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13 février 2019

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Une Témiscamienne aux commandes d’un avion de l’armée

Marie-Hélène Marseille

©Gracieuseté - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Marie-Hélène Marseille pilote présentement un CC-130 Hercules.

Tous en ont rêvé enfant, elle l’est devenue. Pilote d’un avion CC-130 Hercules, le major Marie-Hélène Marseille, de Lorrainville, participe à des opérations de sauvetage et de ravitaillement. Histoire d’une Témiscamienne dont la passion des airs a pris naissance dès la petite enfance.

«Quand j’étais enfant, j’habitais dans une réserve à la Baie-James, a-t-elle relaté. L’avion était notre seul moyen de transport pour aller visiter nos familles dans le sud, au Témiscamingue. J’étais déjà impressionnée à ce moment. Plus tard, alors que mon père travaillait dans les mines, je l’ai accompagné dans ses déplacements en hélicoptère à quelques reprises. Quand est venu le moment de faire mon choix de carrière en secondaire 5, je souhaitais devenir géologue ou pilote d’hélicoptère.»

Toutefois, sa passion de voler a rapidement pris le dessus, car après avoir complété un DEC en Sciences pures, elle s’est inscrite au DEC en Pilotage au Centre québécois de formation en aéronautique à Chicoutimi. Un an à peine après avoir obtenu sa licence commerciale de pilote d’hélicoptère, la jeune femme a fait le saut vers les Forces armées canadiennes, où elle évolue depuis une douzaine d’années une étape à la fois.

Parcours et émulation

«Quand je suis entrée dans les Forces, j’ai d’abord suivi mon cours de base d’une durée de 16 semaines à Saint-Jean-sur-Richelieu, a indiqué Marie-Hélène Marseille. On y acquiert, entre autres, des notions d’infanterie, d’artillerie, de marine et d’aviation. Par la suite, nous sommes dirigés vers les éléments où nous évoluerons, soit l’armée, la marine royale ou l’aviation royale. Dans mon cas, ça s’est déroulé en quatre principales phases échelonnées sur quatre ans. À chaque étape, les possibilités deviennent plus minces.»

Marie-Hélène Marseille

©Gracieuseté - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Marie-Hélène Marseille pilote actuellement un CC-130 Hercules.

La première phase est composée d’entrevues et de test médicaux spécialisés réussis par environ 50 % des candidats. La deuxième phase se déroule en vol à Moose Jaw en Saskatchewan. De 20 % à 25 % des candidats échouent à ce niveau. Dans le cadre de la troisième phase, comme au cours des phases précédentes, il faut démontrer des capacités d’adaptation et d’apprentissage rapides, mais cette fois avec un hélicoptère, un jet et un avion multimoteurs. Enfin, la phase 4 est le moment où le pilote est muté à un Escadron opérationnel.

D’après les dernières données compilées, les Forces armées canadiennes comptent 15 081 femmes dans leurs rangs. Seulement 2910, ou 19,3 %, d’entre elles font partie de l’Aviation royale du Canada. De ce nombre, 81 sont pilotes.

«C’est dans ces moments que nous nous rendons compte de l’importance de notre travail, pour sauver des vies, pour empêcher qu’une situation ne s’aggrave» - Marie-Hélène Marseille

CP-140 Aurora

©Forces armées canadiennes - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Un avion C-140 Aurora, comme celui qu’a piloté Marie-Hélène Marseille.

Missions et horaires chargés

Actuellement, le major Marseille fait partie de l’opération Impact à l’extérieur du pays. Elle pilote un CC-130 Hercules, un avion à quatre moteurs à hélices affecté au transport de troupes, de cargo, à la recherche et sauvetage. En 2011, elle pilotait un CP-140 Aurora dans le cadre de l’opération Mobile. «Cette opération constituait la réponse du Canada au soulèvement populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi», peut-on lire sur le site web de la Défense nationale et Forces armées canadiennes.

Chaque mission couvre une période de six mois avec une pause de deux semaines au milieu de la mission. Les horaires de travail peuvent varier de 10 à 20 heures par jour sept jours par semaine.

Servir et faire une différence

Si vous parlez à Marie-Hélène Marseille de son parcours impressionnant, elle demeurera bien humble. Pour elle, la plus grande satisfaction professionnelle réside dans le travail d’équipe.

«Quand tout le monde s’assoit à la même table et met ses différences de côté pour la réussite de la mission, c’est beaucoup plus gratifiant, a-t-elle fait observer. Ce n’est pas moi, ce n’est pas toi, c’est l’opération qu’on réalise ensemble.»

Marie-Hélène Marseille

©Gracieuseté - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Servir et faire la différence sont deux priorités pour la major Marie-Hélène Marseille.

Depuis qu’elle a obtenu ses «ailes», une qualification militaire, en 2010, le major Marseille a participé à de nombreuses missions. Parmi celles-ci figurent de la recherche et sauvetage, en collaboration avec la Marine royale et avec Pêches et Océans Canada, ainsi que des missions à l’extérieur du pays. Elle se trouve d’ailleurs à l’étranger en ce moment.

«Le mot servir prend vraiment tout son sens quand on est sur le terrain, a-t-elle confié. Quand on voit la différence que notre travail peut apporter aux gens, à notre pays. Quand, des airs, nous coordonnons des recherches avec la police, avec la milice au sol, pour un avion écrasé, des personnes égarées, des bateaux en difficulté. Récemment, nous avons collaboré avec un Airbus pour approvisionner un jet en carburant. C’est dans ces moments que nous nous rendons compte de l’importance de notre travail, pour sauver des vies, pour empêcher qu’une situation ne s’aggrave.»

Des femmes et des chiffres

  • Femmes dans les Forces: 15 081
  • Femmes major et capitaine de corvette: 990
  • Femmes officiers supérieurs: 10
  • Femmes dans l'aviation royale: 2910
  • Femmes pilotes: 81

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