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13 Septembre 2018

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

«La Petite boutique n’est pas un dépotoir!»

L'entreprise d'économie sociale reçoit trop de matières qu’elle ne peut récupérer

©gracieuseté

L’accumulation de sacs et de boîtes de matériel devant la chute durant la fin de semaine entraîne la plupart du temps des pertes et des vols.

ENVIRONNEMENT. La Petite boutique d’Amos lance un cri du cœur. Elle reçoit trop de matériel qui ne peut être récupéré. «Nous ne sommes pas un dépotoir», rappelle la directrice Francine Maltais.

Le récent agrandissement des locaux de l’entreprise d’économie sociale ne lui permet pas pour autant de traiter plus de matières qu’elle ne pourra revaloriser dans sa boutique ou dans l’aide internationale. Plusieurs pièces de vêtement ou d’objets auraient davantage leur place dans le bac vert ou à l’écocentre.

«On ignore pourquoi exactement, mais on a remarqué une recrudescence significative des dons de matériel qu’on ne peut réutiliser et qu’on doit envoyer directement à l’enfouissement. Ce n’est pas notre mandat. Ça occupe trop d’espace dans nos entrepôts en plus de mobiliser inutilement plusieurs de nos 17 employés. Les gens ne réalisent pas tout le travail qui est réalisé en arrière-boutique. Si on n’avait qu’à trier de bonnes choses, on y arriverait et notre réserve ne déborderait pas», explique Mme Maltais.

Tout n’est pas récupérable

Cette dernière ne croit pas qu’il s’agisse de mauvaise volonté, mais plutôt d’un manque de sensibilisation. Elle juge donc utile de rappeler que la Petite boutique ne peut réutiliser tous les textiles. Les vêtements abîmés, tachés, troués et sales ne peuvent être revendus. Et l’organisme n’a ni le temps ni les ressources pour réparer des boutons ou des fermetures éclair, encore moins pour repriser.

Petite boutique Amos

©gracieuseté

Le matériel lourdement endommagé doit souvent être envoyé directement à l’enfouissement, parce qu’il ne peut être revalorisé par la Petite boutique.

Petite boutique Amos

©gracieuseté

Les meubles et autres objets exposés aux intempéries à l’extérieur sont impossibles à récupérer et réutiliser.

«En moins d’une heure et demie, j’ai rempli cinq ou six grands sacs de poubelle de trucs qu’on ne pourra pas récupérer. On en trouve au moins 50 % de plus qu’il y a quatre ou cinq ans», affirme Hélène Boisvert, préposée au tri des textiles, en montrant plusieurs pièces de vêtement souillées ou endommagées.

«On garde les plus belles pièces pour les clients de la boutique, d’autres, un peu moins belles, iront à l’aide internationale, mais plusieurs morceaux ne peuvent être réutilisés d’aucune façon. Si on avait seulement 50 % moins de cochonneries à trier, on serait beaucoup moins embourbés au triage», souligne Solange Boyer, une autre préposée au tri, qui rappelle qu’il faut du tissu en bon état avec 50 % de coton pour la chiffonnerie.

Du côté du bazar, les préposés au tri doivent souvent composer avec des meubles endommagés, des équipements électroniques trop vieux ou qui ne fonctionnent pas, des plats et des ustensiles qui ne peuvent être réutilisés. Lors de notre passage, un hachoir était encore plein de nourriture.

Endommagés à l’extérieur

La Petite boutique d’Amos est aussi aux prises avec un autre problème, soit l’accumulation de matériel à donner à l’extérieur de la chute durant le week-end ou en soirée.

«Ça s’accumule rapidement et les gens laissent le matériel à l’extérieur. Il a plu en fin de semaine (1er au 3 septembre). Un sac de vêtements mouillés est un sac qui va à la poubelle. Devant la porte de garage, à l’œil, je te dirais que la moitié des meubles iront à la poubelle», s’est désolée Francine Maltais, qui invite plutôt les gens à revenir si la chute déborde.

La Petite boutique d’Amos a traité 305 tonnes de matières recyclables en 2017-2018, en hausse de 11 % sur les 275 tonnes de l’année précédente.

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