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09 mars 2021

Fini la production de papier journal à Amos

Le nouveau PDG de Résolu est sans équivoque

Usine Résolu Amos

©Martin Guindon - Le Citoyen Val d'Or - Amos

L’usine d’Amos (notre photo) est fermée temporairement depuis le 20 avril 2020, entraînant la mise à pied de plus de 150 travailleurs. Résolu a consacré 20 M $ dans la maintenance de ses usines d’Amos et Baie-Comeau au cours de la dernière année.

Si l’usine de Produits forestiers Résolu doit relancer ses opérations un jour, ce ne sera vraisemblablement pas pour produire du papier journal. D’ailleurs, les acteurs du milieu s'activent depuis des mois pour essayer de donner une nouvelle vie à l’usine.

Le nouveau président-directeur général de Résolu, Rémi Lalonde, est sans équivoque. «On n’a pas encore pris de décision sur une relance de ces usines (Amos et Baie-Comeau). Mais une chose est certaine, la production de papier journal est terminée. C’est comme si la crise de la pandémie venait d’accélérer l’obsolescence des journaux. On ne voit pas de reprise de la demande», affirme-t-il dans une entrevue accordée à Jean-Philippe Décarie dans La Presse du 9 mars.

Il précise que la demande pour le papier journal a chuté de 75% en dix ans, et d’un autre 30% depuis le début de la pandémie. Mais il ajoute que l’entreprise ne ferme pas la porte à une relance de l’usine avec un nouveau produit.

À la recherche de solutions

Pour le maire d’Amos, Sébastien D’Astous, pas question de baisser les bras. Un comité formé par la Chambre de commerce et d’industrie du Centre-Abitibi (CCICA) réunit des représentants de plusieurs organisations, des chercheurs universitaires, des élus ainsi que des représentants d’Unifor et de Résolu afin d’étudier les avenues potentielles pour relancer l’usine avec un nouveau produit.

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«C’est sûr que notre volonté, c’est d’aider Résolu à trouver une solution pour moderniser l’usine, maintenir les emplois et l’expertise, et maintenir aussi la fibre locale qui fait partie du tissu industriel forestier. Si on veut maximiser notre forêt publique, c’est important qu’une usine puisse récupérer les copeaux. On est donc en train de discuter avec des spécialistes dans le domaine pour nous faire un portrait et une étude de marché, de caractériser l’usine pour essayer de voir quelles sont les solutions potentielles d’avenir qui vont nous assurer que l’usine va fonctionner pas juste quelques années, mais longtemps», a-t-il expliqué, mardi.

Mariane Michaud, présidente de la Chambre, abonde dans le même sens. «Annoncer qu’on ne fera plus de papier journal peut donner l’impression qu’on ferme l’usine, mais ce n’est pas encore le cas et ce n’est pas vrai que Résolu ne fait pas partie du processus. Ça, je vous l’affirme. Je travaille étroitement avec eux. Résolu est impliqué et très présent. Ils ont toujours été très clairs. Nous, on sait que le papier journal n’est pas une alternative et on sait qu’ils ne feront pas des investissements de masse s’il n’y a pas quelque chose de solide, et ça, ça se comprend de la part d’une entreprise qui est là pour faire des profits», a-t-elle fait valoir, mardi.

Avec optimisme

Mariane Michaud entrevoit plutôt l’avenir avec optimisme. «Ce n’est pas juste une table où on discute, mais il y a des investissements du milieu qui commencent à se faire pour payer l’étude de caractérisation, trouver un produit qui va perdurer dans le temps, pas juste une réouverture temporaire. Toutes les actions du comité se font dans ce sens-là. C’est une table où tous les acteurs de tous les paliers sont présents à toutes les rencontres. Les gens sont concertés et intéressés. Pour moi, c’est vecteur d’espoir et non de fermeture. On a une ressource naturelle vraiment intéressante, une usine extrêmement bien située. Est-ce qu’on fait des usines fantômes et on laisse tomber, ou bien on rattrape la balle au bond et on s’organise pour que l’argent reste sur notre territoire, quitte à ce que ça implique des investissements, que Résolu et le gouvernement s’impliquent?», a-t-elle lancé.

Un espoir que partage le maire D’Astous. «Maintenant, si le milieu se prend en main, chose qu’on fait depuis plusieurs mois, et qu’on est en mesure avec les différents paliers de gouvernement d’investir l’argent pour une reconfiguration de l’usine pour faire un produit qui nous permettrait de rentabiliser les opérations, c’est sûr qu’on va tout mettre en œuvre pour que ça se réalise. Est-ce que je suis rassuré? Bien, au moins, on est en action. Et c’est sûr qu’on n’acceptera pas longtemps que les copeaux transitent vers une autre région. Il faut maximiser la transformation de façon locale et régionale», a-t-il insisté.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Pierre Dufour n'a pas voulu commenter la nouvelle à ce stade-ci. Son bureau affirme qu'il suit de près la situation et l'évolution du dossier.

 

Unifor plaide pour la relance

Renaud Gagné, le directeur québécois du syndicat Unifor, a plaidé pour une relance des usines d’Amos et de Baie-Comeau, avec ou sans Résolu. «Le déclin du marché du papier journal n’est pas une nouvelle. C’est la chronique d’une mort annoncée depuis longtemps déjà. Mais est-ce à dire que l’on doit jeter le bébé avec l’eau du bain? Je ne le pense pas. Ces usines sont trop importantes dans l’échiquier économique régional pour qu’on se limite au bon vouloir des dirigeants de Résolu», a-t-il affirmé, le 9 mars, par voie de communiqué. Il a salué la mobilisation des communautés derrière l’éventuelle relance des usines dans des créneaux d’avenir qui restent à identifier. Selon lui, la forêt est une ressource renouvelable qu’il faut utiliser à bon escient pour le bien être des collectivités et des régions.

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