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20 avril 2021

«Un immense apaisement, ç’a donné du sens à ma perte»

Par l’exemple de son père, Karine Robert veut sensibiliser les familles au don d’organes

Karine Robert

©Photo: Gracieuseté

Karine Robert souhaite sensibiliser les familles aux bienfaits du don d'organes.

(Luc Archambault) - Pour l’actuelle Semaine nationale du don d’organes et de tissus, qui se déroule du 18 au 24 avril, Transplant Québec a fait appel à une Valdorienne d’origine, Karine Robert, afin de témoigner du poids de cette décision sur les familles des donneurs.

À l’heure actuelle, 20% des familles québécoises qui refusent le don d’organes le font en dépit des volontés exprimées par écrit par leur proche décédé, signale l’organisme.

Pour Karine Robert, animatrice, journaliste et chroniqueuse, les derniers mois ont été douloureux: elle a perdu son père de façon subite en janvier. Le jour même où l’homme en apparente santé venait de partir à la retraite, il a été terrassé par un infarctus sévère aux urgences de l’hôpital de Val-d’Or. Atteint d’une mort cérébrale, M. Robert était un candidat idéal pour un don d’organes, d’autant plus qu’il avait exprimé sa volonté de le faire, mais Karine a hésité.

«Je crois au don d’organes, mais quand mon père est décédé, j’étais sous le choc. C’était vraiment difficile de prendre une décision et je n’étais pas prête à le laisser partir, raconte-t-elle. Avec le choc, tout allait trop vite. Je réalisais à peine qu’il était mort. Son corps était encore vivant, son esprit était éteint. Je nageais en pleine zone grise.»

L’acceptation, un point de bascule

Or, après quelques jours de réflexion et un accompagnement bienveillant de l’équipe médicale, la famille du disparu a dit «oui» au don d’organes et de tissus.

«C’est délicat d’approcher les familles avec une telle proposition. Ce n’est pas commun. Le personnel de l’hôpital était à l’écoute. Mais une fois l’inacceptable ‘’accepté’’, j’ai ressenti un immense apaisement. Ç’a donné du sens à ma perte, relate Karine Robert.

«Mon père était un homme très généreux. C’est certain qu’il voulait sauver la vie d’autres personnes. On se devait de respecter sa volonté, ajoute-t-elle. À partir du moment où on a accepté, ç’a été un point de bascule. On avait posé un geste plus grand que nature et on en était très fiers. Tout le personnel de l’hôpital venait nous voir pour nous remercier et c’est alors que j’ai compris que ce geste n’était pas courant», souligne Karine.

L’importance d’en parler à sa famille

Bien qu’une grande majorité de Québécois (92%) se dise favorable au don d’organes, le taux de refus des familles demeure encore élevé, ce qui a un impact considérable sur les dons réalisés. Le principal frein serait le manque de connaissances des familles envers le consentement du donneur.

Il importe aussi de rappeler que toute personne voulant donner ses organes à sa mort doit ABSOLUMENT avoir fait part de sa volonté à ses proches avant son décès. Sans ce consentement, aucun don ne sera considéré. Et qu’en dépit de ce consentement, si la famille s’oppose au don d’organes, celui-ci ne sera pas réalisé. Ces deux consentements sont donc des conditions sine qua non pour tout don d’organes.

Pour Karine Robert, il est donc très important de sensibiliser la population aux grandes étapes qui mènent au don d’organes pour faciliter la prise de décision. «C’est important de parler de notre volonté avec nos proches, fait-elle valoir. Mon père avait dit à sa conjointe qu’il souhaitait faire un don d’organes et le savoir nous a aidés à prendre notre décision.»

Peu de donneurs possibles

Selon Québec Transplant, environ 98% des décès qui se produisent à l’hôpital ne conduiront jamais à un don d’organes. Ce qui signifie que pas plus de 2% des personnes qui y décèdent ont la possibilité de devenir donneur et de sauver des vies. De plus, la réalité du don d’organes en région n’est pas la même qu’à Montréal, puisqu’il n’y a pas de prélèvement d’organes en région. Le corps de la personne décédée doit être transporté à Montréal. Ce qui implique des délais dans le processus qui s’enclenche suite à un décès (deuil, exposition et funérailles) et qui explique une certaine hésitation supplémentaire face au don d’organes.

«Il importe de mieux accompagner les familles qui ont aussi besoin de soins dans une situation de crise pour qu’elles soient en mesure de contribuer à la réalisation du don» affirme Matthew Weiss, directeur médical en don d’organes chez Transplant Québec. Savoir communiquer avec doigté est un aspect essentiel lorsqu'on aborde la question du don d'organes avec les proches du défunt. «La famille a tendance à faire confiance aux professionnels de la santé avec lesquels elle est en relation. C’est pourquoi il est nécessaire qu’ils soient formés pour expliquer correctement le don d'organes et obtenir le consentement» insiste le Dr Weiss.

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