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20 septembre 2018

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Débat divertissant devant une salle comble à Val-d’Or

Débat Abitibi-Est

©Photo - Dominic Chamberland

La traditionnelle photo de famille d’avant débat : Pierre Dufour, de la CAQ, Élizabeth Larouche, du PQ, Lyne Cyr, de QS, et Guy Bourgeois, du PLQ.

Qui a dit que la politique était plate et que ça n’intéressait personne.

À défaut d’être spectaculaire ou de virer en bataille rangée, on a eu droit à un débat plutôt divertissant, dont les deux heures ont passé assez vite, devant une salle comble de près de 250 personnes entre les quatre principaux candidats dans Abitibi-Est aux élections provinciales, mercredi soir au Pavillon des Premiers Peuples de l’UQAT, à Val-d’Or.

Quatre grands thèmes étaient abordés, à savoir la main-d’œuvre, les transports, le développement économique et la qualité de vie. À sa façon, dans certains cas en faisant rigoler l’assistance, chaque candidat a profité de l’occasion pour faire valoir ses engagements ainsi que le programme et les priorités de son parti au cours de cet événement, organisé par la Chambre de commerce de Val-d’Or.

Si le débat a été divertissant, il aurait tout de même pu être un peu plus percutant en certaines occasions. Même qu’à un moment donné, l’animateur Pierre Marois a cru bon inviter les candidats à se confronter davantage!

À l’attaque

Pierre Dufour, de la Coalition avenir Québec, ne s’est toutefois pas fait prier pour diriger quelques attaques contre ses adversaires, à commencer par le député sortant Guy Bourgeois, du Parti libéral, notamment sur la pénurie de main-d’œuvre. «Votre chef (Philippe Couillard) tient le même discours qu’il y a un an pour la résorber ici, soit de faire appel à des travailleurs autochtones, mais on ne voit rien de ça encore», a-t-il lâché.

M. Dufour a ensuite visé Élizabeth Larouche, du Parti québécois. «Après votre défaite en 2014, vous avez choisi de quitter la région pour Montréal au lieu de travailler ici», lui a-t-il lancé. La réplique de Mme Larouche n’allait pas se faire attendre. «Des chercheurs de têtes sont venus me recruter pour l’Université de Montréal, où j’ai acquis une expertise différente (en santé/éducation) qui sera un atout pour la région. Et je sais que vous travaillez à Amos!», a-t-elle rétorqué à Pierre Dufour. «Sauf que je vis à Val-d’Or», a aussitôt précisé M. Dufour en souriant.

Mme Larouche a en outre blâmé le gouvernement libéral – et Guy Bourgeois par la bande – pour la lenteur du ministère des Transports à compléter les travaux du nouveau carrefour giratoire à Val-d’Or. «Le MTQ doit être plus actif. Quand on ne réalise pas les projets, c’est de l’austérité masquée», a-t-elle soutenu. «Il y a un enjeu de coûts, a répondu M. Bourgeois. Le carrefour va se faire, mais il faut que ce soit à coûts raisonnables.»

La cible

Étant le député du comté et un membre du gouvernement sortant, Guy Bourgeois s’attendait à être la cible des autres candidats, particulièrement de Pierre Dufour, ce qui n’a pas semblé le démonter.

«On le savait que ce serait comme ça avec lui (M. Dufour), on a reconnu son style. Mais ce qui compte, ce n’est pas son attitude, ce sont les idées et parler aux gens. Je suis venu ici pour présenter à la population ce que nous avons à proposer; voilà ce qui est important», a mentionné M. Bourgeois après le débat.

C’est d’ailleurs en point de presse que le candidat libéral a lancé sa principale attaque à l’endroit de ses rivaux. «Je suis déçu de leur méconnaissance concernant ce qui est déjà accompli, comme la couverture internet et le Tep Scan. Ils étaient où, ces gens-là, quand ç’a été annoncé?», s’est demandé Guy Bourgeois.

De la répartie

Néophyte en politique et semblant plutôt timide, la candidate de Québec solidaire, Lyne Cyr, sera malgré tout parvenue, elle aussi, à tirer son épingle du jeu dans ce débat qui l’opposait à trois adversaires d’expérience.

À défaut de parler souvent, elle a déridé la foule par sa candeur et un bon sens de la répartie, notamment avec des répliques du genre «Québec solidaire a donné de bonnes idées aux autres partis!», «Il paraît que pour gagner des élections, il faut faire des bouts de route…» et «Êtes-vous au courant que (si on ne fait rien pour l’environnement) la planète va exploser?!?»

En point de presse, Mme Cyr disait avoir apprécié l’expérience, une première pour elle. «J’ai réussi à porter les positions différentes des autres de Québec solidaire. Quant à la répartie, j’ai appris ça au monastère, où on avait de bonnes discussions dans la cour de récréation!», a raconté cette ancienne religieuse.

Soirée satisfaisante

À l’instar de M. Bourgeois et de Mme Cyr, Élizabeth Larouche et Pierre Dufour se sont déclarés satisfaits de leur soirée de travail. «J’ai pu mettre de l’avant nos idées et les questions du public étaient pertinentes, sauf que j’aurais aimé avoir plus de temps pour répondre, mais on a le reste de la campagne électorale pour livrer nos messages, a souligné Mme Larouche après coup. Le débat était très dynamique, quoi que je m’attendais à ce que ce soit plus corsé.»

«Ce débat nous fournissait la chance d’expliquer nos idées sur une scène locale, a pour sa part fait remarquer M. Dufour. J’aurais aimé avoir plus d’occasions de débattre sur les actions du gouvernement, mais on ne veut pas juste décrier des choses non plus et j’ai d’ailleurs pu passer pas mal de messages sur nos orientations pour le milieu, sans juste livrer des lignes de parti.»

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