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23 août 2019

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Anthony Gauthier a utilisé un taser sur sa conjointe

Il écope d’un an de prison pour violence conjugale

Anthony Gauthier

©tirée de Facebook

Anthony Gauthier a été condamné à un an de prison pour avoir notamment utilisé un taser sur son ex-conjointe.

Anthony Gauthier, 23 ans, a été reconnu coupable de voies de fait et de voies de faits causant des lésions dans un contexte de violence conjugale au Palais de Justice de Rouyn-Noranda, le 20 août.

L’homme, qui avait 21 ans au moment des faits, s’est livré à plusieurs voies de faits sur son ex-conjointe. Un des premiers événements est survenu en janvier 2017, quelques temps après la naissance de leur enfant. Ayant consommé de la cocaïne, l’accusé avait, dans la soirée, mis un oreiller sur la tête de sa victime.

Un autre événement est survenu par la suite à La Sarre, toujours en 2017. Après avoir traité sa conjointe de bonne à rien, il s’était assis près d’elle, sur le lit, puis il lui avait pris le cou à deux mains et avait serré.

Mais Gauthier ne s’est pas arrêté là. À McWatters, l’homme a utilisé un taser sur sa partenaire en tentant de lui faire avouer qu’elle l’avait trompé, ce qu’elle a toujours nié.

Crédibilité

Lors du procès, la crédibilité de la conjointe a été mise à mal. L’avocat de la défense, Me Ratha Heang, a notamment souligné qu’aucune photo des marques de taser n’avait été produite par les policiers. La victime n’aurait pas non plus révélé à sa travailleuse sociale les sévices qu’elle subissait.

De plus, dans des dépositions à la police, elle aurait indiqué que son conjoint n’était pas violent. Elle aurait également porté plainte contre une autre personne pour un œil au beurre noir que son conjoint lui aurait fait.

La victime a soutenu qu’elle avait fait cela pour protéger son ex-conjoint et qu’elle était sous son emprise.

De plus, l’ex-conjointe aurait maintenu des échanges Facebook avec son ancienne flamme.

Malgré cela, le juge Richard Laflamme a indiqué que le Tribunal accordait une crédibilité à la victime. «Nous pouvons accepter son témoignage. Ses oppositions n’affectent pas sa crédibilité. Il s’agit d’une femme victime de violence et sous l’emprise d’un conjoint violent. Les explications qu’elle fournit vont de pair avec une telle situation», a-t-il évoqué.

Le juge a aussi souligné que des gens avaient été témoins de différents actes reprochés à Gauthier et que leur crédibilité n’avait pas été contestée.

Consécutives ou concurrentes?

La procureure de la Couronne, Me Mélissa Plante, a plaidé que plusieurs facteurs aggravants étaient présents dans cette cause.

«La gravité objective est élevée: on parle de violence conjugale et d’événements répétés. Il y a aussi eu des conséquences sur la victime. Dans sa déclaration, on peut lire à six reprises le mot peur. Il y a un risque de récidive, et je ne dénote aucun facteur atténuant» - Me Mélissa Plante

Elle a réclamé une peine de prison de 12 mois pour les voies de faits ayant causé des lésions ainsi que de 4 et de 2 mois pour chacun des autres chefs de voies de fait. Elle a fait valoir que les sentences devaient être consécutives, pour une peine globale de 18 mois de prison assortie d’une probation surveillée de 3 ans.

Me Heang était, pour sa part, d’accord avec les peines pour chacun des chefs, mais il a fait valoir que celles-ci devaiennt être concurrentes et non consécutives, ce qui allait donner une peine globale de 12 mois de détention.

«Dans ce dossier, il y a des infractions répétées, mais très rapprochées dans le temps. Les événements se sont déroulés rapidement. Il n’y a pas de preuve d’une emprise physique ou psychologique constante dans le temps. Ce n’est pas une justification, mais l’accusé et la victime avaient une relation conflictuelle, on and off. La violence n’a pas été constante et répétée dans le temps. La sentence demandée n’est pas déraisonnable, mais une peine concurrente me semble plus appropriée», a-t-il soutenu.

«Elle n’a pas à avoir peur de représailles»

Avant que le juge ne rende sa sentence, Anthony Gauthier a tenu à s’exprimer. «Je suis conscient de mes problèmes. J’avais entrepris une thérapie avant mon arrestation. Depuis que je suis en détention, je complète des programmes en gestion de la colère. Je dois aussi régler mes problèmes de consommation», a-t-il signalé.

«J’ai aussi lu la déclaration de la victime. Je voudrais lui dire qu’elle peut dormir l’esprit tranquille. Elle n’a pas à avoir peur de représailles. C’était normal de dénoncer et elle se devait de le faire», a-t-il ajouté.

Couper la poire en deux

Le juge Richard Laflamme a noté plusieurs facteurs aggravants: violence conjugale, utilisation d’un taser, risque de récidive et répétitivité des gestes. «Parmi les facteurs atténuants, vous n’êtes pas demeuré les bras croisés. Vous avez entrepris des programmes thérapeutiques. Il y a peut-être de l’espoir de ce côté», a-t-il précisé.

Le juge s’est rangé du côté de la défense en prononçant une sentence globale de 12 mois de prison pour l’ensemble du dossier. Il a ajouté un mois consécutif pour une accusation de menace de méfaits envers un casier postal.

Comme Anthony Gauthier purge déjà une peine d’emprisonnement, il amorcera sa détention dans le présent dossier lorsque sa sentence actuelle aura pris fin.

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