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09 janvier 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Transplanté deux fois d’un nouveau cœur

Daniel Chapman déjoue la mort à deux reprises

Daniel Chapman

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Daniel Chapman a eu la vie sauve grâce à deux greffes cardiaques.

Si recevoir un nouveau cœur est le combat de toute une vie pour certaines personnes, Daniel Chapman, lui, aura eu la chance d’en recevoir un à deux reprises. À 61 ans, le Senneterrien est un vrai miraculé en ayant reçu deux greffes du cœur, l’une à 40 ans et l’autre à 60 ans.

Le 22 janvier prochain marquera le premier anniversaire de la deuxième greffe de Daniel Chapman. «Chaque soir, je remercie les personnes qui m’ont permis de rester en vie, confie-t-il. Ma première greffe m’a donné la chance de voir mes enfants grandir et maintenant ce sont mes petits-enfants que je pourrai voir vieillir.» 

Une mauvaise santé 

Dès le départ, Daniel Chapman n’avait pas toutes les chances de son côté. En effet, son bagage génétique le prédestinait à avoir des problèmes cardiaques. 

«Du côté de ma mère, tout le monde est mort d’une crise cardiaque ou d’un problème au cœur, souligne M. Chapman. J’ai donc toujours été à risque à la base, mais je dois avouer que la façon dont je m’occupais de moi-même n’a rien aidé.» 

Durant la trentaine, le Senneterrien se souvient avoir pesé plus de 200 livres et d’avoir eu un mode de vie nocif pour sa santé. 

«Je mangeais sans arrêt, admet-il. Je travaillais dans un restaurant et je ne faisais pas attention. Je ne buvais et ne fumais pas, mais mon alimentation et mon train de vie ont été les éléments déclencheurs.» 

Un nouveau coeur 

Ainsi, avant l’âge de 40 ans, Daniel Chapman a survécu à trois crises cardiaques. C’est la dernière, qui était la plus grave, qui a sonné l’alarme chez lui et ses médecins. 

«Là, je n’avais plus le choix: il me fallait un nouveau cœur si je voulais vivre», indique M. Chapman. 

Après quelques mois à l’Hôpital Sacré-Cœur, le patient est transféré à l’Institut de cardiologie de Montréal pour recevoir son nouveau cœur. Le tout se déroule sans problème et quelques semaines plus tard, le Senneterrien peut retourner chez lui. 

«Tu prends une bonne prise de conscience, confie-t-il. J’ai perdu beaucoup de poids pendant mon séjour à l’hôpital et à l’Institut, mais ça m’a fait réaliser que je devais prendre soin de moi pour pouvoir être auprès des miens le plus longtemps possible.»

Daniel Chapman

©Gracieuseté

Daniel Chapman quelques heures avant sa deuxième greffe cardiaque, le 22 janvier 2018.

Seconde greffe 

Après sa première transplantation, les médecins ont prévenu Daniel Chapman qu’un nouveau cœur ne dure qu’une vingtaine d’années. «Certaines personnes m’avaient même dit que c’en était fini après 10 ans, ajoute-t-il. Lorsque ça a fait 9 ans, j’ai appelé mon cardiologue en panique, car j’avais peur de mourir.» 

Finalement, en 2016, au bout d’environ 17 ans après sa greffe, la santé et l’état de Daniel Chapman commencent à se détériorer graduellement. Mais c’est un incident survenu en automne 2017 qui a déclaré l’état d’urgence. 

«En octobre, peu après la chasse, j’étais en voiture avec ma femme, raconte-t-il. Pendant que je conduisais, j’ai commencé à ne pas me sentir bien, alors je me suis stationné sur le bord de la route pour qu’elle prenne le relais pour le reste du trajet. Je me souviens seulement avoir bouclé ma ceinture de sécurité et ensuite, je suis parti. Par chance, ma femme est infirmière, alors elle savait quoi faire et elle m’a fait plusieurs manœuvres de réanimation. Si j’avais été seul, je serais mort.» 

Daniel Chapman et sa conjointe, Sylvie Mirault, prennent alors la route de toute urgence vers le Centre hospitalier de Val-d’Or. Une lourde nouvelle tombe alors sur le couple et ses proches: il faut encore un nouveau cœur pour l’homme. 

«Tu te dis: j’ai déjà eu la chance d’en avoir un il y a 20 ans, qu’elles sont réellement les chances que je puisse en avoir un à nouveau?, se souvient-il avec émotion. En plus, il n’était pas question pour moi que je prenne le cœur d’une personne de 15 ans alors que j’avais 60 ans. Ça pourrait sauver la vie d’une personne bien plus jeune que moi.» 

