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07 février 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Les cèdres millénaires du lac Duparquet saturés de CO2?

Ils auraient dû pousser différemment de ce qu’une chercheure de l’UQAM a constaté

Ab-VieuxCedres

©Photo Anthoni Barbe

Même s’ils absorbent plus de CO2 qu’il y a 150 ans et qu’ils gèrent l’eau qu’ils consomment de manière plus efficace, les vieux cèdres du lac Duparquet n’ont pas connu une croissance plus rapide pour la même période de temps.

Bien que la production de CO2 ait augmenté au cours des 150 dernières années, il semble que cela n’a pas eu d’impact sur la croissance des cèdres millénaires de la Forêt d’enseignement et de recherche du Lac Duparquet. 

L’intérêt pour les cèdres du lac Duparquet vient du fait que l’âge de cette population d’arbres varie entre 500 et 1000 ans, ce qui est plutôt rare puisque peu d’arbres en Abitibi-Témiscamingue vont vivre plus de 100 ans, notamment en raison du cycle des feux de forêt. De plus, ces cèdres sont les rares témoins de la période avant l’industrialisation et l’augmentation constante de la production de CO2 qui s’en est suivie. 

Percer le mystère des arbres 

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Claudie Giguère-Croteau, étudiante à la maîtrise en biologie à l’UQAM, a mesuré, à l’aide d’une minuscule carotte percée dans le tronc, la largeur de chaque cerne de croissance des arbres afin de comprendre les échanges gazeux avec le milieu. 

«Il s'agit de calculer les gains de l’arbre en carbone par rapport à la perte d'eau à travers ses stomates, qui sont les minuscules trous sur les feuilles par lesquels il absorbe du CO2 et rejette de l’oxygène», a expliqué la chercheure. Quand on augmente le CO2 dans l’atmosphère, ça permet aux stomates de se fermer et de réduire les pertes en eau par évaporation tout en consommant la même quantité de CO2.» 

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Peu d’effets sur la croissance 

Or, malgré qu’ils soient plus efficaces pour utiliser l’eau, les cèdres du lac Duparquet n’ont pas enregistré une croissance notable au cours des 150 dernières années, alors que, au contraire, ça aurait dû être le cas. Mme Giguère-Croteau a donc voulu savoir pourquoi. 

Trois hypothèses ont été émises: le manque naturel d’accès à l’eau et au phosphore en raison de sols pauvres et secs; la réduction du nombre de stomates par unité de surface (ils sont plus efficaces, mais il y en a moins, donc cela n’entraîne pas d’impact global); l’utilisation par l’arbre des nutriments à d’autres buts que la croissance de la tige. 

«Plusieurs études ont déjà déterminé que l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère ne s’était pas traduite par une croissance notable des forêts au Canada. Mon étude va dans le même sens. Par contre, il ne faut pas généraliser les résultats de recherche. Je rappelle que mon étude portait sur une population d’arbres très précise. Il faut donc continuer de planter des arbres pour accroître les puits de carbone, même si les arbres existants sont peut-être déjà saturés», a-t-elle conclu.

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