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10 mars 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Insomnie: une question de perception avant tout

AB-Insomnie

©Photo gracieuseté

L’insomnie est le trouble du sommeil le plus connu. Il en existe cependant près de 70, dont l’apnée du sommeil et le somnambulisme.

Alex Desautels, neurologue et directeur médical du Centre d’études avancées sur le sommeil de l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal, travaille quotidiennement avec les personnes qui souffrent de différents troubles d’un sommeil. L’insomnie est l’un des 70 troubles qui occupent son équipe.

Même si le sommeil est un élément important dans la vie d’une personne, le Dr Desautels déplore le fait que tout ce qui l’entoure est encore très peu enseigné dans les facultés de médecine.

Avant toute chose, il a tenu à définir ce qu’est l’insomnie. «L’insomnie ce n’est pas le fait d’être privé de sommeil, a-t-il expliqué. C’est une impression subjective de ne pas avoir un sommeil de qualité. C’est une plainte que la personne formule à l’effet que son sommeil n’est pas bon. On ne fait pas référence à la quantité de sommeil.»

Une personne qui ne dort que quatre ou cinq heures par jour peut ainsi très bien avoir un sommeil de qualité et ne pas s’en plaindre. «Dans la population en général et particulièrement chez les insomniaques, il est difficile d’avoir une bonne perception du temps et de la qualité de son sommeil, a expliqué Dr Desaultels. Les insomniaques vont avoir tendance à croire que ça leur prend beaucoup plus de temps qu’en réalité pour s’endormir et vont sous-estimer leur temps de sommeil.»

Même s’il n’est pas obligatoire de subir une batterie de tests pour recevoir un diagnostic d’insomnie, il arrive à l’équipe du Dr Desautels d’en évaluer à l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal.

«À l’aide d’électrodes placées sur la tête des patients, nous sommes en mesure d’identifier à quel moment ils dorment et quand ils sont éveillés, a-t-il décrit. Nous constatons souvent qu’ils ont plus dormi que ce qu’ils estiment. C’est pour ça que l’enregistrement du sommeil en laboratoire n’est pas nécessaire pour établir un diagnostic. Par contre, cela a une certaine vertu thérapeutique parce que les insomniaques croient qu’ils ne dorment pas assez. Lorsque nous démontrons le contraire, ç’a un aspect rassurant pour eux.»

«Il est difficile d’avoir une bonne perception du temps et de la qualité de son sommeil» - Dr Alex Desautels

Classification diversifiée

Selon le Dr Desautels, il est possible de classer l’insomnie selon trois types précis: l’insomnie d’initiation, où la personne a de la difficulté à s’endormir; l’insomnie de maintien, où la personne va se réveiller au cours de la nuit, et l’insomnie terminale, où la personne s’endort facilement, mais va se réveiller en fin de nuit. Par exemple, la personne va se réveiller à 4h du matin, alors qu’elle aurait pu dormir jusqu’à 7h.

Symptômes diurnes et nocturnes

La personne souffrant d’insomnie va vivre des périodes d’éveil, de l’attente de l’arrivée du sommeil, un éveil précoce ainsi que de l’insatisfaction de son sommeil en général. Elle sera également affectée le jour par ses problèmes d’insomnie.

«Elle va être plus fatiguée que somnolente, avoir moins d’énergie, ressentir des symptômes anxieux ou dépressifs, éprouver de l’inconfort abdominal et des maux de tête. Elle sera aussi préoccupée par son sommeil» a énuméré le neurologue.

Conséquences de l’insomnie

Il n’est pas possible de connaître les conséquences à long terme de l’insomnie. Celles d’une privation de sommeil, qui veut dire manquer de sommeil, sont mieux documentées: diminution de l’immunité, augmentation des risques de maladie cardiovasculaire, troubles de l’attention et troubles de concentration.

L’important, c’est qu’une personne aux prises avec des problèmes d’insomnie en discute avec son médecin. «Si elle n’est pas satisfaite du traitement proposé, elle peut demander d’être référée dans une clinique spécialisée comme la nôtre», a conclu le Dr Desautels.

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