Privés de la proximité de leurs soins de santé par le CISSSAT 

  • Publié le 29 août 2025 (Mis à jour le 29 août 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Plus de 200 personnes étaient présentes 

Photo gracieuseté
Plus de 200 personnes étaient présentes  Photo gracieuseté

Plus de 200 citoyens de Témiscaming-Kipawa se sont présentés à la rencontre d’information donnée par la direction du Centre de santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) le 28 août à la Salle Dottori de la ville. Plusieurs ont quitté la rencontre avant la fin, insatisfaits des réponses fournies. 

Collaboration spéciale — Lucie Charest | lcharest@medialo.ca 

« Ce qui m’a frappé, c’est le manque total de leadership et d’empathie de ces gestionnaires, s’est désolé le maire Alain Gauthier au lendemain de la rencontre. Ils nous ont clairement dit que l’argent de nos impôts, les 10 000 $ qu’on paye en impôt chaque année doivent servir à payer des médecins québécois, pas des médecins ontariens. Nous ce qu’on pense, c’est que ce qu’on paie en impôts doit servir à nous fournir des services. »  

Plusieurs personnes présentes dans la salle avaient reçu en juillet un appel du cabinet de leur médecin situé à North Bay, en Ontario, pour annuler leur rendez-vous fixé en août. « C’est comme ça que nos populations ont appris que leurs services de santé étaient coupés, a poursuivi le maire Gauthier. Le CISSSAT a envoyé une lettre aux médecins de l’Ontario le 6 juin pour les prévenir qu’ils n’assumaient plus l’écart de rémunération pour les résidents du Québec. » 

Citoyens démunis et en colère 

Crystal Luscombe a pris la parole à deux reprises durant la rencontre. Sa mère qui s’était bien tirée d’un cancer en 2016 vient d’en être à nouveau atteinte. « Pour nous, ce n’est pas seulement le transfert des dossiers vers le Québec, c’est le lien de confiance développé avec notre médecin, c’est la distance à parcourir, a-t-elle déploré. Vous dites que Val-d’Or c’est quatre heures de route. Mais c’est huit heures, car on revient chez nous après. »

Crystal Luscombe
Crystal Luscombe est ici en compagnie de sa mère. 
Photo gracieuseté.

Un autre citoyen n’a pas pris la peine de se rendre au micro pour s’exprimer : « C’est quoi ton salaire toi, 250 000 $, a-t-il vociféré à la PDG Caroline Roy. Tu trouves-tu que ton 250 000 $ ça vaut de nous mettre en danger de mort. » Lorsqu’invité à donner son point de vue, le député caquiste Daniel Bernard a suscité de nombreux murmures dans la salle en expliquant que c’était difficile pour les soins de santé ailleurs, partout au Québec.

Intervention du ministre demandée 

Le maire de Kipawa, Norm Young, qui a également pris la parole a par contre été chaleureusement applaudi lorsqu’il a réclamé l’intervention du ministre Dubé. « Ça fait des décennies que le cas de Témiscaming-Kipawa est discuté, et ça ne s’améliore pas, ça empire », a-t-il fait remarquer après avoir rappelé la façon cavalière dont la population avait appris les décisions des hautes instances. 

Quoique la PDG du CISSSAT ait évoqué l’aspect légal de cette décision, une cadre retraitée du centre de santé Témiscaming-Kipawa a quant à elle questionné la motivation tant de Santé Québec que de la haute direction du CISSSAT. « La loi fédérale de la santé n’a pas changé depuis que les ententes ont été conclues avec North Bay a rappelé Carole Ducharme-Gaudet, ancienne secrétaire de direction. C’est quoi exactement le noyau de votre décision, c’est ça qu’on aimerait comprendre nous, si ce n’est pas uniquement pour des raisons budgétaires. » 

Objectifs atteints pour le CISSSAT 

Caroline Roy, PDG, Dr François Aumond, directeur médical et des services professionnels, Nancy Morin, directrice des finances, logistique et approvisionnement, Pascale Huard, adjointe à la direction des soins infirmiers pour le Témiscamingue et Sarah Charbonneau, adjointe à la PDG – communications et affaires publiques ont participé à cette rencontre.  

Leurs objectifs étaient d’écouter les préoccupations des citoyens, de répondre à leurs questions et de rassurer la population quant à l’engagement de l’établissement à leur offrir des soins en réponse à leurs besoins et selon leur condition de santé. Un autre objectif était d’expliquer les motifs pour lesquels le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue ne traite plus les formulaires de réclamation des médecins ontariens et n’assume plus l’écart de taux entre les tarifs prévus par le Régime d’assurance maladie du Québec (RAMQ) et ceux définis par le régime d’assurance en Ontario (OHIP). 

Dans le cadre de cette activité, il a été signalé aux personnes qui ont des préoccupations ou des questionnements en lien avec une interruption ou la continuité de service avec un médecin ontarien, ont été invitées à joindre le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue par courriel : transfertmedtk@ssss.gouv.qc.ca ou par téléphone au 819 627-3385, poste 0.

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