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16 janvier 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Travailler avec la mort au quotidien

Deux infirmières de la Maison de la source Gabriel se confient

Marlène Sauvé et Laurence Boivin

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Pour Marlène Sauvé et Laurence Sauvé, la Maison de la source Gabriel représente la vie et la joie des derniers moments de ses résidents.

Si la mort peut frapper du jour au lendemain, elle peut également prendre son temps. Pour certaines personnes, la Grande Faucheuse leur donnera même rendez-vous dans un laps de temps précis. Mais comment se préparer à l’ultime voyage? C’est avec cette réalité que doivent jongler les infirmières et auxiliaires de la Maison de la source Gabriel à Val-d’Or, où les résidents n’ont que trois mois et moins à vivre. 

«Avoir le temps de prendre son temps», c’est ainsi que Laurence Boivin et Marlène Sauvé, infirmières à la Maison de la source Gabriel, décrivent en bref leur travail.  

Pour la nièce et la tante, il s’agit d’un privilège de pouvoir assister aux derniers moments d’une personne. «Nous avons la chance de faire partie de leur vie dans les moments où nos patients sont les plus vulnérables, confie Laurence, qui travaille à la Maison depuis 2014. Ça peut paraître déprimant pour certaines personnes, mais en réalité, nous permettons à nos patients et à leurs proches de faire leurs adieux et de profiter le plus possible des derniers moments. Les gens oublient trop souvent qu’avant de mourir, nos patients sont vivants et qu’ils méritent de vivre pleinement.» 

Lorsqu’on leur demande pourquoi elles ont choisi de côtoyer la mort à tous les jours plutôt que de travailler dans des hôpitaux ou des cliniques où la vie et des cas de guérison peuvent arriver, Laurence et Marlène s’accordent sur leurs intentions. 

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«C’est trop important d’accompagner ces familles qui doivent faire des deuils, mais aussi de permettre aux résidents de la Maison de quitter la vie dans la dignité», estime Marlène, qui travaille à la Maison depuis 2010 et qui occupe le poste de coordonnatrice des infirmières. 

«J’ai vu mes tantes s’occuper d’une de leurs sœurs dans ses derniers instants, ajoute Laurence. J’ai vu tout le cœur qu’elles avaient et à quel point ça a permis à ma tante de partir avec le moins de souffrances possibles et en étant entourée des siens.» 

Faire taire ses émotions 

Ce qui est certain, c’est que malgré les rapprochements qu’il peut y avoir entre les membres du personnel et les patients, les émotions ne doivent jamais prendre le dessus. 

«On ne peut pas pleurer et être atterrées à chaque décès, estime Laurence. Sinon, on ne pourrait jamais continuer à faire notre travail. Il ne faut pas oublier que les personnes qui sont ici sont malades, alors la mort vient souvent comme un soulagement ou une délivrance après tout ce qu’elles ont enduré.» 

Toutefois, lorsqu’elles doivent s’occuper d’un patient qu’elles connaissent, le défi est encore plus grand. «Lorsqu’on vit dans de petits milieux comme Val-d’Or, c’est certain qu’un jour où l’autre, on va tomber sur quelqu’un qu’on connait à la Maison, estime Laurence. C’est dur, oui, mais cette personne mérite aussi d’avoir tous les soins et que l’on demeure professionnelles.» 

Un dernier adieu 

L’un des plus grands défis pour les patients de la Maison de la source Gabriel est assurément de faire le deuil de leur vie et de leurs proches. «Certaines personnes acceptent plus facilement la situation que d’autres, explique Laurence. Ce n’est quand même pas rien: nos patients doivent faire le deuil de la vie, de ce qu’ils ont pu faire ou non et de quitter leur famille.» 

Par contre, l’âge ne change rien dans ce contexte. En effet, bien que les maisons de soins palliatifs soient souvent associées aux personnes âgées, la clientèle est au contraire assez variée. «On peut avoir un patient de 89 ans qui n’accepte pas la situation, comme nous avons déjà eu une jeune fille de 20 ans qui était sereine et résiliente face à tout ça, raconte Laurence. Les personnalités et le vécu des gens sont tellement différents, personne ne réagit pareil.» 

De plus, pour faciliter le processus, la Maison de la source Gabriel offre plusieurs services pour permettre aux familles et à ses résidents de créer de beaux souvenirs. «Nous faisons des sculptures des mains, explique Marlène. Alors que ce soit des couples ou des parents avec leurs enfants, nous créons le moule de leurs mains entrelacées avec eux et nous dévoilons la pièce finale devant la famille. De plus, certains résidents peuvent même avoir recours à un caméraman bénévole qui vient filmer des capsules souvenirs.» 

La vie avant tout 

Ce qui est certain, c’est que ce métier atypique permet à Laurence et Marlène de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil. 

«On va tous finir de la même façon, alors il faut profiter de la vie et du temps que l’on passe avec nos proches», confie Marlène. 

«Je n’ai pas peur de la mort et avec toutes les histoires que nous vivons au fil du temps dans ce métier, ça nous rappelle ce qu’est l’essentiel», conclut Laurence.

Commentaires

16 janvier 2019

Lucette lauzon

Ma mère a finie sa vie à la source Gabrielle de Val-d'or. C'est tellement réconfortant de laisser partir partir quelqu'un que l'on aime du plus profond de notre coeur accompagnés de ce que j'appelle des anges. J'ai un très bon souvenir de ce havre de paix quand je retourne à Val-d'or e Je prend le temps de m'arrêter et j'ai l'impression d'y être rester. Merci à vous les anges et longue vie à la source Gabrielle.

16 janvier 2019

Jacynthe Russell

J'ai vécu les derniers moments avec mon frère et vous êtes des personnes merveilleuses! Merci encore!

18 janvier 2019

Claude Desruisseaux

Mon frère est décédé à la source bleue de Boucherville, je peux dire que maintenant c’est dans une maison comme la vôtre que je voudrais finir mes jours, comme dit la dame avant moi vous êtes des anges. Bravo à vous tous

18 janvier 2019

Patricia Durocher

Bravo pour votre beau travail ! Je connaissais plein de personnes qui ont séjourné chez vous et les familles n’ont que des bons commentaires.

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