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02 juin 2021

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

Graduations et COVID-19: des élèves dénoncent des incohérences

«Seuls, nous allons recueillir un bout de papier. Mais sans les gens qui nous ont aidés à l’obtenir, ça sert à quoi?», fait valoir une élève de l’école D’Iberville

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©Patrick Rodrigue

Plusieurs élèves de secondaire 5 de partout en région, emboîtant le pas à une finissante de l’école D’Iberville qui a envoyé une lettre à François Legault, militent en faveur d’un assouplissement afin de permettre une certaine forme de bals de finissants

Face à l’annulation décrétée par la Santé publique des bals de graduation, plusieurs élèves de secondaire 5 de l’Abitibi-Témiscamingue ont pris la parole pour dénoncer plusieurs incohérences au premier ministre François Legault et lui demander de faire marche arrière.

Le 31 mai, après que le Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique, eût annoncé l’annulation des bals de finissants, le ministère de la Santé et des Services sociaux a précisé que des activités destinées à souligner la fin des études pourraient quand même avoir lieu, mais uniquement à l’école, pendant les heures de classe. Seuls les élèves et le personnel scolaire pourraient être présents, et ce, uniquement par bulle-classe, tandis que les parents ne seraient pas autorisés à y assister.

«Nous avons seulement une semaine pour déplacer tous nos rendez-vous, ce qui sera, pour la plupart, assez complexe. Mais là n’est pas le pire: les changements apportés ne permettent pas aux parents d’assister à la remise de diplômes de leurs enfants. Bien sûr, il y aura un ʺliveʺ Facebook et des prises de photos, mais ce ne sera pas la même chose», s’est désolée Loralee Legault, élève de secondaire 5 de l’école D’Iberville de Rouyn-Noranda et une des porte-parole du groupe d’élèves de la région.

Une raison d’être

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Une élève de l’école D’Iberville a donc rédigé une lettre au premier ministre François Legault afin de lui demander d’apporter des assouplissements afin d’autoriser la présence des parents. Cette lettre a depuis été relayée sur les réseaux sociaux, tandis qu’une pétition a été initiée et, depuis, signée par des milliers de jeunes.

«Nos parents, qui nous ont épaulés durant nos études, qui ont séché les larmes de certains d’entre nous et qui nous ont aidé à nous relever de nos échecs, ne pourront pas être présents lors de ladite remise. Seuls, nous allons recueillir un bout de papier. Mais sans les gens qui nous ont aidés à l’obtenir, ça sert à quoi?», peut-on lire dans la lettre.

Des incohérences

La situation indigne d’autant plus les finissants de la région que les amphithéâtres sportifs sont désormais autorisés à accueillir jusqu’à 2500 personnes, à raison de 250 spectateurs par section, et que les festivals pourront, eux aussi, se dérouler en présence d’un maximum de 2500 festivaliers, et ce, à compter du 25 juin.

«On ne vous demande pas, M. Legault, de retirer l’ensemble des mesures qui nous protègent pour cette journée, seulement de les alléger. Je me lave les mains quand il le faut, je porte mon masque de procédure convenablement et je suis même vaccinée, comme la majorité des étudiants de mon école. On veut seulement une journée, une journée pour créer des souvenirs qui resteront toute une vie, pour rire avec les visages qui ont peint le tableau de notre secondaire et courir dans les bras de nos parents une fois le diplôme dans nos mains», fait valoir la signataire de la lettre.

Celle-ci ajoute: «Je suis encore plus jalouse en sachant qu’une grande partie de la population va pouvoir aller boire de la tequila dans le même verre dans un beachclub dans moins d’une semaine, alors que moi, je vais devoir me priver de mes parents et des visages qui me sont les plus familiers».

«Seuls, nous allons recueillir un bout de papier. Mais sans les gens qui nous ont aidé à l’obtenir, ça sert à quoi?» - Extrait de la lettre envoyée à François Legault

Vaccination et espaces disponibles

Appelée à commenter la démarche des élèves de secondaire 5, la direction du Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda a expliqué qu’en raison de l’abolition des commissions scolaires, elle ne disposait plus de la latitude en ce sens et que tout ce qu’elle pouvait faire, c’était d’appliquer les recommandations de la Santé publique.

Pour sa part, l’équipe des affaires publiques et relations médias du CISSSAT a indiqué comprendre les préoccupations des élèves, mais a souligné que la décision gouvernementale était justifiée par l’état actuel de la campagne de vaccination. «Les rassemblements en dehors des bulles familiales sont des situations qui représentent toujours un haut risque de transmission, a-t-on rappelé. Bien qu’une proportion non négligeable de finissants auront reçu leur première dose de vaccin [à la mi-juin], l’immunité de la première dose est considérée atteinte après deux semaines seulement, ce qui dépassera la date de fin de session.»

En ce qui concerne le maximum de 2500 personnes en plusieurs zones indépendantes de 250 personnes, ce type de rassemblement est autorisé lorsqu’un espace possède une capacité d’accueil permettant de respecter la distanciation physique. Or, selon le CISSSAT, il n’y aurait pas d’espace ayant cette capacité d’accueil en Abitibi-Témiscamingue. «De plus, un bal de finissants ne figure pas dans ces allègements puisque ce n’est pas un rassemblement ayant des places fixes et assignées d’avance, a-t-on précisé. La cérémonie du bal et la réception qui suit requièrent du mouvement. Il ne s’agit pas donc d’un événement où les participants demeurent assis pour la durée complète de l’activité.»

Lueur d’espoir

Il persiste cependant une petite lueur d’espoir pour les finissants de la région. À la suite du mouvement de mécontentement généralisé, le Dr Horacio Arruda a annoncé, dans la matinée du 2 juin, lors d’une conférence de presse sur la rentrée scolaire 2021-2022, qu’il s’engageait à procéder à une réévaluation rapide de la situation. Pour leur part, les partis d’opposition ont dit craindre que l’interdiction d’organiser des bals de finissants ne se traduise par la multiplication de fêtes privées, ce qui comporterait autant, sinon plus, de risques de transmission du coronavirus.

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