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29 janvier 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Apprivoiser la schizophrénie un jour à la fois

Un Malarticois combat la maladie depuis ses 18 ans

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©DepositPhotos.com

Chaque jour est un nouveau défi et un combat pour garder le contrôle.

Depuis 2011, les Canadiens se mobilisent lors de la Journée Bell cause pour la cause, afin de financer des programmes en santé mentale. Dans le cadre de cet événement, qui cherchera demain (30 janvier) à franchir le cap des 100 M $, le Journal vous présente une entrevue avec un homme de Malartic qui combat la schizophrénie depuis l’âge de 18 ans.

À 62 ans, René [nom fictif] ne coule pas des jours heureux et paisibles à la retraite comme bien des gens de son âge. Diagnostiqué il y a plus d’une quarantaine d’années comme étant schizophrène, le Malarticois doit se battre tous les jours pour garder la tête hors de l’eau et avoir un quotidien plus ou moins normal. 

Dans la famille de René, deux autres personnes sont atteintes de cette maladie. «Mon père et mon frère en sont aussi atteints, explique-t-il. Même s’il y a des cas dans ma famille, je ne l’ai pas su avant mes 18 ans, car j’étais un rebelle et je ne voulais pas être malade.» 

L’homme a passé par plusieurs déchéances pendant sa jeunesse l’amenant à son diagnostic. «Pendant un moment, je prenais de l’alcool, de la drogue et je courais toujours après les filles, admet-il. J’ai été dans l’armée, mais c’est exactement à cause de ces trucs-là qu’on m’en a mis dehors au bout de six mois.» 

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L’attitude et les capacités de René lui ont fait multiplier les emplois et l’ont empêché d’avoir une routine stable. «J’ai travaillé en Alberta, à Vancouver, en Saskatchewan, énumère-t-il. J’ai pas mal voyagé et essayé des petites jobines ici et là. J’avais beaucoup de difficulté à fonctionner.» 

Diagnostic 

Finalement, c’est le père de René qui a décidé de l’emmener à l’Hôpital de Malartic. «Je ne voulais pas être malade et encore moins prendre les médicaments, raconte-t-il. J’avais l’impression que ç’allait juste m’embrouiller le cerveau et les neurones. C’en est suivi d’une dépression.» 

Ainsi, alors que la plupart des jeunes de son âge étaient à l’école ou sur le marché de travail, René s’est retrouvé, à 18 ans, confronté à un diagnostic qui était méconnu et mal vu à cette époque. «Les gens se moquaient, confie-t-il. Ça me fâchait, évidemment, mais je ne pouvais pas y faire grand-chose. Ce n’était pas comme aujourd’hui. On n’y connaissait rien.» 

«Les problèmes de santé mentale représentent des différences et l'inconnu fait peur aux gens», ajoute Julie Goudreau, intervenante au Groupe Soleil à Malartic, où René se rend tous les jours pour être soutenu et accompagné. 

Perdre le contrôle 

Pour ce dernier, chaque jour est un nouveau défi et un combat pour garder le contrôle. 

«Il y a des journées où je suis plus anxieux et que ça va mal, alors je prends mes médicaments pour m’aider à passer au travers, indique-t-il. J’ai de la difficulté à rester concentré sur une chose et à ne pas me perdre dans mes pensées.» 

Nouveau départ 

Ce quotidien difficile l’empêche de travailler depuis au moins 30 ans. «Je suis en forme, je sais que je serais capable de faire quelque chose, croit René. J’aimerais tellement pouvoir retourner travailler. Moi, je n’ai pas de camion, de skidoo ou de bateaux comme les autres, mais je veux travailler aussi.» 

L’homme souhaiterait également partager son talent pour le chant et la guitare avec la population. «J’ai toujours rêvé de faire carrière dans la musique, confie René. Même si je n’ai jamais réussi, je crois que je joue bien et ça me plairait de faire entendre ça aux autres.» 

René souhaiterait même aller à New York pour y enregistrer quelques compositions. «Mon plus grand rêve se serait d’aller dans un studio et faire des chansons, admet-il. Ça peut paraître fou, mais pour moi, ce serait incroyable.»

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