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16 mars 2019

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Nuages noirs sur Nemaska Lithium

La société pourrait faire face à un recours collectif

Nemaska_Lithium_concentrateur_Whabouchi

©Nemaska Lithium

Nemaska Lithium vise toujours la production d’environ 213 000 tonnes de concentré de spodumène par année à sa mine Whabouchi, et ce, pour une période de plus de 33 ans.

Alors qu’elle devra ajouter 375 M $ à son montage financier de 1,1 milliard $ pour mener à bien son projet de mine de lithium Whabouchi, Nemaska Lithium pourrait faire face à un recours collectif.

Les nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la société basée à Québec. À la mi-février, celle-ci a annoncé qu’elle aura besoin d’un financement supplémentaire d’environ 375 M $ pour compléter la construction de la mine Whabouchi, en Jamésie, et une usine électrochimique de production de carbonate et d’hydroxyde de lithium à Shawinigan. Ces fonds sont aussi requis pour lui permettre de respecter ses obligations financières.

«Nous en sommes à évaluer différentes options qui permettront à des actionnaires existants, à de nouveaux actionnaires ainsi qu’à des partenaires du projet de participer, a indiqué le PDG de Nemaska Lithium, Guy Bourassa, par voie de communiqué. Notre objectif demeure la clôture du financement nécessaire à temps pour garder le cap, soit de terminer la construction de la mine en octobre 2019, puis de procéder à la première expédition de concentré de spodumène en décembre 2019, suivie de la mise en service de l’usine de Shawinigan l’année suivante.»

Les frais d’installation coûtent cher

À l’origine, le projet Whabouchi devait nécessiter environ 1,1 milliard $. Le financement a été bouclé le 8 mai 2018. Au 31 décembre, 138,4 M $ avaient été engagés pour la mine et 67,3 M $ pour l’usine électrochimique. Or, une récente réévaluation des coûts, basée sur des ententes finales et des soumissions reçues plutôt que sur des estimations, a fait grimper la note.

«Ce financement supplémentaire est principalement lié aux frais d’installation et aux charges indirectes, a expliqué M. Bourassa. En revanche, les coûts directs, en grande partie attribuables à l’achat d’équipement, demeurent conformes au budget initial.»

L’annonce a cependant été très mal accueillie sur les marchés boursiers. En l’espace d’une journée, l’action de Nemaska Lithium a perdu 35 % de sa valeur.

Les prix s’effondrent

Il faut dire que le contexte entourant le lithium a beaucoup changé en l’espace d’un an, alors que quatre nouvelles mines de spodumène ont démarré leurs activités en 2018. Le concentré de spodumène, qui valait environ 900 $ US la tonne en 2018, s’est stabilisé aux alentours de 700 $ US la tonne au début de 2019.

Du côté de l’hydroxyde de lithium et du carbonate de lithium de qualité batterie, la chute a été encore plus dramatique. Pour l’hydroxyde, la valeur de la tonne est passée de 20 000 $ US à 16 000 $. Pour le carbonate, les prix ont diminué de moitié, alors que la tonne ne se vend plus qu’à 12 000 $ US.

Fin d’une entente d’approvisionnement

Comme si ce n’était pas suffisant, Nemaska Lithium a fait savoir, cinq jours après son annonce d’un besoin de 375 M $ supplémentaires, qu’elle sera contrainte de mettre fin à une entente pluriannuelle avec la société étasunienne Livent Corporation pour la livraison de 28 000 tonnes de carbonate de lithium à compter du 1er avril. Les négociations visant à amender cette entente n’ayant pas abouti, Nemaska Lithium a exercé son droit contractuel d’y mettre fin.

Par conséquent, elle devra rembourser les 10 M $ US que Livent Corporation lui avait payés en avril 2017, plus 10 M $ US supplémentaires en frais compensatoires. Livent Corporation a fait savoir qu’elle soumettrait l’affaire en arbitrage.

Grogne chez certains actionnaires

Ces récentes annonces et décisions ont généré de l’insatisfaction chez les actionnaires de Nemaska Lithium. Dans des groupes de discussion miniers, certains évoquent à présent la possibilité d’intenter un recours collectif pour cause de mauvaise gestion. D’autres proposent la démission ou le renvoi du PDG et un remaniement en profondeur du conseil d’administration et de l’équipe de gestion.

Pas de réelle surprise

D’autres font cependant remarquer que pour des projets de l’envergure de Whabouchi, les dépassements de coûts ne sont pas exceptionnels. C’est encore plus le cas lorsque de nouvelles technologies entrent dans l’équation. Citant un rapport publié en novembre 2018 par Nemaska Lithium, un actionnaire a d’ailleurs rappelé que la société avait évoqué la possibilité d’un dépassement de coûts.

«Dans ce cas, nous n’aurions pas suffisamment de fonds pour remplir les obligations requises pour passer à la production commerciale, ce qui pourrait retarder le projet ou en suspendre le développement pour une durée indéterminée», avait prévenu Nemaska Lithium.

Commentaires

19 mars 2019

Jacques Arel

Dans une tél situation je. Pense un changement au niveau du conseil d administration serait à prévoir

19 mars 2019

ghislain valiquette

c est la meme chose avec la mine de diamant ,ca marche juste a coup de subventions

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