argent», a affirmé Gaouette.

Un témoignage très attendu

Si le témoignage de Sébastien Gaouette était attendu, celui de Yan Giroux l’est encore davantage, puisqu’il s’annonce comme le témoin clé de la Couronne pour faire condamner Patrice Gaudreault-Morin.

Rappelons qu’à la suite d’une entente entre la Couronne et la défense, Giroux, qui était aussi accusé de meurtre dans cette affaire au départ, purge actuellement une peine de sept ans de prison après avoir plaidé coupable, en février 2017, à une accusation réduite d’homicide involontaire.

Première semaine

La première semaine du procès Gaudreault-Morin se terminait vendredi avec le témoignage d'un pathologiste. Présidé par le juge Carl Thibault, de la Cour supérieure, le procès doit reprendre lundi, en principe pour trois autres semaines.

Outre Sébastien Gaouette et le pathologiste, une locataire du sous-sol de la résidence, une amie de celle-ci et l'enquêteur de la Sûreté du Québec chargé de l'analyse de la scène de crime ont notamment témoigné jusqu'ici.

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