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28 novembre 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Des forêts et des mythes sur les changements climatiques

Une conférence pour faire la part du vrai et du faux

AB-ForetMythes

©Photo Le Citoyen – Archives

Une bonne gestion des coupes et la plantation de nouveaux arbres doivent aller de pair afin d’aider la forêt à avoir un impact positif sur les changements climatiques.

Deux professeurs de l’Institut de recherche sur les forêts (IRF) de l’UQAT ont voulu déboulonner les mythes entourant les forêts et ceux rattachés aux changements climatiques.

Xavier Cavard et Miguel Montoro ont pris la parole dans le cadre du 21e Colloque de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, qui s’est déroulé les 27 et 28 novembre à Rouyn-Noranda. Ils voulaient ainsi clarifier le cycle du carbone ainsi que le rôle de la forêt dans la lutte aux changements climatiques. Certains mythes persistent et ils ont voulu les démystifier. 

«C’est un enjeu d’actualité qui a pris beaucoup d’espace dans les médias. Nous avions des experts à notre disposition pour clarifier certains éléments en utilisant des données scientifiques», a souligné l’agente de liaison pour l’IRF, Sophie Laliberté. 

Cycle du carbone 

Xavier Cavard, professeur sous octroi de l’IRF et titulaire de la Chaire institutionnelle UQAT-MFFP sur la gestion du carbone forestier, basée à Sept-Îles, a d’abord tenu à rappeler que toutes les émissions de CO2 ne se valent pas. 

«Un des mythes persistants porte sur les flatulences bovines, qui seraient les principales responsables du réchauffement de la planète, a-t-il d’abord mentionné. Ceci est totalement faux puisqu’elles ont un impact beaucoup moins grand que la combustion des énergies fossiles.» 

«Le problème, c’est que les énergies fossiles se sont constituées pendant plusieurs millions d’années et que nous les avons relâchés en l’espace de quelques siècles dans l’atmosphère» - Xavier Cavard 

M. Cavard a expliqué qu’il existe deux cycles de carbone. Le premier cause peu de problèmes: le carbone oscille naturellement entre l’atmosphère, les océans et les organismes vivants. Il a donné en exemple le fait que les plantes captent le carbone et qu’elles sont par la suite mangées par les animaux. 

C’est l’autre cycle, celui des énergies fossiles telles que le charbon, le pétrole et le gaz naturel, qui pose un véritable défi. «Le problème, c’est que les énergies fossiles se sont constituées pendant plusieurs millions d’années et que nous les avons relâchés en l’espace de quelques siècles dans l’atmosphère. Cela injecte donc beaucoup plus de carbone que ce que la nature est en mesure de capter. La planète est arrivée à un point de saturation», a fait valoir Xavier Cavard. 

Les vieilles forêts 

Il y a quelques mois, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a fait ressortir une notion à l’effet qu’il serait pertinent de couper les vieilles forêts pour laisser la place à de jeunes forêts qui vont croître plus vite et séquestrer plus de carbone dans l’atmosphère. La réalité est beaucoup plus complexe. 

«Il faut considérer que les vieilles forêts, surtout en forêt boréale, accumulent beaucoup de carbone. C’est vrai que ces arbres ne sont plus très productifs, mais beaucoup de carbone s’est accumulé au fil des siècles dans leur sol et continue de s’accumuler. Si on va couper là, il y a un risque que ce carbone se décompose parce qu’on changera les conditions du milieu», a décrit le professeur Cavard. 

Est-ce à dire qu’il faut se débarrasser des vieilles forêts parce qu’elles deviennent des émetteurs de carbone? «Pas exactement, mais on ne peut pas dire non plus qu’il ne faut jamais le faire. Il faut considérer le fait qu’à force de reboiser, nous allons être limités en superficie. La solution ne peut pas être que de couvrir la planète de forêts», a poursuivi Xavier Cavard. 

Pour lui, la solution la plus valable pour l’instant demeure de toujours penser à une utilisation durable de la forêt. 

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