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05 décembre 2019

Sophie Rouillard - srouillard@lexismedia.ca

Mason, le bébé miraculé

Sauvé après être né à 26 semaines de grossesse

Mason Drolet

©Sophie Rouillard - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Nahomé Labrèche et Sony Drolet en compagnie de leur petit Mason.

Sony Drolet et Nahomé Labrèche ont vécu tout un cauchemar cet été. À 23 semaines de grossesse, la future maman a été transportée d’urgence à Montréal. Quatre mois plus tard, le couple de Val-d’Or ressort de ses mésaventures avec Mason, un petit garçon en santé, et de belles leçons de vie.

Jamais Sony Drolet et Nahomé Labrèche ne se seraient attendus à traverser ce qu’ils ont vécu. «Si c’était à refaire, je referais tout de la même manière, assure pourtant Mme Labrèche. On comprend mieux maintenant la réalité des familles avec des enfants prématurés.»

C’est en juin dernier que tout a basculé. Enceinte de seulement 23 semaines, la future maman ressentait d’étranges sensations, comme si son ventre durcissait. «Ça ne me faisait pas nécessairement mal, mais c’était dur et je trouvais ça bizarre, se souvient-elle. Un peu comme des genres de contractions. J’ai finalement décidé d’aller à l’hôpital pour vérifier si tout était correct.»

Après quelques tests, les professionnels du Centre hospitalier de Val-d’Or annoncent à Nahomé Labrèche qu’il faut la transférer à Montréal. «Je n’ai même pas eu le temps de voir un gynécologue que le médecin m’a dit que je devais partir d’urgence, indique-t-elle. Je ne pouvais même pas aller me faire une valise chez moi, je devais rester couchée et être transportée par avion.»

La future maman était victime d’une complication nommée l’incompétence du col, signifiant que le col de son utérus commençait à raccourcir et à s'ouvrir trop tôt durant la grossesse, pouvant alors causer une fausse couche tardive ou un accouchement prématuré. Pendant ce temps, son conjoint préparait ses bagages pour partir en voiture au beau milieu de la nuit afin d’aller la rejoindre à Montréal.

Des semaines éprouvantes

Les semaines qui ont suivi l’arrivée du couple à l'Hôpital de Montréal pour enfants ont été fortes en émotions, et ce, dès l’accouchement qui a finalement été effectué à 26 semaines de grossesse. «C’était spécial, car après avoir accouché de Mason, le personnel est parti tout de suite avec lui. Je ne l’ai pas vu avant quatre heures plus tard, confie Nahomé Labrèche. Je n’avais donc pas totalement l’impression d’être devenue une mère.»

La santé de Mason était plus que fragile. Le petit, qui pesait à peine plus d’une livre, ne pouvait même pas être cajolé par ses parents. «On ne pouvait pas le caresser ou le coller contre nous, raconte Sony Drolet. Sa peau était presque transparente lorsqu’il est né, ça nous a fait tout un choc.»

Le bébé aura reçu bien des traitements pour assurer sa survie. Pour les parents, voir leur enfant se battre pour sa vie a été un vrai cauchemar. «Honnêtement, c’est traumatisant, confie Nahomé Labrèche. On nous avait avertis que ces semaines passées avec Mason à Montréal allaient être des montagnes russes d’émotions, mais on ne savait pas à quel point ça allait être vrai.»

«Une minute, le bébé allait bien, alors on envoyait des messages à nos proches pour les rassurer, puis deux minutes plus tard, des problèmes apparaissaient, ajoute Sony Drolet. Au fil des semaines, on a finalement décidé qu’on ne voulait plus donner sans arrêt des nouvelles. La situation changeait plusieurs fois par jour, alors on n’en pouvait plus.»

Mason Drolet

©Gracieuseté

Le petit Mason Drolet a passé 100 jours aux soins intensifs néonatals, à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Des épreuves à surmonter

Ce fut quatre mois intenses en émotions et en stress pour le couple abitibien. «On avait lu que plusieurs couples se séparaient après avoir vécu une expérience comme la nôtre, précise Sony Drolet. Il faut dire que c’est très dur ce qu’on a vécu: notre enfant se battait pour vivre, on passait 24 heures sur 24 ensemble à l’hôpital et on était extrêmement fatigués. C’est toute une épreuve pour un couple.» «Nous sommes chanceux dans notre malchance, estime Nahomé Labrèche. Notre garçon est en bonne santé et nous, en tant que parents et comme couple, on a réussi à traverser tout ça.»

Les nouveaux parents, qui étaient hébergés au Manoir Ronald McDonald, assurent qu’ils ont été très présents pour Mason. Pour eux, pas question de laisser leur tout-petit seul. «On voyait d’autres bébés dans le même secteur que Mason à l’hôpital qui ne recevaient pas de visites, se souvient Sony Drolet. C’est triste et nous, on ne voulait pas ça pour notre fils.»

Un dénouement heureux

Aujourd’hui, Mason et ses parents sont à la maison et tout le monde se porte bien. Le petit, qui pèse maintenant un peu plus de 8 livres, est en bonne santé. «Malgré tout ce qui nous est arrivé, je veux quand même un deuxième enfant, affirme Nahomé Labrèche. Il y aurait des chances que j’ai une incompétence du col, mais ça, on ne peut pas le prédire.»

«Plusieurs bébés prématurés sont décédés durant notre passage à Montréal, alors on sait qu’on est chanceux que Mason soit toujours là, souligne Sony Drolet. Nous sommes très reconnaissants du soutien et du travail des professionnels.»

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