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29 octobre 2020

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Valorisation des métaux stratégiques: du bon et du moins bon

Le Revimat salue l’initiative de Québec, mais invite à la vigilance pour ne pas créer de nouveaux problèmes

North_American_Lithium_juin_2018

©North American Lithium

Le lithium fait partie des minéraux considérés comme stratégiques pour le développement économique du Québec. Sur la photo, la mine de La Corne, en juin 2018. Présentement fermée, elle suscite l’intérêt de quelques joueurs, dont Sayona Québec.

Le Regroupement Vigilance Mines Abitibi-Témiscamingue (Revimat) voit d’un bon œil l’adoption, par Québec, d’une stratégie destinée à valoriser les minéraux critiques et stratégiques (MSC). L’organisme prévient cependant que les cibles seront difficiles à atteindre et redoute que le Québec ne se confine, encore une fois, qu’à un rôle de fournisseur de matières premières.

Le 29 octobre, Québec a annoncé la mise en œuvre d’un plan en quatre volets destiné à mettre en valeur les MCS, qui comprennent notamment le cuivre, le nickel, le lithium, le cobalt, les terres rares ainsi qu’une dizaine d’autres minéraux, dont plusieurs se retrouvent dans le sous-sol de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Ce plan, qui doit s’échelonner jusqu’en 2025, sera appuyé par un cadre financier de 90 M $, déjà annoncé dans le plan budgétaire présenté en mars.

Position régionale plus nuancée

Si l’annonce a, sans réelle surprise, suscité l’appui des principales associations minières, du Conseil du patronat et de la Fédération des chambres de commerce du Québec ainsi que les récriminations de groupes environnementaux comme Québec Meilleure Mine et la Fondation David-Suzuki, le Revimat a adopté une position plus nuancée.

«Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a mentionné que le gouvernement désire créer une économie circulaire et qu’il favorisera la recherche afin de valoriser les résidus miniers. C’est le point le plus encourageant dans le plan au niveau des investissements. Comment se traduira la recherche sur ce plan? Personne ne le sait, mais l’approche est importante. Encourager le recyclage afin de récupérer les MCS est aussi un bon point», a fait valoir le porte-parole du Revimat, Marc Nantel, par voie de communiqué.

«La course pour la baisse de production de gaz à effet de serre ne doit pas se traduire par de nouveaux dégâts environnementaux encore plus dévastateurs» - Marc Nantel

Un simple rôle de fournisseur?

L’organisme note cependant que les cibles finales seront très difficiles à atteindre et redoute que le plan se résume à maintenir le Québec dans un rôle de fournisseur de ressources naturelles.

«Le ministre Julien a d’ailleurs souligné qu’il veut assurer l’approvisionnement en métaux stratégiques et non pas être nécessairement un producteur de batteries, a fait observer M. Nantel. Ceci nous semble conforme à l’entente fédérale signée en 2019 entre le Canada et les États-Unis afin d’assurer à ces derniers la livraison de MCS pour contrecarrer la Chine, qui demeure actuellement le pays dominant sur ce marché.»

Écologie vs coûts environnementaux

Rappelant que dans cet univers très concurrentiel, le Québec devra trouver des moyens de vendre la ressource au coût le plus faible pour devenir un joueur mondial dans les MCS, le Revimat se questionne sur les répercussions d’une stratégie économique orientée dans cette direction. «Historiquement, nous constatons que l’environnement en paie le prix lorsqu’une entreprise cherche à diminuer ses coûts de production. Donc, à quels coûts sommes-nous prêts à accepter d’exploiter nos ressources?», s’est interrogé le porte-parole. Dans la même veine, le Revimat considère que le financement de 90 M $ sur cinq ans semble a priori très faible pour accomplir tous les objectifs exposés dans la stratégie gouvernementale.

«Dans la course effrénée dans laquelle il s’engage, le gouvernement devra demeurer vigilant. La course pour la baisse de production de gaz à effet de serre ne doit pas se traduire par de nouveaux dégâts environnementaux encore plus dévastateurs», a mis en garde Marc Nantel.

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