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03 mai 2019

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Le CISSS se dirige vers un nouveau déficit de 23 M $

Claude Morin CISSS

©Martin Guindon - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Claude Morin, président du conseil d’administration du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue.

SANTÉ. Le Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS) se dirige vers un nouveau déficit de 23 M $ pour l’exercice financier qui s’est terminé le 31 mars dernier.

C’est ce qui a été indiqué lors de la séance du conseil d’administration tenue le 2 mai à Amos. Le CISSS a réalisé un déficit semblable l’année dernière. Une aide ponctuelle de 22 M $ du ministère de la Santé l’avait ramené à 1,1 M $. Le budget annuel du CISSS s’élève à plus de 500 M $.

«On est autour des mêmes chiffres, mais la nature du déficit a changé. La transformation réalisée en cours d’année a fait en sorte que le nombre d’heures travaillées a nettement diminué. Mais puisqu’on a plus de main-d’œuvre indépendante, les coûts associés aux heures travaillées sont plus grands. Si on n’avait pas fait cette transformation, notre déficit serait de l’ordre de 30 M $», a précisé en entrevue Caroline Roy, présidente-directrice générale adjointe.

Une bonne partie de la hausse des coûts au cours de la dernière année serait donc attribuable à l’utilisation accrue de la main-d’œuvre provenant des agences privées, mais aussi des heures supplémentaires et de l’assurance salaire, en grande partie en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

«Peut-on travailler à faire en sorte que nos employés aient une bonne qualité de vie et que nos directions soient supportées?» - Claude Morin

Déficit structurel

Le CISSS continue d’affirmer qu’une grande partie de son déficit est structurel. «C’est-à-dire que malgré le fait qu’on va améliorer nos pratiques et nos services pour tendre à diminuer nos coûts, il va toujours rester un 12 à 16 M $ qui sera associé à notre réalité régionale. Nous avons certains coûts que n’ont pas les établissements qui œuvrent dans une région moins éclatée ou éloignée que la nôtre», a affirmé Caroline Roy.

Elle cite en exemple les déplacements des usagers vers les grands centres, dont les coûts sont assumés par le CISSS. «Le budget n’est pas ajusté en fonction des coûts réels, alors on se retrouve toujours avec un dépassement important (4,6 M $ en 2017-2018)», fait-elle valoir.

Hausser le financement

La solution reposerait donc sur un rehaussement du financement du CISSS par le Ministère. «Autant pour l’année à venir que l’année qui vient de se terminer, on relance le gouvernement. Toute aide financière sera la bienvenue, mais ce qu’on souhaite, c’est d’avoir minimalement une reconnaissance de nos coûts associés à notre réalité régionale. On a aussi présenté un plan qui est en attente d’approbation pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2022», souligne Caroline Roy.

Pour le président Claude Morin, ça tombe sous le sens, d’autant plus que son conseil d’administration entend protéger le modèle régional. «Depuis quatre ans, notre déficit se situe autour de 20 et 25 M $. La démarche qu’on s’apprête à faire auprès de la ministre de la Santé (Danielle McCann), c’est demander ce montant-là de façon récurrente. Peut-on accepter que depuis la création du CISSS, en dépit de tous les efforts qu’on fait pour améliorer les pratiques, et on va continuer d’en faire, il manque toujours 20 à 22 M $? Peut-on régler le problème une fois pour toutes? Je pense qu’on va avoir une bonne écoute de la ministre», avance-t-il.

 

L’appui des préfets

Le CISSS peut déjà compter sur l’appui de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, qui a réitéré le 2 mai l’importance de maintenir et défendre le modèle régional en santé. «Malheureusement, nous avons un manque important de financement, car le Ministère ne tient pas compte de nos réalités, de l’importance d’une gouvernance de proximité, de la répartition géographique de nos populations, et ce, dans une région qui avoisine la superficie d’un pays comme la Belgique. Les formules comptables de Québec s’arriment rarement bien avec nos véritables besoins», affirme notamment Pierre Corbeil, préfet de la MRC de la Vallée-de-l’Or.

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