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14 avril 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Une pionnière de la communauté LGBT+ récompensée

Pauline Clermont

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Pauline Clermont est l’une des membres fondatrices de la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue.

Après une trentaine d’années à militer pour la cause de la communauté LGBT+ dans la région, la Rouynorandienne Pauline Clermont sera récompensée pour son implication et sa dédication pour la cause, lors du Gala Phénicia, le 30 mai prochain, à Québec. 

Bien qu’elle n’en soit pas à son premier prix pour l’ensemble de son travail, Pauline Clermont était surprise lorsqu’elle a appris qu’elle faisait partie des 16 personnes sélectionnées de différents secteurs socio-économiques, dont l’impact positif pour les personnes et communautés LGBT+ et la société québécoise  

«Je n’y croyais pas, admet-elle. Parmi les gagnants, il y a des chercheurs connus, alors évidemment, je me demandais ce que je faisais parmi ces personnes!» 

Malgré tout, par envie de faire honneur à la région, Pauline Clermont a décidé d’accepter cette récompense. 

«Je vais être la seule personne de la région à y être et j’en suis très honorée», confie-t-elle. 

Faire tomber les barrières 

Il faut dire que Pauline Clermont aura été une pionnière pour la communauté LGBT+ dans la région. 

Infirmière à l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue pendant 25 ans, la Rouynorandienne a rapidement pris les armes pour aider ceux et celles dont l’identité sexuelle divergeait du format traditionnel. 

«Tout a commencé en 1985 lors de l’épidémie de sida, raconte Pauline Clermont. Ça visait surtout les homosexuels et tout de suite j’ai cherché des solutions. Je voulais qu’on travaille pour prévenir les gestes à risque et qu’on améliore les soins offerts au lieu de pointer les victimes du doigt. Si on recule 30 ans en arrière, il y avait beaucoup de préjugés.» 

Dès 1994, l’infirmière a mis sur pied des formations pour les membres du système de santé, mais aussi pour tous les secteurs publics. 

«Nous avons eu des policiers ou encore des enseignants, raconte Mme Clermont. Je voulais apporter une nouvelle vision des gais et lesbiennes. Nous avions toujours des groupes de 25 à 30 personnes, ce qui n’est pas rien.» 
Elle est ensuite devenue, grâce à son implication, responsable de la création d'une clinique régionale de soins intégrés en VIH/sida en 1999, première clinique interdisciplinaire dans ce domaine en région éloignée. 

Coalition 

Ensuite, elle a contribué, en 2003, à la création de la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue (à l'époque Coalition d'aide aux lesbiennes, gais et bisexuel-les de l'Abitibi-Témiscamingue). 

«C’est sûr qu’à certains rassemblements, étant hétérosexuelle, je me demandais ce que je faisais là ou si j’avais vraiment ma place, souligne Pauline Clermont. Mais, en fait, tous ceux et celles qui sont ouverts d’esprit et prêt à défendre les droits des autres sont les bienvenus.» 

L’ancienne infirmière agit désormais en tant que bénévole pour la Coalition. 

«Pour moi, le respect des autres et l’acceptation des différences font partie de mes valeurs fondamentales.»  - Pauline Clermont   

Un bilan positif 

Ayant vu la cause de la communauté LGBT+ évoluer au fil du temps, Pauline Clermont peut tirer un bilan positif pour ce qui est du travail qui a été fait en région. 

«Nous avons maintenant des événements comme le Festival Fierté Val-d’Or et des groupes créés spécialement pour eux et ça, c’est fantastique, croit-elle. La communauté va mieux et est devenue très forte.» 

Toutefois, en regardant la situation à plus grande échelle, soit à l’internationale, Mme Clermont admet qu’il reste beaucoup de travail à faire. 

«Certains événements tragiques qui ont eu lieu au cours des dernières années nous prouvent que l’on ne doit pas arrêter de se battre et de continuer à faire valoir les droits de cette communauté», estime-t-elle. 

Maintenant, les deux principaux combats de la communauté LGBT+, du moins au Québec, sont les enjeux touchant les personnes trans et les aînés. 

«Je désire plus que tout qu’il y ait enfin une reconnaissance pour des services aux personnes trans dans le budget québécois, indique la Rouynorandienne. C’est rendu moins pire, mais encore beaucoup de jeunes quittent les régions puisqu’ils n’ont pas de soins pour leur transition. De plus, les aînés de la communauté vivent parfois de l’isolement et il faut que les services, que ce soit dans les résidences ou les hôpitaux, s’adaptent.» 

«L’ignorance et l’isolement sont les pires choses», conclut Pauline Clermont. 

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