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14 Mai 2018

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Les camionneurs propriétaires manifestent contre la fausse facturation

©La Frontière/Le Citoyen - Patrick Rodrigue

Plusieurs points de services du ministère des Transports (MTQ) ont fait l’objet d’un blocus, le 14 mai, de la part des membres de l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI). Ceux-ci réclament la fin de la fausse facturation et de la corruption dans le camionnage en vrac.

À l’heure actuelle, lorsque le MTQ a besoin de camions dans l’exécution de ses projets, il fait affaire, à parts égales, entre les camionneurs propriétaires membres de l’ANCAI et d’autres entrepreneurs qui ne sont pas régis par les organismes de courtage accrédités par la Commission des transports du Québec (CTQ). Et c’est là le nœud du problème.

«Avec notre système, tout est fait avec autant de transparence et d’équité que possible. L’argent que nous recevons du MTQ est placé dans un compte en fidéicommis contrôlé par la CTQ, puis redistribué à nos membres selon les contrats et les factures. Le MTQ et la CTQ peuvent vérifier nos livres quand ils le souhaitent. Or, ce n’est pas le cas chez les autres entrepreneurs, qui peuvent embaucher n’importe qui. Comme il n’y a aucun moyen de vérification, ça laisse la porte ouverte à la fausse facturation et à la corruption», a fait valoir Ann Chevrier, directrice du sous-poste de transport de vrac du comté de Rouyn-Noranda.

Plusieurs irritants

La situation irrite d’autant plus les camionneurs propriétaires que les entrepreneurs non régis réclament à présent du MTQ une plus large part de contrats que les 50 % auxquels ils ont droit en ce moment.

«Selon le Ministère, nos membres à travers le Québec n’arriveraient pas à répondre à la demande. Mais en Abitibi-Témiscamingue, nous ne vivons pas les mêmes réalités que dans les grands centres urbains. Ici, nous nous chargeons de 90 % à 100 % des contrats du MTQ. Nous sommes donc en mesure d’accomplir bien plus que notre part de 50 %», a signalé Mme Chevrier.

Comme si ce n’était pas suffisant, la saison de camionnage en vrac pour autre chose que de la neige est plus courte en Abitibi-Témiscamingue qu’ailleurs au Québec. «Les contrats du MTQ viennent donc bonifier le travail de nos membres. C’est précieux. D’autant plus que cette année, comme il n’y a pas eu beaucoup de neige, plusieurs ont trouvé l’hiver très long», a fait observer Ann Chevrier.

Une solution accompagnée d’un problème

L’ANCAI a pu obtenir du MTQ l’assurance que des contrats allaient désormais être proposés en permanence à ses membres, une démarche que, jusqu’alors, l’association devait reprendre chaque année. «Le problème, c’est que là, on parle de nous enlever notre 50 %, alors que nous, au contraire, on réclame une plus grande part des contrats. Parce oui, nous sommes en mesure de les accomplir», a lancé Mme Chevrier.

Une des solutions à long terme proposées par l’ANCAI consisterait, pour le MTQ, à inclure dans ses contrats une clause similaire à celle qui, pour quelque 300 municipalités du Québec, impose à leurs entrepreneurs d’utiliser exclusivement les services de camionneurs régis par la CTQ.

La direction régionale du MTQ a fait savoir qu’elle ne commenterait pas les revendications de l’ANCAI. Pour sa part, Ann Chevrier a indiqué que si le Ministère n’accordait pas une oreille favorable aux demandes de l’association, d’autres moyens de pression seraient mis en branle durant l’été.

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