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07 mars 2019

Marc-André Gemme - magemme@lexismedia.ca

Quand les infirmières doivent laver les toilettes et gérer des bananes

Annick Bédard infirmière natalité la sarre

©Photo L'Éclat / Le Citoyen – Marc-André Gemme

Annick Bédard affirme qu’elle a quitté l’hôpital parce que ses conditions de travail étaient devenues inhumaines.

La fermeture du service d’obstétrique à La Sarre a permis à la population d’Abitibi-Ouest de se manifester, mais du coup, on en apprend beaucoup sur les conditions de travail du personnel infirmier, qui font en sorte que plusieurs infirmières ont décidé de quitter le domaine pour s’orienter ailleurs.

Annick Bédard travaillait jusqu’à tout récemment comme infirmière en natalité. Elle a quitté le système de santé parce qu’elle était à bout de souffle et qu’elle n’aimait plus les tâches qui lui étaient imposées. 

«À Rouyn-Noranda, par exemple, ils ont du staff pour les accouchements et pour le post-partum, a-t-elle indiqué. À La Sarre, c’est deux infirmières qui font le pré et le post-partum, mais elles s’occupent aussi de la pédiatrie, des cas de gynécologie, en plus des adultes qui sont couchés dans les lits de pédiatrie, mais qui ne sont pas calculés dans les statistiques.» 

Elle a cité un autre exemple des différences entre Rouyn-Noranda et La Sarre. «On n’a même pas le temps de faire des exercices pratiques comme on serait obligatoirement supposées faire parce qu’on doit aller aider en médecine. Mais à Rouyn-Noranda, ils ont une chambre dédiée à ces exercices pratiques et ils en font souvent. Je me souviens qu’une fois, on avait essayé d’en faire entre deux quarts de travail, mais on s’était fait ramasser par le coordonnateur. Est-ce que les infirmières d’obstétrique de La Sarre valent moins que celles de Rouyn-Noranda?», a-t-elle exposé. 

Faire le travail des préposés 

«Moi, je sais qu’un mécanicien, c’est un mécanicien et qu’un électricien, c’est un électricien. J’en connais qui font les deux, mais normalement, chacun travaille dans sa spécialité. Et une infirmière en natalité, ça veut travailler en natalité», a lancé Annick Bédard. 

Elle a expliqué que le manque de personnel était rendu à un point tel que les infirmières devaient faire le travail des préposés aux bénéficiaires. «En natalité, ce sont les infirmières qui font les chambres, qui lavent les lits et les planchers, qui vident les poubelles, a-t-elle énuméré. Les préposés ne viennent pas en natalité parce qu’ils sont déjà dans le jus en médecine. On a toujours tout fait, mais on le faisait quand même avec plaisir. Le moment où l’on a perdu le plaisir, c’est quand on nous a dit qu’on allait non seulement laver les toilettes de la natalité, mais aussi celles de la médecine.» 

Gérer des bananes 

Employée à l’hôpital de La Sarre depuis 2006, Christine Moore connaît bien la réalité des infirmières. Depuis son entrée en poste à titre de députée fédérale, elle conserve toujours son poste en offrant quelques heures de travail de temps à autre. 

Elle a démontré plusieurs problèmes au niveau de la gestion de l’hôpital. «Quand vous avez fusionné, la liste de rappel s’est retrouvée à Amos. Ça s’est perdu quelque part que j’étais disponible de temps en temps pour venir aider. Pendant deux ans, j’appelais pour dire que j’étais disponible et les gens étaient super contents que je leur vienne en aide, mais on ne me rappelait jamais, a-t-elle raconté. Un moment donné je vous ai croisé [elle s’adressait à Yves Desjardins, PDG du CISSSAT] et je vous ai expliqué la situation. Ça s’est réglé, mais c’est vraiment pathétique que j’aie dû passer par le PDG d’un centre de santé pour qu’on finisse par accepter mon aide.» 

Elle a également relaté un événement qu’elle récemment vécu, alors qu’elle venait en aide à l’hôpital. 

«Lundi, je suis venue prêter main-forte comme assistante. Je n’avais pas de chef d’équipe, juste des filles avec des patients, a-t-elle relaté. La commis était en vacances, alors j’ai passé la moitié du mon quart de travail à répondre au téléphone pour des bananes qui étaient arrivées dans le monte-charge. Des choses qui ne sont pas vraiment pertinentes. On voit donc un problème majeur dans l’organisation du travail et je pense que la direction devrait trouver des solutions pour régler ces problèmes.» 

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