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28 avril 2020

Martin Guindon - mguindon@lexismedia.ca

Réouverture des écoles: joyeux casse-tête à l’horizon

Les enseignants loin d’être rassurés

Enseignante primaire éducation classe

©gracieuseté - Depositphotos.com/Monkeybusiness

Les enseignants devront revoir leur façon d'enseigner, notamment pour respecter les consignes de distanciation physique.

La réouverture des écoles primaires dès le 11 mai annoncée par Québec lundi promet un joyeux casse-tête à l’horizon pour les gestionnaires du milieu de l’éducation. De leur côté, les enseignants sont loin d’être rassurés par le plan dévoilé par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

«On a les directives en même temps que vous. On espère recevoir un guide d’implantation dans les prochaines heures avec plus de détails. Il nous manque encore pas mal d’informations au niveau des mesures sanitaires. On va se donner le temps aussi. Les membres du personnel rentrent le 4 mai. On a des rencontres prévues d’ici là pour voir comment on va organiser les services dans l’ensemble de nos établissements. Dès qu’on va savoir le nombre d’élèves qui viendront à l’école, ce sera aussi plus facile de coordonner nos actions. C’est beaucoup plus complexe que ça peut paraître», a indiqué Johanne Godbout, secrétaire générale de la Commission scolaire Harricana, lundi, après le point de presse du ministre Roberge.

En plus de devoir gérer les mesures sanitaires et de distanciation physique, les commissions scolaires doivent revoir l’organisation scolaire en fonction des nouveaux paramètres, toujours en respectant les conventions collectives et les normes en santé et sécurité. Tout ça dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. «Ce sont de beaux défis collectifs. On comprend les préoccupations et les questionnements du personnel, on a les mêmes qu’eux. On va travailler en collaboration avec les gens de compétence, voir comment arrimer tout ça», a-t-elle poursuivi.

Réorganiser complètement

Même son de cloche du côté d’Yves Bédard, directeur général de la Commission scolaire Rouyn-Noranda (CSRN). «Adapter toutes les écoles primaires pour respecter les consignes de distanciation sociale, ce n’est pas simple. Nos classes sont petites, les couloirs aussi… nos écoles n’ont pas été pensées pour ça. On a un beau défi devant nous. Ce qu’il nous faut savoir rapidement, c’est combien d’élèves reviendront à l’école le 11 mai», a-t-il affirmé, mardi matin.

«Ce que les parents doivent comprendre, c’est que l’école qu’ils ont connue ou que leurs enfants ont connue avant le 13 mars ne sera plus la même le 11 mai. Tout va devoir changer» - Yves Bédard

Il rappelle que les classes ne pourront compter plus de 15 élèves. Il faudra donc possiblement revoir complètement l’organisation scolaire. «Par exemple, si une enseignante avait 24 élèves dans sa classe avant le 12 mars, son groupe sera coupé en deux le 11 mai s’ils reviennent tous. Ça veut dire que la moitié du groupe poursuivra avec l’enseignante qu’ils ont depuis le mois d’août et pour l’autre moitié, ce sera avec une nouvelle enseignante dans une autre classe, peut-être même dans une autre école. Et nos écoles sont déjà à pleine capacité. On devra peut-être utiliser nos écoles secondaires. Il y aura aussi tout le transport scolaire à organiser, avec des consignes d’un élève par banc, un banc sur deux. Présentement, c’est deux et parfois trois élèves par banc. Tous les élèves ne pourront pas utiliser le transport scolaire. Est-ce que les parents sont prêts à transporter leur enfant à l’école?», s’interroge Yves Bédard, qui souligne l’excellente collaboration des syndicats et des membres du personnel depuis le début de la crise.

Irréaliste, selon le syndicat

De son côté, le Syndicat de l’enseignement de l’Ungava et de l’Abitibi-Témiscamingue est loin d’être rassuré par le plan de réouverture des écoles primaires annoncé par le ministre Roberge, qu’il trouve incomplet et irréaliste. «Le téléphone continue de sonner. Ce n’est pas tant le volet pédagogique qui inquiète nos membres que celui de la santé et sécurité pour eux et pour leurs élèves. Le plan de match présenté par M. Roberge n’a rien de rassurant. D’autant plus qu’il a clairement mentionné qu’il n’y avait pas d’équipements de protection prévus pour les enseignants», a déploré la présidente Hélène Lambert, après le point de presse, lundi.

Selon elle, c’est doublement inquiétant, d’autant plus qu’elle ne croit pas vraiment au maximum de 15 élèves par classe pour respecter les consignes de distanciation physique de 2 mètres. «C’est impensable, même en demandant à nos élèves, ce qui est impensable aussi, de rester assis à leur chaise. Ça bouge continuellement au préscolaire et au primaire. Il y a donc toujours une proximité entre les enseignants et les élèves. Qu’on n’ait pas d’équipements de protection, c’est vraiment scandaleux. Et c’est décevant de la part de M. Roberge, qui est un enseignant. Il sait qu’on est en contact constant avec les jeunes au primaire. C’est impensable et irréaliste, même dans le meilleur des mondes. On peut fonctionner comme ça. Il nous faut du matériel de protection ou repenser les consignes», a-t-elle insisté.

Hélène Lambert a aussi demandé que les syndicats soient mieux consultés dans la mise en œuvre ou le déploiement de cette réouverture. «Il y avait des échanges assez fréquents entre notre fédération et le ministre, mais pour ce plan qu’il a soumis, il n’y en a pas eu. Je ne sais pas si ça va venir dans les deux prochaines semaines. Si c’est le cas, on trouve ça très court pour consulter, élaborer et mettre en place un guide pour rouvrir les écoles et qu’elles soient prêtes pour le 11 mai», a-t-elle fait valoir.

 

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