Le destin aura de nouveau joué en faveur de l’ancien militaire. Quelques jours plus tard, un homme pratiquement du même âge que Daniel Chapman est décédé. 

«J’ai pris un vol avec airCreebec de Val-d’Or et le lendemain même, je recevais mon nouveau cœur», indique-t-il. 

Dès lors, une nouvelle vie débutait pour le Senneterrien. 

«Je n’aurai jamais assez de mots pour exprimer toute la gratitude que j’ai envers mes donneurs et leurs familles», conclut-il.

Daniel Chapman et Sylvie Mirault

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Daniel Chapman et sa conjointe Sylvie Mirault, qu’il considère comme son ange gardienne.

«Deux simples signatures m’ont sauvé la vie»  - Daniel Chapman

Ce que ses deux transplantations cardiaques ont appris à Daniel Chapman, c’est que la vie est courte et que notre temps est précieux. Pour lui, le cours de sa vie a été changé grâce à deux inconnus qui ont accepté d’offrir leurs organes après leur décès. 

«Avant mes deux greffes, personne dans ma famille n’avait signé sa carte pour les dons d’organes, admet Daniel Chapman. Pas parce qu’ils étaient contre ça, mais seulement parce qu’on n’ils n’y pensaient pas. On croit tout le temps que ça n’arrive qu’aux autres des accidents ou des malheurs. Mais le jour où c’est quelqu’un de proche qui a besoin d’un rein, d’un cœur ou d’un foie, ça te frappe.» 

Depuis, ses enfants comme ses petits-enfants sont tous sur la liste des donneurs en cas de décès. «Oui, c’est une tragédie de perdre un proche. Je comprends tout à fait ce que les familles peuvent ressentir, indique le sexagénaire. Mais, selon moi, que le décès d’une personne puisse permettre à une autre de vivre, c’est extraordinaire.» 

Donneurs 

L’identité des donneurs est toujours confidentielle. Ceux et celles qui réussissent à retracer les proches de la personne qui leur a offert un organe n’y parviennent pas avec l’aide des médecins. 

«Dans mon cas, lors de mes deux greffes, un accident était survenu juste avant mes transplantations, alors les liens se sont faits facilement. Peut-être que je me trompe, mais dans le cas de ma deuxième chirurgie, c’était très évident qui était mon donneur», précise-t-il. 

Bien qu’il n’ait jamais eu de réponses des familles, Daniel Chapman et ses proches ont toujours tenu à remercier les proches des donneurs d’avoir respecté leurs volontés d’offrir leurs organes. 

«C’est important pour moi qu’ils sachent à quel point je suis reconnaissant, indique-t-il. J’ai su que mon deuxième donneur avait permis de sauver sept vies au total grâce à ses organes! Vous vous rendez compte?» 

Profiter de la vie 

Avec un nouveau cœur en lui depuis le 22 janvier 2018, Daniel Chapman espère maintenant pouvoir couler des jours heureux et paisibles avec les siens. 

«Ma santé demeure fragile malgré tout et je sais que je peux mourir d’un moment à l’autre, confie-t-il. Toutes ces expériences m’ont fait réaliser à quel point la famille est importante. Mes proches ont toujours été là pour moi pendant les épreuves que j’ai traversées et aujourd’hui, j’ai la chance d’être encore avec eux. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais ce que je sais, c’est que notre temps est précieux et qu’on ne sait pas à quel point nous pouvons aider des gens, même lorsque nous ne sommes plus là.»

Commentaires

9 janvier 2019

Lorraine Desrosiers

Je suis très contente pour toi Daniel....une histoire triste qui finit bien...Je te souhaite une bonne convalescence et plusieurs belles années entouré des tiens....xxx

9 janvier 2019

Danielle Chapman

Nous autres aussi on est très reconnaissants :)

9 janvier 2019

Carolle Desrosiers

Je te souhaite la meilleure des chances pour le future, mes frères et toi étiez de très bon amis de jeunesse, alors je me souviens bien de toi .Profite-bien de ta famille car la vie ne tient qu'à un fil!

9 janvier 2019

Solange Perigny

Merci de nous partager ton histoire et surtout de nous sensibiliser à signer notre carte de dons d'organe . Pour nous, c'est fait depuis longtemps .

12 janvier 2019

Annie

Bonjour, C'est touchant de voir que nous ne sommes pas seul. Le 9 septembre 2017, mon mari a eu une transplantation cardiaque à l'âge de 39 ans suite à une crise de coeur massive. Nous ne voyons plus la vie de la même façon. Nous vivons chaques secondes au maximum et nous sommes reconnaissant qu'il soit parmis nous. C'est pas facile mais on se débrouille xxx merci de nous partager votre histoire.

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