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31 mars 2020

Dominic Chamberland - dchamberland@lexismedia.ca

La santé et la sécurité avant les bonnes affaires

Un entrepreneur ferme ses quincailleries parce qu’elles attiraient trop de monde pour des choses non urgentes

BMR - Martin Drolet

©Photo Le Citoyen - Dominic Chamberland

Les quincailleries BMR de Val-d’Or, Malartic et Ville-Marie ont dû fermer leurs portes par la force des choses, même si ce type de commerce peut rester ouvert à titre de service essentiel.

Il aurait pu faire une jolie passe d’argent en gardant ses commerces ouverts, mais au nom du gros bon sens, il a décidé de les fermer pour un certain temps.

Propriétaire des quincailleries BMR de Val-d’Or, Malartic et Ville-Marie, Martin Drolet avait le loisir de poursuivre ses opérations puisque ce type d’entreprise est considéré comme un service essentiel par Québec pendant que la moitié de la province se trouve en arrêt forcé pour au moins trois semaines afin de lutter contre la propagation du Coronavirus.

Sauf que l’homme d’affaires sentait bien qu’il devait arrêter tout ça temporairement, pour des raisons de sécurité et de santé publique, puisque trop de gens se ruaient dans ses magasins pour des choses non urgentes.

«Ce n’est pas tout le monde qui agit comme ça, mais beaucoup de gens confinés chez eux voulaient en profiter pour faire des rénovations, tellement qu’on a réalisé des ventes records durant trois jours pour des planchers flottants, des moulures, de la peinture et d’autres produits non essentiels actuellement. Et parmi ces gens, il y en a qui arrivaient de voyage…, relate M. Drolet.

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«On a eu beau instaurer des mesures, comme limiter à cinq le nombre de clients à la fois dans nos magasins et installer des barricades aux comptoirs, des clients se garrochaient partout et touchaient à tout sans faire attention. On a aussi vu une file d’attente à l’extérieur où les gens ne respectaient pas la consigne de distanciation. C’était troublant et nos employés commençaient à avoir des craintes», fait-il part.

Pour éviter la transmission

Dans ce contexte, Martin Drolet a décrété une fermeture temporaire, bien que les affaires risquent de s’en ressentir. «Ce n’est même pas important présentement, ce n’est pas le bon moment de faire des affaires, on n’est pas là du tout, c’est le temps de rester à la maison. On ne doit pas penser en fonction de l’argent, mais bien en fonction de la santé de tout le monde, signale-t-il.

«Quand on leur a annoncé qu’on fermait temporairement, 90% de nos employés nous ont dit merci, ce qui est assez significatif, indique M. Drolet. L’un d’eux disait qu’il ne voulait pas risquer de transmettre ça (le virus) à son père âgé. De mon côté, je ne voudrais pas infecter quelqu’un de ma famille, dont mon petit-fils, un méga bébé prématuré (né à 26 semaines de grossesse) qui, à 8 mois, est encore fragile», raconte-t-il.

L’entrepreneur invite d’ailleurs les gens à demeurer à la maison autant que possible durant cette crise. «Si on veut être capables de se faire de bons barbecues en groupe cet été, il faut faire des sacrifices maintenant, sinon ça risque de durer encore plus longtemps, affirme-t-il. C’est comme si on jouait une partie de hockey où le premier ministre Legault est le directeur général, le docteur Arruda est l’entraîneur-chef et nous, les citoyens du Québec, on est les joueurs d’une même équipe. Si on ne suit pas le plan de match, on ne gagnera pas. Donc, restons isolés», défile M. Drolet en citant un ‘’post’’ Facebook fort populaire par les temps qui courent.

Disponible pour l’essentiel

Même si ses quincailleries sont fermées, Martin Drolet est prêt à dépanner quiconque pour une urgence. «Ça va nous faire plaisir de servir les gens pour des choses essentielles, par exemple un chauffe-eau défectueux ou un problème de chauffage. Nous avons un numéro et un e-mail pour les urgences, fait-il savoir. Par contre, ce n’est vraiment pas le temps de magasiner pour de nouveaux robinets de chambre de bain si ceux qu’on a fonctionnent bien…», ajoute M. Drolet.

Le message pourrait difficilement être plus clair.

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