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18 juin 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Le retour aux études inspirant des sœurs Papatie

Alanah Papatie Wabigoni Papatie

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Les sœurs Alanah et Wabigoni Papatie ont fait un retour aux études couronné de succès.

Wabigoni et Alanah Papatie sont devenues des modèles de persévérance aux yeux de tous. À respectivement 31 et 26 ans, les deux sœurs, qui ont reçu la mention d’honneur au Gala Mëmëgwashi le 31 mai dernier, ont mis les bouchées doubles au cours des dernières années pour obtenir leur diplomation en tant qu’infirmières. Comme quoi les rêves se réalisent lorsqu’on y met tout son cœur et son énergie.

Issues d’une famille de sept enfants, les deux sœurs n’ont pas eu un parcours ni une enfance atypique. 

Lorsqu’elles étaient jeunes, leurs trois sœurs, leurs deux frères et elles-mêmes devaient vivre dans une famille scolaire à Val-d’Or durant la semaine, puisqu’il n’y avait pas d’école dans les communautés du Lac-Simon et de Kitcisakik à cette époque. 

Ensuite, dû à diverses situations familiales, la fratrie s’est retrouvé séparée et envoyée dans divers endroits différents. 

Pourtant, c’est l’un de ces foyers qui a poussé Alanah à foncer la tête la première dans ses rêves. 

«J’ai vécu avec une dame qui était plutôt sévère, se souvient Alanah. Aujourd’hui, je lui en suis très reconnaissante, car elle m’a toujours poussée à vouloir faire de longues études et à être disciplinée. Elle est malheureusement décédée désormais, mais j’ai rencontré son fils il y a quelque temps et il m’a dit que si elle pouvait me voir maintenant, elle serait très fière. Ça m’a beaucoup touchée.» 

Pour Wabigoni, c’est sa situation financière à 25 ans qui lui a donné envie de changer de vie. 

«J’étais sur le bien-être social, raconte-t-elle. J’ai réalisé que ça ne me permettait pas d’avoir une super qualité de vie ou de me gâter moi ou mon fils. Je voulais être vraiment indépendante.» 

Wabigoni a débuté sa démarche en retournant sur le marché du travail pendant un an avant de décider de poursuivre des études. 

Bien des sacrifices 

Poursuivre des études postsecondaires, ce n’est pas de tout repos. Pour Wabigoni, qui était déjà mère et Alanah, qui a eu ses enfants pendant ses études, concilier la vie familiale et étudiante n’a pas été de tout repos. 

«Je sais que ç’a été difficile pour mon fils par moment, car j’étudiais beaucoup, se souvient Wabigoni, qui a mis la main sur les diplômes d’études professionnelles (DEP) pour être préposé aux bénéficiaires et infirmière auxiliaire. Aujourd’hui, il a 10 ans et je sais qu’il comprend déjà pourquoi j’ai fait tout ça. Ça a nécessité beaucoup de sacrifices, mais je suis très fière d’où je suis maintenant.» 

«Je suis retournée au Cégep deux semaines après avoir accouché de ma première fille, raconte pour sa part Alanah, qui a obtenu son diplôme en soins infirmiers au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue en mai dernier. Mon parcours a été plus long puisque j’ai eu mes deux enfants en même temps. Moi aussi, j’ai dû être souvent absente de la maison, mais je savais que tout ce que je faisais, c’était pour mes filles. Quand elles seront plus grandes, je pourrai leur expliquer que j’étais à l’école pour leur offrir une stabilité et une belle vie.» 

Une nouvelle vie 

Aujourd’hui, les deux sœurs sont fières de tout le chemin parcouru. Les épreuves et les réussites qu’elles ont vécues leur ont prouvé une chose. 

«Quand tu travailles fort et que tu y crois, tu peux réaliser tes rêves, estime Wabigoni. C’est ce que j’enseigne à mon fils, pour qu’il continue ses études et persévère. Quand je regarde tout ce que j’ai réussi à accomplir, je me dis que tous les sacrifices en ont valu la peine.» 

Wabigoni travaille désormais en tant qu’infirmière auxiliaire dans la communauté de Kitcisakik. Alanah, elle, travaillera cet été au Centre hospitalier de Val-d’Or. Cet automne, elle devra réussir l’examen pour être membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. De plus, elle désire poursuivre ses études à l’université. 

«J’attends des nouvelles pour ma demande d’admission, précise Alanah. Je veux continuer d’apprendre de nouvelles choses et d’avoir le plus de connaissances possibles pour m’ouvrir des portes sur le marché du travail.» 

Alanah Papatie Wabigoni Papatie

©Gracieuseté - Paul Brindamour

De gauche à droite: Sharon Hunter, membre du conseil d’administration du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, Alanah Papatie, Wabigoni Papatie et Oscar Kistabish, président du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, lors du Gala Mëmëgwashi.

Gala Mëmëgwashi 

Le 31 mai dernier, Alanah et Wabigoni Papatie ont reçu la distinction de la mention d’honneur lors du Gala Mëmëgwashi du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or pour leur parcours scolaire. «J’étais vraiment étonnée, mais aussi très contente lorsque j’ai su qu’on avait été choisies, assure Wabigoni. C’était très gratifiant comme moment!» Plus d’une centaine d’étudiants de tous les âges étaient récompensés lors de cette grande soirée. 

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