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11 août 2021

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

«Il faut décentraliser les décisions en santé» - Éric Duhaime

Le chef du Parti conservateur du Québec de passage en Abitibi-Témiscamingue

Eric Duhaime

©Jean-François Vachon - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, était de passage en Abitibi-Témiscamingue avec des arrêts à Rouyn-Noranda et Val-d’Or.

Nouveau chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime a pris son bâton de pèlerin cet été et il a terminé sa tournée en Abitibi-Témiscamingue. Il a livré un plaidoyer pour une décentralisation des décisions, notamment dans le système de santé.

«Il faut décentraliser les décisions en santé. La réforme Barrette a fait le contraire. Elle a centralisé les pouvoirs à Montréal et à Québec. Les décisions devraient être prises en région», a-t-il fait valoir. 

«La pandémie est un bel exemple de ça. Certaines communautés plus reculées sont tombées en zone rouge et le magasin général devait enlever des produits non essentiels de ses étagères. Ces régions vivaient des réalités épidémiologiques différentes et, avec des décisions décentralisées, le gouvernement aurait pu adapter ça à leur territoire», a-t-il ajouté. 

Pour le chef du PCQ, le système de santé était inefficace avant la crise et la pandémie a mis ce fait en lumière. «Je ne blâme pas le personnel. Ces gens-là travaillent dans des conditions exécrables. Finir ton ʺshiftʺ et te faire dire que tu vas faire un autre parce qu’une personne ne s’est pas présentée ou qu’ils n’ont personne, c’est inhumain. Ou, le vendredi, avant de partir en vacances, tu te fais dire que tes vacances, tu vas les prendre dans six mois. Quand une infirmière appelle des gens pour leur dire d’aller se faire tester quand elle est surqualifiée pour faire ça, ça n’a aucun sens», s’est offusqué Éric Duhaime. 

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Il n’est d’ailleurs pas surpris de voir plusieurs infirmières quitter le système de santé.

«Le personnel est démotivé et le monde s’en va parce que le gouvernement est un mauvais gestionnaire et un mauvais employeur. Pourquoi vous pensez que les filles vont dans les agences? Parce qu’elles sont écœurées de leurs conditions de travail. C’est le gouvernement qui a créé ce monstre» - Éric Duhaime

Le politicien croit aussi que le privé doit avoir une place en santé pour créer une concurrence, ce qui serait sain et positif pour le système. «Il y a une place pour le privé en santé. En Suède, il y a des cliniques privées où le gouvernement achète des services pour que ce soit accessible à des gens moins fortunés. On le voit au Québec avec les écoles privées. Il y a moyen de faire des ajustements pour permettre d’améliorer l’efficacité des soins du patient», a-t-il évoqué. 

Des projets bloqués 

Éric Duhaime croit aussi que le gouvernement n’est pas nécessairement à l’écoute des régions. «Chaque région a ses particularités, mais je suis inquiet pour la vôtre de voir que le gouvernement est surtout sensible aux lobbys de Montréal», a-t-il lancé. 

«On l’a vu avec le projet de GNL Québec. C’était un projet qui avait l’acceptabilité sociale au Saguenay, qui était environnementalement et économiquement intéressant. La CAQ n’a pas écouté les régions, elle a écouté les lobbys montréalais», a-t-il ajouté. 

Pénurie de main-d’œuvre 

L’Abitibi-Témiscamingue étant confrontée à une pénurie de main-d’œuvre qui affecte le développement économique de la région, Éric Duhaime croit d’abord qu’il faut se donner un temps de réflexion. «Il y a une partie de la pénurie de la main-d’œuvre qui vient de la générosité du gouvernement. Il faut aussi attendre de voir les prochains mois. Quand l’aide gouvernementale va arrêter, il y a des entreprises qui ne passeront pas au travers», a-t-il prévenu. 

Il croit cependant que la région peut tirer son épingle du jeu. «L’Abitibi-Témiscamingue va être une grande gagnante avec la plus grande place au télétravail. Pourquoi rester dans un 4 ½ à Montréal quand tu peux habiter en Abitibi-Témiscamingue et avoir une qualité de vie? Par contre, il faut mettre en place toutes les infrastructures nécessaires pour soutenir ce développement», a-t-il soutenu. 

Une tournée importante pour le parti 

Éric Duhaime trouvait important de se rendre dans toutes les régions pour rencontrer les militants et faire découvrir son parti. «On ne se cachera pas que notre château-fort est à Québec. C’est là que je suis connu. Je fais cette tournée pour désenclaver le parti. On a une centaine de membres en région et on sent une progression. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais il faut commencer quelque part», a-t-il souligné. 

Et la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue est, selon lui, un bel exemple que tout est possible. «L’élection de Québec solidaire à Rouyn-Noranda est une preuve que la région peut basculer», a-t-il indiqué. 

La carotte et le bâton 

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, n’apprécie pas vraiment la volonté du gouvernement de mettre en place un passeport vaccinal. «Depuis le début de la crise, c’est comme si on jouait au hockey et que le gouvernement changeait le but de place à chaque fois qu’on est sur le bord de marquer. On nous dit de faire quelque chose, on le fait. Et on impose plus de mesures ensuite», a-t-il illustré. 

Sur le plan de la vaccination, Éric Duhaime n’aime pas la stratégie utilisée. «Le gouvernement a essayé en utilisant la loterie vaccinale comme une carotte. Comme ça ne marche pas, il sort le bâton avec le passeport vaccinal. Je suis contre toute cette approche. Je pense qu’il faut faire appel à l’intelligence des gens et arrêter de les infantiliser. La population est mature et capable de prendre sa décision. Là, on braque des personnes», a-t-il fait valoir. 

«Moi, c’est mon médecin qui m’a convaincu de recevoir le vaccin, pas un politicien. Il faut laisser parler la science, pas la politique. La crise a été pas mal plus politique. Pour la gestion de crise, il y avait plus de spécialistes des sondages et de relationnistes que de médecins», a-t-il ajouté. 

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