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17 février 2021

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Achat local: des voix s’élèvent contre l’incohérence de la CAQ

Le Centre d’acquisitions gouvernementales risque de tuer des commerces locaux, clament des intervenants politiques et économiques

Emilise Lessard-Therrien Rouyn-Noranda-Témiscamingue

©Capture d'écran

Émilise Lessard-Therrien, tout comme la CCIRN, dénonce la Loi 37 sur les acquisitions gouvernementales qui, redoute-t-elle, risque de sonner le glas de plusieurs petits fournisseurs régionaux.

Alors que le premier ministre François Legault prône régulièrement l’importance de l’achat local, des acteurs politiques en Abitibi-Témiscamingue s’insurgent contre une apparente incohérence en ce qui a trait aux contrats de fournitures et de services professionnels pour le gouvernement.

Le 17 février, la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a vertement tancé la CAQ par rapport au Centre d’acquisitions gouvernementales. Depuis l’adoption d’un arrêté ministériel en décembre 2020, tous les organismes relevant du gouvernement doivent désormais passer exclusivement par ce service géré par l’État pour leurs achats de fournitures et de services professionnels, au détriment des commerçants locaux.

«Comment un gouvernement peut-il se prétendre défenseur de l’achat local quand il va jusqu’à empêcher les écoles des régions d’acheter leurs crayons et leurs feuilles de papier au coin de la rue? Il va falloir que les bottines de François Legault commencent à suivre ses babines et que la CAQ arrête de faire systématiquement abstraction de la réalité de nos PME régionales dans ses politiques», a lancé Mme Lessard-Therrien.

L’économie locale pénalisée

La députée a rappelé qu’à pareille date en 2020, la CAQ avait pris la décision, avec le dépôt du projet de loi 37, de centraliser les achats des organismes publics. Le gouvernement avait alors assuré que l’économie des régions n’allait pas être pénalisée.

«Un an plus tard, les désastres causés par ce projet de loi dans les régions sont alarmants. Les économies de bout de chandelle de la CAQ vont se traduire en pertes d’emplois dans les régions. Il est irréaliste de penser que nos commerces ont la capacité de remporter les appels d’offres centralisés. Ce sont les maisons-mères de Toronto et Montréal qui vont les avoir», s’est insurgée Émilise Lessard-Therrien.

«Comment un gouvernement peut-il se prétendre défenseur de l’achat local quand il va jusqu’à empêcher les écoles des régions d’acheter leurs crayons et leurs feuilles de papier au coin de la rue?» - Émilise Lessard-Therrien

Les services professionnels aussi affectés

Pour sa part, la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN) a signalé que les services professionnels sont aussi affectés par la Loi 37. « De nombreuses entreprises n’ont ni le temps, ni les ressources humaines pour remplir et fournir les laborieux formulaires et documents requis, sans même savoir si le temps investi sera rentabilisé au final», a signalé le président de l’organisme, David Lecours.

La CCIRN déplore également le fait que le prix soit le seul et unique critère pris en compte lors de l’attribution de fournitures gouvernementales. «La qualité des produits doit aussi être considérée, a fait valoir M. Lecours. Bien que souvent plus coûteux à l’achat, des produits plus haut de gamme permettent de réaliser des économies à long terme en nécessitant moins de remplacements.»

Exclure les achats de faible envergure

La CCIRN demande donc au gouvernement Legault que soient exclus de la Loi 37 les achats de faible envergure. Elle recommande aussi que les gestionnaires des différents organismes gouvernementaux disposent de latitude pour choisir certains fournisseurs de proximité.

Mme Lessard-Therrien va plus loin et demande à la CAQ d’adopter la proposition déposée par Québec Solidaire au printemps 2020 de mettre en place une véritable politique pour stimuler l’achat local. Parmi les quatre piliers sur lesquels celle-ci reposait, on retrouvait une norme pour qu’au moins 40 % des achats gouvernementaux faits hors Québec soient, d’ici quatre ans, remplacés par des achats locaux et qu’une directive claire soit envoyée à tous les ministères et les institutions publiques visant à favoriser l’approvisionnement local et régional.

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