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20 mars 2020

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Il a dû marcher 15 km en forêt avec ses enfants

David Lévesque plaide pour une meilleure desserte cellulaire

David Lévesque

©gracieuseté

David Lévesque et ses deux enfants ont vécu toute une aventure qui, heureusement, s’est bien terminée.

David Lévesque et ses deux enfants ont vécu toute une aventure, ayant ont dû marcher plus de 15 kilomètres en forêt sans jamais pouvoir appeler les secours. Il plaide pour une meilleure desserte cellulaire dans la région.

 

Par la belle journée du 15 mars, David Lévesque a pris la décision de se rendre avec les enfants à son camp situé dans le secteur du lac Castagnier, au nord d’Amos. «Je me suis rendu en pick-up jusqu’au chemin forestier IBX, puis on est partis en motoneige. Rendu au kilomètre 20, il y avait une petite rivière. J’ai embarqué dessus, mais ça slushait pas mal, alors j’ai pris la décision de revirer de bord. Ce n’est pas vrai que je vais risquer ma vie et celle de mes enfants», raconte-t-il.

Or, il n’est pas parvenu à prendre assez de vitesse pour remonter la pente un peu abrupte en sortant de la rivière. «Je suis resté pris. J’ai essayé de la déprendre, mais je n’ai jamais réussi. À 15h, j’ai pris la décision qu’on lâchait ça et qu’on marchait pour s’en retourner à mon pick-up. J’ai pris assez rapidement ma fille sur mes épaules, parce qu’elle avait mal aux jambes, elle a quand même juste 4 ans. Mon gars de 7 ans a marché à mes côtés tout le long. J’ai envoyé un message texte à ma blonde en partant de là-bas, en me disant qu’à un moment donné, on aurait du signal et que le message partirait. Mais ça ne s’est jamais rendu», précise-t-il.

Six heures de marche

Le trio a fait plusieurs arrêts en chemin pour se reposer et se désaltérer. «J’avais deux bouteilles de Gatorade et une bouteille d’eau. On s’est rationné. Mais ça allait assez bien. On a été chanceux, il faisait beau et il ne faisait pas trop froid. Tant que le soleil était là, l’humeur des enfants était là aussi. Au fur et à mesure qu’on avançait, avec le soleil qui baissait, on commençait à être de plus en plus fatigués. Mais on n’a jamais eu faim, ni froid. J’avais du linge de rechange pour les enfants. Ç’a été la pire journée de ma vie. T’as pas le droit de paniquer, surtout pas le droit de le montrer. Parce que si tu montres que tu paniques et que tu as peur, les enfants vont aussi paniquer», explique David Lévesque.

«On marchait depuis plus de six heures quand j’ai vu les lumières d’une motoneige. J’étais vraiment content de voir enfin du monde» - David Lévesque

Sa conjointe, qui travaille de nuit, a commencé à s’inquiéter quand elle a constaté qu’ils n’étaient pas à la maison pour le souper. «Le temps qu’elle appelle mon père, puis regarde avec son père, ils se sont mobilisés et sont venus à notre recherche. On marchait depuis plus de six heures quand j’ai vu les lumières d’une motoneige. J’étais vraiment content de voir enfin du monde. C’était mon père avec ma blonde. Mon beau-père, lui, nous attendait au bord du chemin avec son pick-up qui chauffait pour qu’on puisse se réchauffer. Tout le monde était correct», souligne-t-il.

Pas de signal

Ce n’est finalement qu’à proximité de la Forêt-École Harricana (qui a sa propre antenne), située à une vingtaine de kilomètres de l’entrée du chemin forestier, que sa conjointe a réussi à avoir assez de signal pour appeler sa mère. «Avoir le signal dans ce coin-là, qu’on puisse à la limite le capter avec un booster, mettons, ce serait déjà ça. Tout le monde à ça de nos jours, un appareil cellulaire, estime celui qui espère que son appel sera entendu.

«Je vous confirme que nous n’avons pas de couverture dans le secteur du lac Castagnier et nous n’avons pas d’annonce à faire concernant ce secteur. Je vous tiendrai au courant si tel est le cas dans le futur», a précisé Caroline Audet, gestionnaire principale, communications chez Bell.

Même son de cloche de la part de Marc Buteau, directeur général de Gestion de l’inforoute régionale de l’Abitibi-Témiscamingue, dont le projet Mobile A-T prévoit l’ajout de 32 nouveaux sites cellulaires pour doubler la couverture du territoire. La zone du lac Castagnier n’en fait pas partie. «On va passer de 85 à 95% de la population en termes de couverture, mais le dernier 5% qui va manquer coûterait plus cher que les 95%. C’est la rentabilité qui fait foi de tout», a-t-il fait valoir.

Cellulaire_carte

©Patrick Rodrigue

En vert, on aperçoit le territoire déjà desservi, en jaune, le territoire qui bénéficiera des nouvelles installations selon le projet du GIRAT.

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