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17 septembre 2021

Pierre-Olivier Poulin - popoulin@lexismedia.ca

Contingence majeure des services dans la région

CISSS Abitibi-Témiscamingue bureaux

©Patrick Rodrigue - Le Citoyen Val d'Or - Amos

Le CISSSAT a dû se résigner à faire d’importants changements dans ses services, à cause du manque de main-d'œuvre.

SANTÉ - La pénurie majeure de main-d’œuvre infirmière en Abitibi-Témiscamingue force les dirigeants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) à changer complètement son offre de services dans les cinq MRC de la région, afin d’éviter une fermeture complète de certaines dessertes. 

En manque de centaines d’infirmiers et d’infirmières partout sur le territoire, les différents regroupements préféraient planifier les actions pour les prochains mois, au lieu de réagir à tout coup et éviter qu’un service soit suspendu de manière aléatoire. De plus, avec l’accumulation de quarts de travail supplémentaires, le CISSSAT espère que ces changements donneront un certain répit à ses employés, qui sont grandement surtaxés. 

La majorité des changements se traduiront par des réductions de capacité, notamment dans les chirurgies, d’un maintien de services de manière réduite et un transfert de quelques services vers d’autres endroits. Une faible minorité sera touchée par une fermeture complète ou temporaire. 

Ces nouvelles façons de faire se mettront en branle dans les prochains jours et les prochaines semaines. Au fur et à mesure que de nouvelles ressources viendront se rajouter à un endroit, la santé publique régionale fera une mise à jour. Toutefois, une certaine partie de ces modifications pourraient durer plusieurs mois. Selon les estimations, 240 infirmières de plus seraient nécessaires. Et ce chiffre prend de l’ampleur de mois en mois. 

«Je peux vous confirmer que certaines de ces mesures vont durer plus que quatre mois. C’était important de planifier, car le manque est tellement important. On ne voulait pas être confrontés, la semaine prochaine par exemple, à vous annoncer une rupture à l’urgence de Val-d’Or et du service d’obstétrique à La Sarre dans celle d’après, en ne sachant pas quand on pourra les rouvrir», a justifié la PDG du CISSSAT, Caroline Roy. 

Les petites communautés 

Sans surprise, la plus grosse décision touche le point de service d’urgence de Senneterre, annoncé par le ministre de la Santé, Christian Dubé, au cours des derniers jours. L’établissement sera ouvert pour un minimum de huit heures par jour. Des ententes avec les employés et les syndicats pourraient permettre de se rendre jusqu’à 12 heures. De plus, les quatre lits d’hospitalisations seront fermés à cet endroit. 

Le seul département qui sera définitivement fermé est la ligne régionale d’Info Santé (8-1-1), basée à Ville-Marie. Celle-ci sera dorénavant réorientée vers le réseau provincial. 

Dans les communautés rurales, la majorité des services dans les CLSC seront maintenus. Dans la MRC d’Abitibi, le point de service à Barraute pourra continuer à faire des prélèvements sanguins et les services courants, deux jours par semaine. À l’extérieur de Barraute, les prélèvements sanguins se poursuivront, mais les services courants seront faits à Amos. Dans la MRC d’Abitibi-Ouest, les milieux ruraux autour de La Sarre pourront avoir accès aux prises de sang. Quant aux soins courants, ils seront faits à La Sarre. Pour les secteurs de Villebois, Val-Paradis et Beaucanton, les prélèvements se feront à Normétal, Dupuy ou La Sarre et les soins courants s’effectueront à La Sarre. 

Caroline Roy

©Lucie Charest - Le Citoyen Val d'Or - Amos

La présidente et directrice-générale du CISSSAT, Caroline Roy.

Centralisation vers les gros pôles 

Sans surprise, les plus gros hôpitaux de la région devront jouer un rôle plus important afin de recevoir des patients des autres MRC. Celui de Rouyn-Noranda sera un pôle majeur, lui qui accueillera les hospitalisations en pédiatrie de la MRC d’Abitibi-Ouest. Pour pallier cette situation, l’établissement rouynorandien continuera notamment à réduire sa capacité chirurgicale, en plus de diminuer le soutien des infirmiers aux cliniques externes spécialisées. Toutefois, les services de l’urgence, des soins intensifs et les hospitalisations pédiatriques et adultes seront maintenus. Les changements seront similaires à Val-d’Or. Par contre, quelques lits à l’unité de réadaptation seront aussi fermés. 

Advenant une situation où un patient serait en danger de mort pendant les heures de fermeture à Senneterre, les personnes continueront d’être envoyées au centre hospitalier le plus proche. «On parle de Senneterre, mais c’est la même chose pour plusieurs municipalités sur notre territoire, où plusieurs membres de notre population habitent à des relatives grandes distances du centre hospitalier le plus près. C’est la marche à suivre», souligne Caroline Roy. 

Se distinguer 

Pour le CISSSAT, le défi sera maintenant de se distinguer des autres régions du Québec, qui doivent aussi se battre afin d’attirer de la nouvelle main-d’œuvre infirmière. Des incitatifs alléchants et les différentes modalités seront les clés de voûte pour rebalancer les effectifs déficients. 

«Il faut avoir un message positif, d’attractivité et de solidarité. Oui, on doit prendre des décisions difficiles, mais c’est vraiment pour qu’on soit solidaires et d’essayer d’améliorer les services à la population», lance le docteur Jean-Yves Boutet, chef de département de médecine régionale. 

Vaccination obligatoire 

Concernant la vaccination obligatoire du personnel de santé d’ici le 15 octobre, le CISSSAT croit que c’est une préoccupation réelle, car la marge de manœuvre afin de maintenir un service est minime. 

«Avec l’information qu’on a des employés qui ont bien voulu nous la donner, on a une bonne idée des secteurs les plus vulnérables. On est train de planifier une contingence pour maintenir les soins partout, afin de faire une transition vers le 15 octobre», explique Caroline Roy. 

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