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25 septembre 2019

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

Signalements en forte hausse à la DPJ: «Ça nous préoccupe grandement»

Les besoins augmentent, mais le personnel manque

DPJ - Philippe Gagné

©Photo Le Citoyen - Dominic Chamberland

Le directeur régional et provincial de la DPJ, Philippe Gagné.

Leurs succès demeurent secrets, leurs échecs risquent d'être étalés sur la place publique.

Voilà l’un des aspects plutôt ingrats dans le travail des intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui, selon le rapport annuel de l’organisme, ont traité près de 3500 signalements en Abitibi-Témiscamingue en 2018-2019, pour une hausse notable de 12% par rapport à l’année précédente. Là-dessus, 1482 signalements ont été retenus, ce qui constitue une augmentation de 14% en l’espace d’un an.

Philippe Gagné, directeur régional et aussi directeur provincial de la DPJ, ne cache pas être interpellé par ces chiffres troublants, qui comprennent les abus de toutes sortes d’enfants dans leur milieu familial (physiques, sexuels, psychologiques, négligence ou autres). «Ça représente en moyenne 9,5 signalements par jour dans la région, fait remarquer M. Gagné.

«Malgré les pas de géant qui ont été faits au fil du temps et les milliers de jeunes qui ont profité des bienfaits de la Loi sur la protection de la jeunesse (qui a 40 ans cette année), le nombre d’enfants en situation de vulnérabilité ne cesse d’augmenter, ce qui nous préoccupe grandement. On surveille ça de près, reconnaît-il.

«C’est toujours une bonne chose quand les gens nous signalent une situation, mais en même temps, ces chiffres trahissent une grande détresse sur les conditions de vie de plusieurs enfants et une plus grande complexité des cas. Une recherche est d’ailleurs en cours à ce sujet; les résultats sont attendus pour 2020», mentionne M. Gagné.

Plusieurs postes à combler

Philippe Gagné souligne que l’objectif de la DPJ est d’inverser cette tendance. «Il faudrait pouvoir agir beaucoup plus tôt auprès des gens vulnérables, améliorer l’accessibilité à nos services et les faire connaître davantage. Notre but est d’aider les familles avant qu’une intervention ne soit requise», indique-t-il.

Et pour agir plus rapidement, la DPJ a besoin de plus d’intervenants. Si les budgets ont été augmentés pour embaucher du nouveau personnel, une bonne vingtaine de postes – avis aux intéressés – restent à combler au sein de l’organisme dans la région. En raison, on vous le donne en mille, de la pénurie de main-d’œuvre, qui frappe là aussi.

«Le défi en ressources est très important, convient M. Gagné. C’est un domaine énergivore où l’on doit améliorer les conditions d’exercice afin de le rendre plus attrayant. Pour ce faire, il faut revoir les standards de pratique, qui datent de 20 ans. Une bonne révision des standards, des horaires de travail, etc., devrait aider», estime-t-il.

Le décès d’une petite fille à Granby le printemps dernier a donné une image négative à la DPJ, qui pourtant, revendique probablement beaucoup plus de bons coups que de mauvais. «Nous sommes à la merci des événements. Oui, nos histoires à succès mériteraient sûrement d’être mieux connues, sauf que nous devons respecter la confidentialité des enfants», signale Philippe Gagné.

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