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12 Juillet 2018

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Le bouleau blanc à la rescousse des producteurs forestiers

Bouleaux UQAT Amos

©Gracieuseté - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Fruits des efforts d’amélioration génétique, une plantation de bouleau blanc peut, dans les meilleures conditions, produire un volume total de 400 mètres cube à l’hectare en 40 ans.

Grâce à un projet pilote de plantation de bouleaux, les chercheurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) tentent de prouver les bénéfices de l’implantation et de la production de cette essence d’arbre qui favoriserait autant l’économie que l’environnement de la région.

Au Québec, les plantations de bouleaux blancs sont à peu près inexistantes, rapporte Philippe Duval, de l’Institut de recherche sur les forêts à l’UQAT. Il semblerait que cette situation contraste avec celle observée ailleurs dans le monde, notamment en Finlande, où 17% de tous les arbres mis en terre sont des bouleaux (principalement sur d’anciennes terres agricoles).  

«Je ne comprends toujours pas qu’on soit les premiers à tenter ce projet au Québec, lance Philippe Duval. En Finlande, ils sont tellement avancés dans ce domaine, c’est incroyable!»

10 ans plus tard 

Débuté il y a maintenant plus de dix ans, ce projet pilote vise à pouvoir fournir du bois de qualité déroulage pour les entreprises de la région. 

«Dans un modèle de foresterie inspiré de l’agriculture, la culture du bouleau permettrait aux sylviculteurs de diversifier leur production, d’augmenter la valeur de leur propriété et d’en tirer des revenus considérables, estime M. Duval. 

«Des travaux d’amélioration génétique tels que des croisements dirigés permettraient le développement de matériel performant et adapté aux conditions de croissance régionales et leur culture sur site agricole ou forestier pourrait contribuer à alimenter les usines de déroulage qui éprouvent présentement de la difficulté à s’approvisionner en bois feuillus de haute qualité», ajoute-t-il. 

Mais ce qui attire l’attention, c’est qu’en 2008, 10 000 arbres ont été reboisés sur six hectares dans les municipalités de Rapide-Danseur, Lamotte, Senneterre, Montbeillard et Duhamel-Ouest. 

Le 10 juillet, Philippe Duval et ses collègues ont pu comparer les provenances et déterminer les meilleurs individus. Puis, par la caractérisation des parcelles, ils pourront voir quelles sont les conditions favorables à la croissance du bouleau et ainsi développer des outils terrain permettant de faciliter le choix des sites et microsites. 

Ce printemps, Philippe Duval et ses collègues ont pu comparer les différentes provenances  des bouleaux reboisés et déterminer les meilleurs individus.Puis, par la caractérisation des parcelles, ils pourront voir quelles sont les conditions favorables à la croissance du bouleau et ainsi développer des outils terrain permettant de faciliter le choix des sites et microsites.  

«On ne savait pas à quoi s’attendre, mais c’est très encourageant, précise-t-il. Les bouleaux ont atteint le 9 mètres de haut, ce qui représente presque une croissance d’un mètre par année.» 

Bénéfices 

Tout d’abord, pour les producteurs, les plantations de bouleaux et les croisements que prévoit faire Philippe Duval seraient une valeur intéressante. «Il y a une rareté de bois feuillus de qualité dans la région, indique M. Duval. Le bouleau blanc possède une valeur ajoutée comparable à celle du bouleau jaune et est grandement prisé par l’industrie du déroulage, du meuble, du parquet et du bois ouvré.» 

Au cours des prochaines années, Philippe Duval souhaite réaliser d’autres plantations afin d’alimenter en bois les usines de la région telles que Commonwealth Plywood, LVL Global ou Forex. «Nous sommes dans une période où il y a plein de problèmes dans l’industrie forestière. Ça serait vraiment quelque chose d’utile et d’intéressant que d’avoir cette ressource à proximité.» 

De plus, l’environnement serait également gagnant dans toute cette histoire. «Le bouleau emmagasine plus rapidement le CO2 présent dans l'atmosphère, renchérit Philippe Duval. Au final, ce serait bon pour les entreprises, pour l’environnement et aussi pour la faune.» 

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