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12 juillet 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Les camionneurs qui œuvrent dans l’ombre des mines

camionneur mines

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Stéphane Chalifoux a été un camionneur toute sa vie. Depuis quatre ans, il travaille pour Transport Nord-Ouest, à Val-d’Or.

Pendant dix heures par jour, et ce, dès 3h du matin, Stéphane Chalifoux sillonne la route 117 à bord de son semi-remorque-citerne pour transporter du concentré d’or de la mine Goldex à celle de LaRonde. Un métier primordial au bon fonctionnement des minières, mais qui comporte des risques et des préjugés.

Camionneur depuis maintenant quatre ans pour Transport Nord-Ouest à Val-d’Or, Stéphane Chalifoux, 51 ans, a une routine de travail bien particulière. À chaque début de quart de travail, qui commence au petit matin, le travailleur doit tout d’abord examiner son camion semi-remorque-citerne pour s’assurer que tout est en ordre.

«J’ai une liste de choses à vérifier, explique le Valdorien. Je dois m’assurer, par exemple, que tous mes 26 pneus sont assez gonflés et qu’ils sont en bon état. Ça peut être très dangereux si quelque chose ne va pas.»

Ensuite, le camionneur débute sa tournée en se rendant tout d’abord sur le site de la mine Goldex, d’Agnico Eagle, pour remplir sa citerne de concentré d’or. «Je peux la remplir avec 40 200 kilos de concentré d’or, indique M. Chalifoux. Au total, avec le poids de mon camion, je prends ensuite la route avec 57 500 kilos.»

Le camionneur doit ensuite se rendre à LaRonde pour vider sa citerne. Cette opération, qui consiste à effectuer des allers-retours entre les deux sites, se fera à cinq répétitions durant la journée.

Beau temps, mauvais temps

Pour les camionneurs, le temps qu’il fait peut être un ennemi comme un allie. Qu’il y ait du verglas ou un grand soleil, ces conducteurs doivent tout de même prendre la route pour permettre aux minières de continuer leurs activités.

«Si je décidais de ne pas y aller aujourd’hui, ça serait problématique pour les mines, assure Stéphane Chalifoux. Eux, leur production continue, alors si on ne vient pas, ça va déborder. À moins qu’il soit décidé que leur usine soit fermée pour un shutdown, on doit toujours y aller.»

Durant l’été, le Valdorien n’est pas tellement stressé par la température. Cependant, l’hiver, ça se corse. «C’est une tout autre réalité, admet-il. Les virages, surtout, sont inquiétants. L’hiver dernier, j’ai senti que je perdais un peu la maîtrise de mon véhicule dans une courbe. Je n’ai pas eu d’accident, mais j’ai vécu la peur de ma vie!»

Patience et prudence

Ce que le camionneur déplore le plus, c’est l’impatience des autres automobilistes sur la route. «Lorsque je sors de la mine Goldex, par exemple, mon camion semi-remorque prend beaucoup de temps à démarrer et à prendre de la vitesse puisque mon poids est énorme, précise Stéphane Chalifoux. Les conducteurs derrière moi s’impatientent. Il y en a qui me dépassent à toute vitesse et pas toujours de manière légale, car ils me trouvent lent.

«La réalité, c’est que mon véhicule ne peut pas augmenter sa vitesse aussi rapidement qu’une petite voiture normale, ajoute-t-il. Aux feux de circulation, lorsque je dois faire un arrêt complet sur une lumière rouge, ça me prend pas mal plus de temps à redémarrer lorsque le feu passe au vert.»

Le Valdorien aimerait que les autres automobilistes soient également plus sécuritaires lorsqu’ils sont près des camions sur la route. «Il y a une façon de nous dépasser, indique M. Chalifoux. Si tu fais une manœuvre dangereuse, ce n’est pas moi qui vais me faire ramasser, c’est toi. Je ne veux pas avoir à vivre des tragédies qui coûteraient la vie d’autres personnes. Pourtant, j’en vois beaucoup trop qui sont téméraires sur la route.»

Pour le camionneur, une relation respectueuse doit régner entre les conducteurs de petits comme de gros véhicules sur la route 117 pour éviter des drames.

«Soyez prévoyants lorsque vous voyez un camion semi-remorque qui s’approche. Est-ce qu’il y a un cycliste d’un des côtés de la route qui pourrait pousser le camionneur à se déplacer de sa voie? Est-ce qu’il y a une courbe très prononcée? Tous ensemble, on peut être plus attentifs pour la sécurité de tout le monde», conclut Stéphane Chalifoux.

Grâce à un casque, Stéphane Chalifoux peut rester en contact avec ses collègues et son patron, tout en conduisant.

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