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01 avril 2021

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Josyane Cossette, pionnière dans la LHJMQ

Première descriptrice de matchs de hockey junior majeur

Josyane Cossette

©Jean-François Vachon - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Josyane Cossette est la première femme à travailler comme descriptrice d’une équipe de la LHJMQ à temps plein.

Les fervents partisans des Huskies avaient droit à une voix différente cette année lors des matchs de la meute à l’extérieur. Alors que les matchs de toutes les équipes de la LHJMQ sont décrits par des hommes, ceuxdes Huskies avaient une couleur qui détonnait avec celle de Josyane Cossette. 

En effet, depuis le début de la saison, les Huskies peuvent compter sur une voix féminine pour décrire leurs parties sur les ondes de CHUN FM. Et le 31 mars, elle et Marie-Millie Dessureault sont devenus le premier duo descriptrice-analyste de la LHJMQ.

«J’ai toujours voulu décrire des matchs. C’est ce que je voulais faire quand j’avais 10-12 ans, mais ça n’avait pas de sens parce que les femmes ne faisaient pas ça», a lancé Josyane Cossette. 

La porte s’est ouverte vers la fin de la saison 2019-2020. CHUN FM cherchait à trouver une équipe de radiodiffusion pour les matchs à l’extérieur. C’est ainsi qu’elle a eu sa première chance, lors de matchs qui ont eu lieu en février 2020, quelques mois avant le début de la pandémie. «Il fallait que je fasse mes preuves. Il n’y a jamais eu de femmes qui avaient décrit des matchs de hockey. Ça n’avait jamais été fait à la radio. On ne savait pas vraiment si ma voix allait être trop aiguë ou même agaçante», a-t-elle évoqué. 

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«Il fallait démontrer que ça se faisait parce qu’il y avait des gens moins à l’aise avec ça. C’est un peu pour ça que la description des matchs à l’extérieur a été créée», a-t-elle ajouté. 

Gagner la confiance 

Il fallait dire que le projet était osé. Décrire un match via la webdiffusion de la LHJMQ pour permettre aux partisans de la meute de suivre leur équipe sur la route était complexe. «C’est deux mondes. La description via la webdiffusion, tu suis ce que la caméra te montre et des fois, elle ne montre pas la rondelle. En plus, tu n’as pas l’ambiance, la vibe de l’aréna. Quand tu es live, sur place, tu as plus d’émotions. Tu sens ce qui se passe. C’est plus facile de mettre de l’émotion que devant une télévision», a expliqué la descriptrice. 

Il fallait aussi trouver l’équipe pour le faire. D’abord, il fallait une personne pour décrire le match. «C’est ma mère qui m’a dit, lors d’un match, que je pouvais le faire. Mais je n’avais pas réalisé toutes les embûches pour y arriver. Ça n’a pas été aussi facile que je l’avais pensé», a confié Josyane Cossette. 

«Quand j’ai parlé du projet à Jean-François Vachon, il a accepté aussitôt. Il a vraiment permis au projet d’avancer. Il m’a vraiment fait confiance pour la description. Sans lui, je ne suis pas sûre que ça se serait réalisé», a-t-elle ajouté. 

Et le directeur administratif des Huskies, Gilles Bérubé, a aussi donné la tape dans le dos qui était nécessaire. «Un moment donné, j’étais sur le bord d’abandonner le projet des matchs à l’extérieur. J’étais avec lui et je lui ai confié. Il m’a demandé pourquoi. Je lui ai répondu que c’était parce que ça allait être une femme qui allait décrire. Quand il a lancé que ça ne lui avait même pas effleuré l’esprit, ça m’a fait réaliser que c’était possible. C’était peut-être une remarque anodine, mais ça m’a donné le coup de pied dont j’avais besoin», s’est-elle remémoré. 

«Tu es bonne pour une fille» 

Être une femme dans le monde du hockey vient avec certains commentaires. «J’ai dû apprendre à taire les voix de certaines personnes qui ne trippaient pas ou les commentaires comme ʺtu es bonne pour une filleʺ. Ce fut une adaptation. Je crois qu’il y a eu des avantages et des désavantages. Quand on te dit que tu es la première femme à faire ça, ça te donne un boost. Mais il y a aussi les préjugés qui sont là. Pour moi, à la fin de la journée, je veux faire ma place. C’est ce qui est important pour moi», a-t-elle fait valoir. 

Si Josyane Cossette avait un conseil à donner, il serait très simple. «Je dirais de ne pas prendre ce qui se dit de façon personnelle. Il y a des gens à qui je vouais une admiration qui m’ont dit qu’une femme ne pouvait pas faire ça. Il faut aussi comprendre que ce n’est pas dans les valeurs de certaines personnes pour diverses raisons», a-t-elle soutenu. 

Comme femme, Josyane Cossette s’inspire de celle qui a ouvert la voie. «Comme n’importe quelle jeune fille, je pense que Chantal Machabée a été un modèle. Elle a été la première et longtemps la seule femme à travailler dans le hockey», a-t-elle souligné. 

Les Huskies, un soutien 

Aux jeunes filles qui aspirent à évoluer dans le monde du hockey, elle offre cet autre conseil. «Je dirais aux jeunes filles de foncer. Oui, le hockey est un monde de gars et oui, ça peut être intimidant. Je ne peux pas parler pour les autres organisations, mais les Huskies m’ont accueillie comme un membre de leur famille. On m’a bien traitée, et l’organisation n’a pas peur de faire confiance aux femmes. C’est possible de faire sa place», a-t-elle évoqué. 

Après sa première saison, elle tire un bilan positif. «J’ai adoré mon expérience cette année. J’aimerais la répéter dans une année pas pandémique. Je me compte chanceuse d’être entourée de personnes comme Gilles Bérubé, mon père et Jean-François Vachon. On a une belle équipe et on a toujours du plaisir», a-t-elle soutenu. 

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